Critique de film

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Slumber Party Massacre

"Slumber Party Massacre"
affiche du film

Une jeune étudiante se retrouve seule chez elle. Elle décide d'organiser une soirée. Mais un fou évadé d'un asile et armé d'une foreuse est en cavale dans le coin. Il ne va pas tarder à se joindre aux festivités...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Slumber Party Massacre - Qui veut tâter de ma foreuse ?
Par : Quentin Meignant
Tags : Slasher, Serial killer

Dans la foulée du génialissime Halloween de Carpenter, les Etats-Unis connurent une grande vague de slashers durant les 80’s. Le petit monde des réalisateurs s’échinait à participer à cette déferlante sanglante et s’essayait à copier ou à égaler l’œuvre de Big John.

De Scavolini avec son Nightmare à William Lustig et son fabuleux Maniac, le public américain était servi en tripes et en individus sévèrement atteints. D’autres productions plus minimes virent le jour dans la foulée de ces grands moments de terreur et c’est notamment le cas de Slumber Party Massacre d’Amy Holden Jones.

Cette dernière peut être considérée, encore à l’heure actuelle, comme une novice en matière de réalisation et est nettement plus connue pour ses quelques participations aux scénarii de Relic ou de Beethoven (si, si, je vous jure !)

Bref, une réalisatrice novice, un film à très très petit budget (c’est un euphémisme !), tout est réuni pour assister à une pâle copie de slashers, juste bonne à terroriser de jeunes ados en manque de sensations lors d’une soirée pyjama…

Et pourtant… On se retrouve bien vite avec un métrage qui affiche toutes les qualités, et bien sûr les défauts, d’un petit Z rigolard et fauché. La musique du générique place la barre très haut dans ce domaine grâce à une bande originale réalisée à l’orgue qui donne un aspect carrément démentiel à l’entame du film.

Les dialogues sont alors d’une débilité frappante : on parle de sexe, de drogue, d’alcool, bref tous les poncifs du genre sont revisités de manière bien sympathique par des adolescents totalement décérébrés.

Tout au long du métrage, Amy Holden Jones nous assène ainsi de petites phrases d’une puissance comique incroyable. On ne sait pas vraiment si tout ceci est fait exprès mais on ne peut que se dire qu’une telle nullité ne peut être faite au sérieux et le métrage prend une toute autre dimension.

Une grande sœur qui dit à sa cadette : « Tu crois que je sais pas que tu branlais les garçons à l’école ? », c’est ce que nous propose la réalisatrice tout au long d’un film qui fait sans aucun doute travailler les zygomatiques.

Bien sûr, les qualités de l’œuvre ne s’arrêtent pas là et certaines scènes de meurtre sont plutôt sympathiques. Sans pour autant égaler les grands maîtres du genre, Jones développe une certaine inventivité dans la manière de faire mourir ses personnages à la foreuse.

De décapitations en énucléations à bas prix (on voit clairement le manque de moyens au travers des effets spéciaux), le film parvient à procurer quelques petits effets horrifiques agréables.

Un peu de gore est aussi aperçu même si cela reste un peu trop gentil. On n’aurait pourtant pas été surpris de voir de la sauce tomate couler de partout et l’on ne peut que regretter ce manque de franchise de Jones. Quitte à jouer dans la cour du Z, elle aurait dû y aller plus franchement !

Ce qui frappe par contre, c’est la qualité des mouvements de caméra et des différents cadrages. En effet, malgré un montage plus qu’hasardeux, Amy Jones fait montre d’un certain savoir-faire que l’on croyait seulement réservé au plus grand.

Nous balançant à la suite quelques travellings vertigineux, la réalisatrice parvient à donner un vrai rythme à son œuvre. Mieux, lors d’une scène dans la chambre de la jeune fille, elle nous offre un cadrage à la Halloween avec, en arrière-plan, le meurtrier qui entre par la fenêtre.

Jones nous dirige alors vers un final tout simplement hilarant où l’héroïne attaque le meurtrier avec une disqueuse. Alors, disqueuse ou foreuse ? Nous vous le laissons découvrir car, très franchement, Slumber Party Massacre est un film à voir.

Illustration d’une époque où toute l’Amérique vivait à coups de slashers parfois vraiment limites, l’œuvre d’Amy Jones fait partie de ces films qu’il faut appréhender au dixième degré. Un très bon moment à passer malgré des défauts que beaucoup décrient…

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