Critique de film

Society

"Society"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Psychologique
  • Année de production : 1989
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Brian Yuzna
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h35
  • Scénariste : Rick Fry, Woody Keith
  • Musique : Phil Davies, Mark Rider
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Even Richards, Ben Meyerson, Connie Danese
  • Récompenses : Prix du Meilleur maquillage au festival international du film fantastique de Bruxelles 1990

Bill Whitney est un jeune homme paumé qui ne se ressent pas du tout de sa famille et prétend avoir été adopté. Un jour, David lui apporte la preuve que sa famille se livre à des orgies. Dès lors, Bill va mener sa petite enquête...

Les critiques à propos de ce film

Society - Une peinture dérangeante de la Société
Par : Damien Taymans


Quatre ans après avoir produit le fameux Re-Animator de Stuart Gordon, Brian Yuzna décide de se lancer à son tour dans la réalisation. Society est donc le premier métrage d’une belle lignée qui va lancer le petit génie des séries B horrifiques à qui on devra notamment Beyond Re-Animator, Le retour des morts-vivants 3 ou encore Le Dentiste.

Basé sur un scénario extrêmement intelligent et bien fixé, le métrage démarre lentement et nous montre sous toutes les coutures ce héros qu’est Bill Whitney. Yuzna nous le dépeint à merveille dans son univers scolaire, familial, thérapeutique même. A force de passer du temps à le cerner, le réalisateur parvient à nous le rendre sympathique et fragile, perdu dans un monde qui n’est pas le sien. Un être exclu et rejeté qui semble assailli par des visions assez étranges. Il faut bien avouer que le film démarre très lentement et on a un peu de mal à s’accrocher aux faits qui nous sont mis sous le nez.

Mais c’est un véritable filou le Yuzna ! Car, à prendre tant d’espace pour dépeindre son personnage, il place au fur et à mesure de nouveaux éléments qui viennent assombrir l’histoire et lui donnent un éclat des plus ternes. Plongés doucement mais sûrement dans cet univers glauque, on avance pas à pas vers l’horreur extrême, paroxysme de la répugnance lorsque la scène finale approche.

Society se situe bien loin des peintures de Beverly Hills que nous proposait la sitcom des années 90. Ici, nous ne nous baignons plus dans le monde soi-disant idyllique de cette dimension où l’argent coule à flots et où les piscines bleu azur font rêver. Yuzna se borne à nous montrer la crasse qui dégouline des corps putrides de ces richissimes individus dégénérés par le fric et par leur consanguinité non avouée. Le réalisateur utilise des maquillages parfaits pour atteindre une apothéose sans faille qui marque les esprits connaisseurs autant qu’elle dégoûte les novices en la matière. Nous voilà livrés en pâture à ces Rockefeller des temps modernes qui phagocytent les vrais citoyens pour les faire leurs, les transformer en moutons bavant devant le luxe mis en ostentation.

Dommage que les moyens n’aient pas été à la hauteur des ambitions de Yuzna car c’eût sans hésitation été un chef-d’œuvre. Au final, on s’en sort avec une série B au fond totalement délirant mais à la plastique parfois un peu rébarbative comme en témoigne la photographie quelque peu ratée.

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