Critique de film

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Sexykiller

"Sexykiller, morirás por ella"
affiche du film

Depuis toute petite, Barbara nâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Sexykiller - Une tête bien faite plutôt que bien pleine...
Par : Quentin Meignant
Tags : Serial killer, Comédie

Alex de la Iglesia (Un Crime Farpait) étant revenu à des thèmes plus sérieux avec son excellent Crimes à Oxford, le drapeau du cinéma de genre humoristique ibère était en berne. Pas pour longtemps puisqu’en 2009, Miguel Marti présenta son Sexykiller dans de nombreux festivals, remportant au passage le Prix Pégase du public au BIFFF, alors qu’il était en compétition avec nombre de pointures telles que Dead Snow ou encore Morse. Sur base d’un scénario de Paco Cabezas, auteur du très bon Les Disparus, le cinéaste espagnol reprend à son compte un cinéma tout droit hérité de la mode iglesienne. Sexykiller s’intéresse à Barbara qui, depuis toute petite, n’a qu’une seule ambition : ressembler trait pour trait à Cindy Superstar, sa poupée favorite. Et, jusqu’à présent, il faut bien avouer que c’est plutôt réussi. Look de pétasse, garde-robe bien fournie, Barbara se met maintenant en tête de se trouver un homme ressemblant à Glen, le copain de Cindy Superstar. Ce qu’elle ne tarde pas à trouver en la personne de Tomas, un jeune bellâtre avec trois mots de vocabulaire. Ce dernier est employé dans une morgue, ce qui ne gâche rien puisque Barbara est aussi, fallait y penser, un espèce d’Hannibal Lecter féminin, massacrant d’innocentes personnes à tour de bras. Malheureusement, Tomas est aussi l’inventeur d’une drogue qui permet de découvrir les dernières images vues par un mort, ce qui risque de révéler les agissements coupables de Barbara.

Alors qu’une affiche totalement kitsch et prometteuse se pose comme véritable étendard du cinéma de Miguel Marti (jusque là cantonné à des comédies de fort mauvais goût), c’est avant tout par la présentation d’un personnage par le moins singulier que le film interpelle. Poupée sexy et maniérée, l’héroïne se révèle en effet être une terrible tueuse ne rechignant pas à la tâche qu’elle s’est fixée. Cette déclinaison pour le moins originale d’une demoiselle hors norme acquiert dès les premiers instants toute sa saveur, le cinéaste plantant le décor par quelques répliques et meurtres bien sentis.

Décalée, l’œuvre ne tarde pas à prendre ses marques et à acquérir un certain cachet par l’entremise de quelques séquences jubilatoires . Malheureusement, le scénario trop filiforme mis en place par Cabezas (qui ne mise que sur la simple originalité de l’héroïne) a tôt fait de faire tourner l’action en rond. Le déroulement stéréotypé de l’aventure se joint par ailleurs au jeu un brin cabotin de Macarena Gòmez (que l’on ne pouvait qu’encenser dans A Louer). Dès lors, si le propos léger de l’ensemble reste agréable, Sexykiller ne tient pas toutes ses promesses, se bornant à demeurer un simple divertissement là où on attendait un nouveau mythe ibère.

Toute l’essence du métrage tenant essentiellement dans le simple personnage principal, Sexykiller sombre assez rapidement dans la comédie foutraque où chaque séquence prête simplement à sourire. Là où Marti aurait pu dresser un portrait vraiment décalé parsemé de séquences d’anthologie, il ne peut qu’offrir une pâle copie du cinéma de l’irremplaçable de la Iglesia.


Critique de Sexykiller - Papillon de lumière
Par : Damien Taymans

Eriger une bimbo latine en serial killeuse, un pari osé dont n’auraient pu se passer les déjantés créateurs de la péninsule ibérique. Macarena Gomez, la déesse de Dagon et la mère enceinte d’A louer, jongle ainsi avec les armes et dézingue à tout-va ses détracteurs et autres trublions qui osent entraver sa course folle : y passent un prof d’univ’ et sa groupie, un amant un brin trop frigide, un inspecteur bedonnant et un étudiant qui s’essaie aux blagues téléphoniques, façon Scream. La péloche parodique de Wes Craven est d’’ailleurs mise à l’honneur dès l’entrée du métrage où un plaisantin masqué s’introduit dans le vestiaire des filles avant de devenir lui-même la victime de cette mauvaise blague.

En l’occurrence, Sexykiller ne saurait être défini autrement. Une mauvaise blague qui laisse en bouche un goût aussi pâteux et désagréable que les récentes frasques scatophiliques des "rois" de la parodie à deux balles, Aaron Seltzer et Jason Friedberg (Disaster movie, Big movie, Spartatouille). D’apparence, le film s’acoquine avec le cinéma d’Alex de la Iglesia (Le crime farpait) sans jamais parvenir à trouver la bonne tonalité. L’argument parodique est poussé à son paroxysme : Miguel Marti anéantit le quatrième mur et offre à son héroïne la possibilité de converser avec le spectateur, finalement lassé par les multiples références pataudes aux classiques du cinéma de genre (Le silence des agneaux, un navet, ah bon ?), en outre distillées sans la moindre parcimonie (le jeune homme veut rejoindre la prestigieuse université Romero, la tueuse, prénommée Barbara, a un chien nommé Jason).

L’ensemble se trouve desservi par une mise en scène tape-à-l’oeil, ultra-bariolée de Miguel Marti qui tapisse chaque décor de couleurs criardes jusqu’à l’overdose visuelle afin de délimiter l’univers "bonbons acidulés" de la fan de Cindy Superstar.

Couronné du prix Pégase par le public du BIFFF 2009, Sexykiller contient en lui tous les arguments pour plaire au néophyte avide de nanar : quelques meurtres originaux, une pseudo pépée sexy et pléthore de réflexions supposément loufoques. Tout juste passable pour une séance arrosée d’après-minuit, ce premier long de Marti reste aussi pesant qu’une indigestion à la paella pour le spectateur averti.


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