Critique de film

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Sinister

"Sinister"
affiche du film

Un journaliste voyage avec sa famille à travers le pays pour enquêter sur des meurtres horribles, sujets qu’il transforme en livres. Après que lui et les siens se soient installés dans une maison où une autre famille a été assassinée, il découvre des bandes vidéos dévoilant des indices épouvantables.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Sinister - Session de terreur
Par : Damien Taymans

Ellison est un auteur de romans policiers inspirés de faits réels. Mais son dernier best-seller commence à dater et il n’a qu’une ambition : retrouver la gloire d’antan. Quel qu’en soit le prix. Pour retrouver de l’inspiration, il n’hésite pas à embarquer sa petite famille dans une maison où s’est déroulé une tragédie quelques années auparavant : les anciens proprios ont été retrouvés pendus à la branche d’un arbre du jardin. Au fur et à mesure de sa cohabitation avec les fantômes du lieu, Ellison perd de plus en plus la boule. Et si, comme activité récréative, il se lançait dans une partie de pendu, grandeur nature ?

Après un très atmosphérique film de tribunal flirtant avec l’épouvante (L’Exorcisme d’Emily Rose) et un remake pas franchement glorieux d’un classique de la SF 50’s (Le Jour où la Terre s’arrêta), Scott Derrickson revient à son terreau de prédilection et remue une fois de plus le bac à sable de l’horreur, anéantissant du même coup l’effet "poudre aux yeux" des productions marketées qui inondent les multiplexes depuis quelques années. Et ce, en dépit de la mention de Paranormal activity, porte-étendard du deux de tension moderne, apposée en lettres capitales sur son affiche, et de l’utilisation systématique d’images amateurs tournées en super 8 par un mystérieux boogeyman (baptisé d’ailleurs Mr Boogie). Sinister roule en contresens dans une production anémiée par sa fatigante faculté à enquiller les jump scares renforcés par un tintamarre apte à faire grimper en flèche les actions des héritiers du regretté monsieur Quiès. Et, revenant à une horreur plus old school (une vague histoire de maison hantée en somme), le récit n’en demeure pas moins une œuvre de son temps puisqu’elle s’attache à décrire la descente aux enfers d’un drogué du glauque qui calme ses pulsions en se plongeant jusqu’au cou dans le sordide pour coucher, par la suite, ses propres obsessions sur papier.

Ce martyr des temps modernes, interprété avec brio par Ethan Hawke, entraîne sa petite famille dans le tourbillon de ses propres névroses, mettant ainsi en danger sa propre existence et celle de ses proches, sacrifiés sur l’autel de la reconnaissance de ses contemporains. Et comme la grandeur impose son lot de sacrifices, l’auteur investigue dans des terres putrides et pestilentielles, y dénichant sans surprise quelques pelletés d’étrons laissés par des plus névrosés que lui. La bouillie en question : une caisse remplie de bobines de pellicules présentant des assassinats non élucidés. Des flots d’images sinistres où sont exécutés des familles entières suivant un rite obscur. Minute après minute, l’angoisse envahit le personnage principal et, à travers lui, ceux qui le contemplent. C’est bien là tout le sel de cette série B incroyablement redoutable : elle prend à son propre jeu le spectateur devenu témoin des exactions d’un voyeur. Et Derrickson d’accentuer le malaise en brouillant les pistes par quelques touches esthétiques (les cadres se resserrent, la netteté s’évanouit pour phagocyter le spectateur dans ce cauchemar éveillé) et scénaristiques (la perception du héros, accro au whisky, est-elle digne de confiance ?). On regrettera pourtant un dernier quart de film s’enlisant dans les propres mécanismes qu’il s’était jusqu’alors acharné à enrayer et un dénouement un poil capillotracté.

Résolument effrayant, Sinister constitue sans nul doute l’une des plus belles surprises de cette année en matière d’épouvante. Avec Insidious et When the lights went out, le métrage de Derrickson montre que les maisons hantées (mais est-il bien question de cela ici ?) possèdent encore un formidable potentiel horrifique sous leurs planchers qui grincent...


