Critique de film

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Les Schtroumpfs

"The Smurfs"
affiche du film

Chassés de leur village par Gargamel, le méchant sorcier, les Schtroumpfs se retrouvent au beau milieu de Central Park à travers un portail magique.

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Trailer - Les Schtroumpfs (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Schtroumpfs - Smurf movie
Par : Damien Taymans

Pourchassés par leur ennemi de toujours, le sorcier Gargamel et son chat Azraël, six Schtroumpfs pénètrent dans un vortex et se retrouvent catapultés au cœur de New York City. Le Grand Schtroumpf, la Schtroumpfette (dont les traits sont inspirés par celui de Katy Perry), le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf écossais (nouveau venu, présenté comme un cousin éloigné du castard de la bande), le Schtroumpf grognon et le Schtroumpf maladroit se retrouvent immergés dans l’existence tourbillonnante d’un couple américain moyen, plancton insignifiant de l’immensité new-yorkaise. Patrick Winslow (Neil Patrick Harris, dragueur dans How I met your mother), sous-fifre de la capitaine d’industrie Odile, est entraîné dans le tumulte de la compétitivité et s’époumone pour ne pas perdre son siège éjectable. Grace (Jayma Mays, transfuge de Glee), sa fiancée, supporte seule le chemin de croix de la grossesse. Dans ce mécanisme bien huilé débarquent le sextuor de chanteurs d’opérette ("La la la, schtroumpf la la", agaçante mélodie) en culotte et bonnet.

Passé le choc culturel (du Moyen Age à l’époque contemporaine, d’un lieu indéterminé à la Grosse Pomme), Les Schtroumpfs s’apparente à une surimpression gentiment humoristique de l’univers des lutins bleus dans le cadre si pittoresque de Big Apple. Nouvelle preuve de l’américanisme primaire que confessent les moguls de Columbia, conscients du potentiel que détiennent leurs personnages mais également du désintérêt que risque de provoquer le contexte médiéval (les Visiteurs de Jean-Marie Poiré ont subi le même outrage, avec moins de réussite). Alors, les scénaristes atténuent l’affront en rappelant, grâce à Google et Wikipédia, les origines bédéesques de cette tripotée de lilliputiens affublés de surnoms grotesques. Des origines modestes rapidement expédiées, symbole de la naissance due au hasard de ceux qui ne faisaient dans un premier temps qu’apparaître dans un album de Johan et Pirlouit ("La flûte à six schtroumpfs").

Si l’intrigue s’émancipe finalement de la collision culturelle pour ne devenir qu’une énième pantalonnade Schtroumpfs vs Gargamel, le monde créé par Peyo continue lui à se perpétuer : quelques expressions ("J’ai le pouce bleu" déclare le Schtroumpf maladroit après avoir semer quelques plantes, "Schtroumpfe-m’en quatre" demande Grace à la Schtroumpfette) témoignent de la passion de l’auteur pour les questions linguistiques (relire Schtroumpf vert et Vert schtroumpf) tandis que les substituts de l’infiniment petit apprennent à appréhender les fonctionnements du monde de l’infiniment grand. Et pendant ce temps, les producteurs du film mettent en exergue la folie alimentée par le débarquement américain des petits bonshommes au détour d’une séquence dans un grand magasin : une nuée d’enfants luttent pour acquérir leur petit lutin.

A n’en pas douter, Les Schtroumpfs, portés à l’écran par le machiniste Raja Gosnell (Scooby-Doo), ne doivent leur présence dans les cinémas qu’à une volonté originelle de créer de nouvelles icônes outre-Atlantique. Une création commerciale qui modernise et américanise à outrance et ne retrouve jamais la verve doucement caustique de Peyo qui faisaient de ses marionnettes une allégorie clairement naïve de nos sociétés humaines. M’enfin (comme dirait un autre compère de la bédé belge), en l’état, Les Schtroumpfs est une comédie familiale efficace, loin des honteuses créations scato-gagatisantes comme Norbit, Appelez-moi Dave ou Les voyages de Gulliver.


Critique de Les Schtroumpfs - Abominables nabots bleus, je me vengerai !
Par : Quentin Meignant

A l’heure où Tintin va sans doute connaître sa meilleure adaptation, il semble que le bande dessinée belge ne se soit jamais aussi bien portée à Hollywood. Outre les aventures du jeune reporter, Columbia et Sony Pictures ont décidé de donner vie au grand oeuvre de Peyo, Les Schtroumpfs, visant par là un public jeune dans l’espoir de créer une franchise rémunératrice. Placée au Moyen-Age, l’action de la BD était sans doute trop difficile à mettre en scène et moins parlante pour le spectateur lambda. Dès lors, le métrage de Raja Gosnell s’attaque au mythe des petits hommes bleus, transposé, le temps d’une aventure, à New York de nos jours. En effet, poursuivis par Gargamel, qui vient de détruire leur village, les petits bonshommes bleus sont aspirés dans un vortex qui les transporte vers une cité mystérieuse pullulant d’humains : Big Apple. En faisant la rencontre Patrick et Grace Winslow, le Grand Schtroumpf et ses compagnons bénéficient une chance inespérée de pouvoir regagner leur époque.

Sorte d’ersatz des Visiteurs au niveau scénaristique, Les Schtroumpfs fait étalage dès son entame de piètres qualités visuelles. De petits bonshommes bleus ridicules aux yeux globuleux, des décors approximatifs et une action brouillonne ont tôt fait de rappeler que Gosnell est tout sauf un bon faiseur, lui qui a signé il y a quelques années l’infâme Scooby-Doo. Dès lors, c’est déjà fortement handicapé que le métrage prend un virage à 180 degrés avec l’arrivée des Schtroumpfs à New York, phénomène scénaristique déjà inacceptable encore renforcé par l’irrespect total de l’œuvre de Peyo.

Préférant éluder la personnalité de la plupart des protagonistes, le script de J. David Stem, David N. Weiss, Jay Scherick et David Ronn fait disparaître la plupart des bonshommes bleus pour se concentrer sur six d’entre eux. Parmi ceux-ci, l’insipide Schtroumpf à lunettes (pourtant censé assommer les autres protagonistes par son omniprésence verbale) et l’inconnu Schtroumpf écossais (une « innovation » aussi détestable qu’inutile) donnent donc la réplique à un Gargamel peu convaincant, campé par Hank Azaria. Plutôt arythmique, l’aventure demeure en elle-même fidèle aux intentions des producteurs : s’adresser à un public très jeune dans le but de créer un effet de mode, et, donc, les thèmes abordés (l’amour, l’appât du gain,…) instillent à l’œuvre le côté pseudo-moralisateur nécessaire au grand public.

Insulte à l’œuvre de Peyo, Les Schtroumpfs est à prendre pour ce qu’il est : un divertissement commercial visant un très jeune public et recelant tous les ingrédients d’un détestable blockbuster. Si l’ensemble livré par Gosnell s’avère particulièrement indigeste pour les fans de l’œuvre originale, on ne peut nier l’intelligence des producteurs ayant développé cette machine à billets verts.


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