Critique de film

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Second Origin

"Segon origen"
affiche du film

Alba donne des cours d'anglais au jeune Alba, 10 ans. Alors qu'elle tente de le sauver pendant qu'il se noie, une catastrophe se produit, décimant l'entièreté de la population mondiale. Alba et Didac restent les deux seuls survivants de la planète...

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Trailer - Second Origin (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Second Origin - Post-apauvre
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2016

Récemment débarquée en Espagne de son Angleterre, la perfide Alba écope de la lourde tâche d’apprendre la langue de Shakespeare au jeune Didac. Un beau jour, alors que son élève est molesté et jeté à la flotte par des gamins, elle plonge pour lui sauver la peau. Et, sans le savoir, un peu la sienne aussi. Parce que, au moment même où elle tente d’entrevoir à travers les algues la silhouette de Didac, un étrange phénomène vient exterminer tous les habitants de la planète. Didac et Alba deviennent bien malgré eux les nouveaux Adam et Eve de l’humanité et tentent de s’approprier ce qu’il reste de la planète, quitte à la repeupler au passage...

Second Origin, avant d’être le dernier scénario de Bigas Luna (Caniche, Angoisse) co-écrit avec une pluralité d’autres mimines ibères, est surtout l’adaptation d’un best-seller catalan signé de Manuel de Pedrolo et traduit dans de nombreuses langues. Un classique qui dépeint la réalité apocalypto-utopiste d’un nouveau monde, considéré comme une seconde origine suite à l’éviction quasi complète du bipède sur la surface du globe. Carles Porta porte sur l’écran une version modernisée et triturée du bouquin de Pedrolo, poussant ses personnages sur la pelouse désertique du Nou Camp et dans les rues sans âme de Barcelone. Cette Catalogne dévastée sert de toile de fond aux errances du couple qui a dû s’apprivoiser et se séduire pour éviter une solitude mortifère tandis que, suspendu par des images saisissantes et l’immobilisme forcé du récit, le temps semble s’être durablement arrêté. Baguenaudant sans objectif, rêvassant dans une mélancolie pesante, les Adam et Eve s’emmerdent ferme et vivotent sans le moindre espoir, se complaisant in fine dans cette inertie que seul un intrus, campé par l’excellent Sergi Lopez, viendra menacer, rappelant au passage le précepte sartrien : "L’enfer c’est les autres".

Mais d’ici à là, le chemin de croix est lancinant, confinant jusqu’à l’épuisement de par son absence de mouvement. Il y a loin du classique catalan aux canons apocalyptiques d’Hillcoat (La Route) et de Fingleton (The Survivalist).


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