Critique de Sinister
Par : Geoffrey Marmonier

Pour l’amateur de film d’horreur, Sinister avait à la base tout du projet à fuir de toute urgence : des producteurs peu scrupuleux responsables de la lamentable série des Paranormal Activity, un réalisateur au CV peu reluisant (Scott Derrickson, qui a emballé un anonyme épisode d’Hellraiser, le mollasson L’Exorcisme d’Emily Rose, et le remake foireux du Jour où la Terre s’arrêta), tout ça pour une nouvelle histoire de maison hantée. Bref, rien de très emballant a priori. Mais les premières affiches du film et surtout sa terrifiante bande-annonce ont lentement mais sûrement changé la donne, l’intérêt poli se transformant petit à petit en attente fébrile. Restait à savoir si Sinister allait réussir à tenir toutes ses promesses.

Dès son introduction, Sinister s’amuse à chambouler les règles du genre : le héros est au courant du passé de la maison, c’est d’ailleurs même pour cela qu’il s’est installé dans celle-ci, les flics locaux ne veulent pas de lui dans les parages, connaissant sa propension à faire remonter à la surface un passé indésirable, et le héros est d’ailleurs plutôt antipathique, plus proche du Jack Torrance de Shining, alcoolique et obsédé par son bouquin, que du bon père de famille de Poltergeist. Et surtout le spectateur est très rapidement plongé dans le vif de l’action, la découverte des bobines de film lançant l’intrigue étant quasi immédiate. Mais d’un autre côté, Sinister suit par la suite un chemin extrêmement balisé, récupérant des idées à droite à gauche, comme l’idée de la bande vidéo maudite contaminant le réel (Ring) ou le boogeyman peinturluré (Insidious). A tel point qu’au bout d’une demi-heure, n’importe quel spectateur attentif aura deviné les tenants et aboutissants de l’intrigue, et saura comment le film va se terminer. Un point faible apparent qui va en fait se révéler la vraie force de Sinister, Derrickson réussissant à générer par ce scénario prévisible une vraie sensation de fatalité, pesante et source de malaise. On sait comment cela va se terminer, et on sait que l’issue ne pourra être que fatale pour les personnages. En résulte une ambiance de plus en plus pesante à mesure que le piège se referme sur Ellison et les siens, et que le spectateur ne peut qu’observer impuissant le déploiement de cette spirale infernale.

L’autre élément qui participe grandement au malaise généré par Sinister est le soin apporté aux films snuffs qu’Ellison retrouve dans le grenier et visionne à mesure que l’intrigue progresse. Chaque film est différent du précédent (même si tous suivent le même schéma, en débutant par des scènes familiales banales avant de basculer dans l’horreur), et Derrickson prend bien soin de ne les dévoiler que petit à petit, au fil du film, plaçant cette fois le spectateur dans la même position qu’Ellison, celle d’un voyeur à la fois fasciné et dégoûté par ce qu’il découvre sur ces bandes. L’identification marche dès lors à plein régime, et ce malgré le caractère assez détestable du personnage principal (on ne peut que saluer le jeu d’Ethan Hawke, qui réussit à provoquer l’empathie malgré les tares de son personnage) et on en vient à redouter de voir ce satané projecteur allumé. Le malaise est aussi grandement renforcé par l’exceptionnelle musique créée par le compositeur Christopher Young, d’une efficacité rare Et si Derrickson pèche parfois en tombant dans quelques excès démonstratifs (les enfants fantômes, finalement assez peu effrayants), il prend bien soin de ne pas trop dévoiler son boogeyman, et de ne pas tomber dans les effets sanglants faciles, notamment lors du très dérangeant final.

Sans pour autant devenir un classique instantané, ni prétendre au statut de chef d’œuvre horrifique, Sinister s’avère sacrément flippant et impressionne par la façon dont Scott Derrickson parvient à exploiter une faiblesse apparente (un scénario balisé et sans surprises) pour en faire une des composantes fondamentales dans la génération d’une terreur sourde. On scrutera du coup avec intérêt la suite de la carrière du réalisateur, pour voir si Sinister n’était qu’un heureux accident de parcours, ou s’il préfigure la naissance d’un futur grand de l’horreur…


Commentaires sur le film

2 etoiles

J’ai un peu de mal à comprendre toutes ces bonnes critiques pour ce film qui innove autant qu’il emballe. Décevant au final

18 janvier 2013 à 11:01 | Par miss-nono

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Amateur de ce genre de film, je m’attendais encore a une daube ex : (devil inside) !!!!! horriblement surpris, voilà longtemps que je n’avais pas tant flippé ....

2 juin 2013 à 00:06 | Par constantin13

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