Critique de film

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Seule contre tous

"The Whistleblower"
affiche du film

Basé sur une histoire vraie, The Whistleblower relate l’expérience d’une femme policier du Nebraska qui fut envoyée en Bosnie après la guerre, au coeur d’un dispositif de maintien de la paix. La jeune femme assistera par la suite aux procès qui se tiendront aux Nations Unies où elle révélera le trafic sexuel dont elle a été témoin là-bas.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The whistleblower - Ma place dans le trafic
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2012

L’étiquette est désormais une marque déposée. "Inspiré de faits réels". Tout un programme... Comme si le cinéma ne pouvait se payer le luxe de s’émanciper d’un certain réalisme et se devait de revenir à ses origines, du temps où des bourgeois entassés dans une salle parisienne surchauffée frémissaient à l’arrivée d’un train en gare de La Ciotat. La restriction est de mise : la part fictionnelle est justifiée par cette estampe fallacieuse, le septième Art en perdrait sa majuscule au profit d’un naturalisme brut. Dans le cinéma de genre comme ailleurs, le procédé est reproduit à l’envi : les affaires d’exorcisme sont forcément calquées sur de véritables cas de possession démoniaque dissimulés par l’omnipotente Église catholique (qui, elle, conserve sa majuscule en toutes circonstances) tandis que les méfaits sanglants de quelque olibrius armé d’une tronçonneuse ou d’un couteau à huitres se voient réunis sous cette bannière trompeuse dont la visée n’est que purement commerciale. Les plus crédules doivent de surcroît allumer leurs anti-brouillards à donf’ pour ne pas plonger dans l’ornière du found-footage (de gueule ?) qui s’astreint à reproduire drastiquement le réel à peu de frais.

Mais certaines œuvres résistent encore et toujours et rechignent à usurper l’expression devenue argument de débauche pour téléfilms en mal d’antenne intercalés au moment de la sieste dans les plages-horaires des télés-poubelles. The whistleblower*, premier long-métrage de la réalisatrice canadienne Larysa Kondracki, tire pour sa part sa substance d’un récit avéré, survenu à l’aube des années 2000. Un récit tragique mis à jour par Kathryn Bolkovac, ancienne agent de la police du Nebraska qui transite un temps par la Bosnie pour le compte de l’ONU. Rapidement chargée de la lutte pour l’égalité des sexes dans l’ex-république yougoslave, Bolkovac se retrouve confrontée à un réseau opérant dans la traite de Blanches (le trafic des femmes, pas le procédé de fermentation de la bière) principalement géré et alimenté par certains de ses comparses en béret bleu.

Les faits réels parlent d’eux-mêmes. La réalité est suffisamment macabre que pour s’autoriser une certaine retenue : sans s’enliser dans les eaux du drame documentaire, prérogative des bisseries aseptisées destinées aux avant-programmes du petit écran, The whistleblower maintient précisément le cap par son refus de se coiffer d’un postiche, son rejet de l’artifice. Le récit commence par dresser sommairement le portrait de son personnage central, une mère de famille, écorchée par la perte de la garde de sa fille, doublée d’une workaholique patentée. Progressivement, le vitriol s’écaille, dévoilant une fragilité qui contraint à l’empathie : le zèle de Kathryn (incarnée par l’épatante Rachel Weisz), engagée à l’origine en qualité d’observatrice, la propulse en plein cœur d’un réseau de prostitution organisé avec l’accord de la police locale et sous la protection de plusieurs membres de la mission de l’ONU protégés par leur immunité diplomatique. Le vernis craquelé, la réalité pure et dure point, dans ce qu’elle a de plus abject même si, en l’occurrence, Larysa Kondracki privilégie la suggestion pour les passages les plus délicats et mise autant sur l’horreur du système, gangréné par les pots-de-vin et les manigances diverses, que sur la figure machiste des tortionnaires. En quelque sorte, The whistleblower se distingue de ses homologues en s’assurant que la guerre des sexes n’aura pas lieu...

La sobriété de la mise en scène et le classicisme de sa narration confèrent à The whistleblower une désagréable impression de "déjà-vu" tout autant qu’ils participent à rendre l’œuvre particulièrement efficace. A mesure que le personnage principal gagne en épaisseur, l’intrigue se solidifie et propose une tension qui va croissante jusqu’à la dernière bobine.

* Toute ressemblance avec une œuvre proposée lors du festival du BIFFF 2012 est purement fortuite.


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