Critique de film

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Sicario

"Sicario"
affiche du film

La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

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Trailer - Sicario (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sicario - Un narco-polar bipolaire
Par : Nicolas Hainaut

Cagoulés et ensanglantés, deux hommes sont retrouvés dans le faux mur d’une demeure délabrée, localisée dans le désert mexicain. Denis Villeneuve décide d’ouvrir son récit par une imagerie froide et glauque, qui laisse présager une démarche tant sanguinaire que pulsionnelle. En réalité, la maison est truffée de corps dans chaque recoin des murs. Et Sicario ne fait que commencer. Si l’atmosphère du film impose d’emblée une attention particulière aux agissements de l’agent Kate, une Emily Blunt assez convaincante, Villeneuve opte rapidement pour une voie codifiée. La traque est guidée par un Josh Brolin, tout en décontraction (tongs et chewing-gum en évidence), et le ténébreux Benicio del Toro, dans le rôle stéréotypé d’un agent double revanchard.

Sicario atteint très rapidement les limites de son dispositif. Après le troublant Enemy, qui brillait par l’opacité ludique de son récit et la liberté totale laissée au spectateur d’interpréter la signification des éléments convoqués dans le film, Villeneuve propose une œuvre terriblement lâche. Outre les rôles archétypaux assignés à l’ensemble du casting, le cinéaste canadien présente répétitivement des convois de grosses cylindrées et s’attarde sur une thématique expirée. Située non loin du réussi Cartel, signé par Ridley Scott, l’intrigue de Villeneuve évoque peu subtilement les agissements douteux d’agents américains engagés dans la lutte contre les barons mexicains de la drogue. Plus précisément, dans la ville de Juarez.

Alors qu’un seul plan de Sicario a réellement été tourné dans la dangereuse cité mexicaine, Villeneuve peine à endosser le costume du grand dénonciateur. La prévisibilité de son scénario fait radicalement fondre le rythme du film, qui se transforme en lente ascension vers une scène finale originale mais fortement dispensable. Tout comme la séquence de dialogues entre Kate, son collègue Reggie (Daniel Kaluuya) et leurs patrons (notamment Victor Garber). Cette scène alourdit un récit déjà limité, en étalant des informations purement superflues. L’évidence des explications avancées laisse pantois tant celles-ci enfoncent une idée qui parcourt intégralement l’histoire : oui, les services spéciaux américains n’opèrent pas toujours selon des règles éthico-légales. Mais où diable est donc passée l’originalité de cette idée ?

Villeneuve ne prend jamais de distance vis-à-vis des codes liés au genre du narco-polar. Benicio del Toro incarne à ce titre un personnage évoquant sensiblement le rôle qu’il endosse dans le Traffic de Steven Soderbergh. Un film lui aussi centré sur une histoire de narco-trafiquants. Le cinéaste retourne aux défauts/qualités de Prisoners qui reposait sur un climat jouissif et immersif, mais qui tirait peu habilement vers une tirade sans gloire sur la mentalité américaine. Incendies et Enemy bénéficiaient quant à eux d’intentions largement plus louables et intéressantes. Villeneuve offrait alors une marge de liberté plus ou moins grande au spectateur. Un pouvoir bien trop peu souvent alloué à son audience par l’industrie hollywoodienne. Inversement, le cinéaste retombe dans ses travers en délaissant la liberté spectatorielle mais en faisant toutefois preuve d’une maîtrise stylistique singulière.

Le premier tiers du film recèle de nombreuses qualités qui se dissipent néanmoins brusquement au cours de l’avancement du récit. La qualité générale de la photographie repose également sur le travail du talentueux Roger Deakins, célèbre chef opérateur des frères Coen, qui permet à Sicario d’éviter la catastrophe. A l’image de l’agent incarnée par Emily Blunt, ne parvenant pas à transgresser ses limites, Denis Villeneuve se repose tranquillement sur ses acquis.


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