Critique de film

pub

Sennentutschi

"Sennentutschi"
affiche du film

Selon un légende encore bien présente dans les montagnes grisonaises, la Sennentuschi est une poupée de paille fabriquée et utilisée par des bergers afin d’assouvir leurs pulsions sexuelles. Or, celle-ci, se réveille un beau jour, et prend vie dans le but de se venger de ceux qui ont abusé d’elle. Alors que les bergers disparaissent un à un, les villageois se demandent bien qui peut bien être cette mystérieuse femme muette venue de nulle part…

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sennentuntschi - Poupées de cire, poupées de son
Par : Damien Taymans

Tandis que quelques intrépides hexagonaux entreprennent depuis quelques années de faire subsister en marge de la production dramatico-rigolarde un certain cinéma de genre, que l’Espagne et la Scandinavie sont devenues les places to be de l’expérimentation fantastico-horrifique, que même l’Allemagne renoue plus ou moins brillamment avec l’imaginaire (Rammbock, Transfer, Nous sommes la nuit), la Suisse persévère dans le domaine à jouer la carte de la neutralité la plus totale. Pourtant hôte de deux festivals réputés (le NIFFF et le LUFFF), l’Helvétie constitue le parent pauvre européen en matière de production de genre. A peine peut-on pointer récemment la fable SF tissée avec trois bouts de ficelle Cargo ou le thriller fantastique Marmorera. Ce dernier partage d’ailleurs de nombreuses similitudes avec Sennentuntschi : plutôt que d’opter pour une horreur viscérale, les cinéastes préfèrent jouer sur un registre plus "policier" (et donc policé), les deux bandes partageant également la langue (le suisse-allemand) et une femelle mystérieuse comme détonateur de l’intrigue.

A la manière du nanar préhistorico-inoffensif Humains qui s’inscrivait dans le folklore suisse (à savoir le carnaval du Lotschental), Sennentuntschi s’attache à une légende locale homonyme : les paysans construisent, avec quelques touffes de paille, un vêtement et une bobine de fil, une reproduction de femme grandeur nature et délivrent dans l’épouvantail leurs pulsions sexuelles les plus basses. A ce récit populaire vient se greffer un autre, plus pragmatique et délicat, celui de la séquestration sexuelle d’une pauvre étrangère, d’autant qu’il renvoie au fait divers sordide encore frais dans les mémoires, celui de l’enfermement de Natascha Kampusch. Frappée de mutisme, la pauvre hère (campée par la française Roxane Mesquida, vue dans l’excellent Rubber) assouvit, dans les montagnes, les fantasmes pervers d’une galerie de rednecks alpestres, habituellement mielleux qu’avec leurs chèvres et, au village, tente de fuir une communauté d’arriérés obsédés par la cabale envers le démon lancée par le prêtre du coin.

Michael Steiner (le drame aéroportuaire Grounding) accouche avec Sennentuntschi d’un thriller horrifique moyennement convaincant dans la mesure où le cinéaste ancre à la perfection son récit dans le paysage helvétique tout en poursuivant des chimères hollywoodiennes encore trop haut perchées. L’aspect formel reste aussi rébarbatif que celui, granuleux et glacial, des krimi télévisuels (Derrick, Le renard) de l’Allemagne voisine.


Critique de Sennentuntschi - Les Poupées de paille
Par : Samuel Tubez
Tags : BIFFF 2012

Une petite randonnée (mortelle ?) dans les Alpes suisse, ça vous dit ? On y tronche la sennentuntschi (une poupée gonflable faite de paille parce que le latex c’est trop propre), on y descend des litres d’absinthe, et on y tombe des falaises. Pas intéressé ? Et si je vous dit que la sennentuntschi, elle a les formes de Roxane Mesquida (Kaboom, Rubber), ça vous excite un peu plus ? Je le savais !

Un sex toy de fortune qui prend vie pour se venger des bergers qui ont un peu trop assouvis leurs pulsions sexuelles dessus, voilà ce que j’appelle un pitch prometteur. Mais pas de bol, on s’ennuie très rapidement dans ce métrage mêlant horreur et enquête policière sur un tempo taillé sur mesure pour l’inspecteur Derrick. Mou du genou, le film de Michael Steiner (Grounding, un doc sur la faillite de Swissair) peine à dérouler son intrigue et à dévoiler ses charmes. Pourtant ses intentions sont plus que louables, mais l’esthétique proche d’un téléfilm, la mise en scène datée, un dénouement inutilement alambiqué, ainsi qu’un ton bien trop soft au vu du sujet font chuter toutes ses belles promesses dans ces gouffres montagneux que le réalisateur semble pourtant filmer avec un certain amour.

Dommage, car on aurait voulu croire en cette histoire et l’on aurait aimé être envoûté par une Roxane Mesquida qui ne parvient pas à troubler comme la « woman » de Lucky McKee dans un registre quelque peu similaire. Las, Sennentuntschi ne fonctionne tout simplement pas.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage