Critique de film

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The Speak

"The Speak"
affiche du film

Shelly, un documentariste un brin voyeur, est toujours toujours à la recherche du sujet rêvé pour ses films. Il décide ainsi d’aller filmer toute une nuit dans un hôtel délabré qui a la réputation d’être la plus hantée des bâtisse de la région. Accompagné de personnes adeptes du spiritisme, il ne manquera pas d’éveiller le terrible Mal qui sommeille dans cette construction.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Speak - Paranormal Inactivity
Par : Quentin Meignant
Tags : Fantômes, Type documentaire, BIFFF 2011, Found footage

Présenté en première mondiale lors du BIFFF 2011, The Speak fait partie de ces docu-menteurs que plus personne ne parvient réellement à regarder mais que les producteurs continuent à financer. Doté d’un budget très modeste (voire microscopique), cette production Quorum Entertainment, toute jeune firme à la filmographie peu enviable, le métrage constitue le premier long d’Anthony Pierce, jeune cinéaste qui s’est distingué ces dernières années par quelques courts plutôt bien sentis. The Speak met en scène Shelly, un documentariste un brin voyeur, toujours à la recherche du sujet rêvé pour ses films. Il décide ainsi d’aller filmer toute une nuit dans un hôtel délabré qui a la réputation d’être la plus hantée des bâtisse de la région. Accompagné de personnes adeptes du spiritisme, il ne manquera pas d’éveiller le terrible Mal qui sommeille dans cette construction.

Si les espoirs de découvrir un véritable film s’amenuisent à la simple lecture du pitch, The Speak sombre de toute façon d’emblée par une entame extrêmement bavarde. Censée présenter de manière concrète les personnages, l’introduction du film sert simplement à souligner ses énormes lacunes à tous les niveaux : comédiens qui surjouent (voire ne jouent pas du tout), dialogues abêtissants mais aussi qualité de la photographie involontairement (c’eût pu faire réaliste) merdique. De plus, l’apparition d’un Tom Sizemore bouffi par l’alcool et au jeu d’une platitude à peine croyable (le comédien a du passer moins de deux heures sur le tournage et enchaîner les quelques prises dont il est le protagoniste) achève déjà l’œuvre.

Néanmoins, dès l’entrée dans le lieu des méfaits du « Mal » (il est impossible de dire exactement ce qui sévit entre ces quatre murs), The Speak tourne carrément au grand-guignol et, en ce sens, en devient presque amusant. Comme objets horrifiques, Anthony Pierce utilise en effet… un ballon, qui ne cesse de revenir dans le champ de la caméra,… des briques, qui apparaissent devant les fenêtres,…. et des corbeaux, omniprésents sans raison apparente. Procédant tel le plus mauvais des nanars, The Speak « bénéficie » aussi de variations sonores annonçant d’indiscernables passages d’ombre en arrière-plan. Celle-ci se font un peu plus présentes dans le final, Pierce parsemant son « œuvre » d’obscures animations 3D et se permettant même de « fabriquer » certains de ses artifices à l’aide de ses blanches mains passant furtivement devant la caméra.

Allant jusqu’à renier son aspect docu-menteur, qui était pourtant l’essence même du film, dans un final incompréhensible, Anthony Pierce offre avec son The Speak un navet comme on en voit rarement. Le comique involontaire et inassumé devrait par contre permettre à nombre de spectateurs de passer un bon moment et à l’œuvre de sillonner le monde.


Critique de The speak - Don’t speak !
Par : Damien Taymans

Shelly Duwise reçoit une ultime chance de sauver sa carrière de réalisateur, déjà sur le déclin. Le dernier épisode de sa série destinée à Internet intitulée "The perfect apparition" prendra place dans le mythique Don Parke Hotel, réputé hanté. Une occasion unique d’offrir enfin une dose de frissons aux spectateurs téméraires, au risque de vendre là sa dernière toile. Malgré les recommandations du concierge de l’immeuble et les avis avisés de l’assistance du BIFFF ("N’y va pas !!!!!"), l’équipe de documentaristes s’introduit dans le manoir hanté pour le meilleur et ... pour le rire !

A l’origine, un projet incroyable : réaliser un film en un seul plan et une seule prise afin de jouer au mieux la carte de l’authenticité. En cours de tournage, les ambitions sont revues à la baisse : des plans-séquences de 8 à 10 minutes sont shootés et montés de manière à ne pas laisser transparaître les différentes parties. Au final, The speak est un énième documenteur désincarné empruntant autant au Projet blair witch (la possession de Jackson et les multiples preuves matérielles d’une malédiction) qu’à sa séquelle qui présentait une équipée de fanatiques venus enquêter, caméra à l’épaule, sur le précédent convoi de vidéastes amateurs mystérieusement disparus.

Long comme un jour sans pain, en dépit d’une durée pourtant courte, The speak ne distille jamais la moindre tension : les effets ratés (des ombres à peine discernables déambulent en arrière-plan) et les retournements échevelés ("Mon dieu, on ne peut plus s’évader par la fenêtre, elles sont recouvertes de briques !") s’accumulent tandis que les acteurs surjouent une peur jamais palpable. Anthony Pierce, néophyte issu du milieu de l’immobilier, torche avec cette série B involontairement désopilante une jolie petite visite guidée d’un bâtiment insalubre contenant son lot de recoins sombres et de repaires d’arachnides, prompts à hérisser les poils d’une jeune vierge effarouchée - et non tondue, important !

Présenté en avant-première mondiale au BIFFF 2011 (seuls les acteurs, Anthony et sa gonzesse avaient eu l’immense joie de le voir auparavant), The speak annihile même complètement son traitement "reality-show" dans un final incroyablement crétin. A se demander comment Tom Sizemore a pu accepter de venir cachetonner dans cet étron bas-du-front.


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