Critique de film

Saw 3

"Saw 3"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Thriller horrifique , Thriller - Serial killer
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Darren Lynn Bousman
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Budget : 10 millions de Dollars
  • Scénariste : James Wan, Leigh Whannell
  • Musique : Charlie Clouser
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  • Bande annonce
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  • Casting : Tobin Bell, Shawnee Smith, Dina Meyer; Angus MacFadyen
  • Récompenses : Nominé aux Saturn Awards 2007 comme Meilleur Film d'Horreur
    Nominé aux MTV Movie Awards 2007 comme Meilleur Méchant (Tobin Bell)
    Nominé aux Teen Choice Awards 2007 comme Meilleur Film d'Horreur/Thriller

Jigsaw a disparu. Avec la complicité de sa nouvelle apprentie Amanda, le manipulateur qui se cache derrière les jeux cruels qui ont horrifiés la communauté et mis à mal la police locale, s'est à nouveau échappé et reste introuvable. Alors que les policiers tentent de le localiser, le docteur Lynn Denlon (Bahar Soomekh) ne se doute pas qu'elle est devenue la nouvelle pièce maîtresse sur l'échiquier diabolique de Jigsaw. Une nuit, alors qu'elle termine son service, Lynn est kidnappée puis menée dans une maison abandonnée où elle va rencontrer Jigsaw (Tobin Bell), cloué au lit, agonisant. On lui explique qu'elle devra le maintenir en vie le temps que Jeff (Angus Macfayden), une autre de ses victimes, ait achever l'un de ses jeux machiavéliques. Lynn et Jeff vont donc devoir faire leur chemin aux travers de chacun des tests, plus vicieux les uns que les autres et ce sans se douter que Jigsaw a prévu un plan encore plus ambitieux pour chacun d'eux.

Les critiques à propos de ce film

Saw 3 - Le cauchemar continue...
Par : Damien Taymans


Avant sa sortie en salles, Saw 3 a déjà fait couler beaucoup d’encre. La raison ? Une décision du CNC de classifier le film dans la catégorie interdit aux moins de 18 ans. A partir de cette décision, de nombreuses voix se sont élevées criant au scandale. Il est vrai qu’on est en droit de s’interroger sur le choix final de la CNC. D’autres films plus violents (une violence souvent tacite, psychologique mais quand même bien réelle) n’ont pas reçu ce coup de massue et ont vu leur diffusion permise sauf pour les enfants de moins de 12 ans !

Les producteurs de la franchise "Saw" ont décidé pour ce troisième volet de faire confiance au même tandem qui avait réalisé le deuxième épisode (à savoir Darren Lynn Bousman à la direction et Leigh Whannell au scénario). Choix périlleux quand on se souvient que le deuxième opus n’était pas une franche réussite.

Alors que Saw 2 n’avait fait qu’amplifier les excellentes idées du classique de James Wan et était passé tout à fait à côté de son sujet, Saw 3 renoue avec les intrigues qui ont fait le succès de la franchise. Animé d’une volonté de se racheter, Bousman nous offre ici une suite digne du premier opus sans pour autant négliger le côté gore qui attire toujours autant les fans.

Nettement plus psychologique et recherché que sa préquelle immédiate, Saw 3 fait montre d’une véritable intelligence dans le traitement de la violence. Contrairement à ce que pensaient les dirigeants de la CNC, le film n’incite pas à la violence mais en détourne plutôt. Il s’agit là d’une oeuvre lucide sur l’humanité et ses travers, sur le rapport à la violence et la capacité de certains à ne pas jouir d’une vie pourtant enviable. Délaissant la fausse idée de sa première réalisation qui avait consisté à mettre encore plus de gore pour plaire aux jeunes assoiffés d’hémoglobine, Bousman a créé ici un film intelligent où le gore a sa place mais ne prend pas une ampleur démesurée.

La construction du film autour de deux intrigues parallèles (et pourtant bien liées), Bousman n’a pas fait un simple film d’horreur mais plutôt une oeuvre quasiment poétique sur le thème de la vraie recherche de la rédemption. Jeff Denlon est sans cesse tiraillé entre deux pulsions humaines contraires : d’une part, il est attiré par le désir de vengeance qui l’anime et d’autre part, il sent qu’il ne doit pas céder à la facilité et qu’il y a des limites qu’il ne faut pas franchir. En ce sens, comme dans le premier volet, Jigsaw redevient un meurtrier profondément humain, donnant la possibilité à Jeff de décider de tout et de ne se confronter finalement qu’à son libre-arbitre.

Bousman a su donner une véritable vie à ses personnages. Qu’il s’agisse des victimes des machines atroces de Jigsaw, qui implorent leur bourreau de les laisser vivre mais comprennent en même temps quelle était leur faute, ou de Jeff et de la chirurgienne, qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour faire ce qui leur est demandé tout en étant fidèles à ce qu’ils considèrent comme juste. Contrairement à Saw 2 où les personnages étaient complètement effacés et sans aucune profondeur humaine, Saw 3 est une oeuvre ontologique à part entière.

Hormis la qualité esthétique de l’oeuvre, saluons les pièges sadiques mis en place par Jigsaw et Amanda. Dans l’art de la torture, ce ne sont certainement pas les derniers à avoir de l’inventivité.

Finalement, Saw 3 reste dans la lignée tracée par la franchise en gardant ce qui a fait le succès de la série mais se paie le luxe d’un réel approfondissement. Le film va même jusqu’à revoir certaines séquences des deux précédents volets pour mieux les raccrocher au dernier wagon. Une pure réussite ! A voir et à revoir jusqu’à plus soif !


Oeuvres liées :

Saw (2004)
Saw 2 (2005)
Saw 4 (2007)

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