Critique de film

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Saint

"Sint"
affiche du film

Mais qui est vraiment Saint-Nicolas? Un gentil bonhomme qui récompense les enfants sages? Faux, c’est un tueur assoiffé de sang! Au Moyen-Âge, ce prêtre tombé en disgrâce sillonnait les contrées avec sa bande de voleurs et de meurtriers. Faisant justice eux-mêmes, des villageois mirent un terme à leurs ravages en les brûlant vifs dans leur bateau. Mais à chaque pleine lune qui survient un 5 décembre, jour de sa mort, Saint-Nicolas revient d’outre-tombe avec ses sbires pour se venger cruellement. Frank et ses copains vont découvrir que les contes ne sont pas toujours ce qu’ils semblent.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Saint - Saint de glace
Par : Damien Taymans
Tags : Slasher, NIFFF 2011

XVIème siècle : Saint Nicolas est un évêque défroqué qui sème la terreur dans les villages des Pays-Bas, détruisant les maisons des habitants et leur imposant une soumission totale. Faisant justice eux-mêmes, les villageois mettent un terme à ces atrocités en brûlant l’embarcation dans laquelle voyagent le grand toqué et ses ouailles. Depuis, à chaque pleine lune qui coïncide avec le 5 décembre, date de son décès, Saint-Nicolas se relève de sa tombe pour déverser sa soif de vengeance sur les Néerlandais restés au pays (ceux qui envahissent les Ardennes sont donc épargnés, d’où un exode si important)...

Les mythologies septentrionales ont décidément le vent en poupe. Ovredal fait de ses trolls les boogeymans de son documenteur ultra-couronné The Trollhunter, Jalmari Helander exhume le vrai Père Noël du Korvatunturi dans Rare exports, autre aimant à récompenses. Un peu plus au sud, le Néerlandais Dick Maas présente les frasques d’une autre figure célèbre, du moins dans le Nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, nord de la France principalement), à savoir Saint Nicolas, être bienveillant, protecteur des marmots et des pauvres, venu d’Espagne en bateau pour apporter du réconfort aux plus démunis. Dès l’entame, l’image d’Épinal vole en éclats : les exactions du tortionnaire en plein Moyen Age servent le démantèlement du mythe élaboré par le cinéaste/scénariste néerlandais qui réitère lors de la scène suivante, mettant le jeune Goert et sa famille aux prises avec le boogeyman à la crosse.

Une mise en place faussement graphique (les exécutions sont reléguées hors-champ), prétendument horrifique qui emprunte ensuite le terrain du slasher pour ados, à grands renforts de sous-entendus salaces et de gags décalés (le flicaillon, traumatisé par le meurtre de ses parents, dégomme le moindre cadeau de Saint-Nicolas qui lui est destiné). La rupture de ton annonce le début des réjouissances sur un rythme effréné : le bodycount s’affole, les péripéties s’enchaînent, les gags s’accumulent. Rarement original, doté d’un sous-texte contestable (une critique de la société de consommation s’insinue dans cette œuvre ostensiblement commerciale), Saint s’empêtre dans une mécanique lassante, vaguement "fun" dont les seules effervescences résident dans une course-poursuite sur les toits aux effets amateurs

Une entrée aussi trouble et risible que les louvoiements dans les canaux amsterdamois d’Amsterdamned, une suite qui finit par être plus rouillée que les systèmes mécanico-organiques de son Ascenseur (à ce jour, son seul vrai succès public) font de ce Saint une œuvre bancale, naviguant en eaux troubles entre des aspirations comico-trashs et une volonté de coller au plus près d’un classicisme corrodé par plus de quarante ans de slasher paranormal. Et ce en dépit d’une deuxième partie plutôt sympathique...


Critique de Saint - Ô Grand Saint-Nicolas, Patron des éclopés
Par : Quentin Meignant

Depuis 1988 et son Amsterdamned, Dick Maas ne s’était plus réellement signalé à l’internationale. Certes, son Ascenceur, niveau 2, proposé au public américain, était plutôt appréciable, mais l’on attendait depuis bien longtemps une création originale de sa part. Son retour avec Saint était donc l’occasion de redécouvrir l’art d’un cinéaste hollandais à part. Présenté en Compétition Internationale lors du NIFFF 2011, Sint (dans la langue de Vondel) a néanmoins connu une éclosion difficile dans son pays d’origine, des associations de parents attaquant Maas en justice, l’image de Saint-Nicolas risquant d’être à jamais écornée auprès de leurs enfants. Mais qui est donc exactement le véritable Saint-Nicolas ? Personnage mythologique des contrées du Nord de l’Europe, il distribue des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 5 au 6 décembre. Cette croyance, connue de l’Alsace aux Pays-Bas en passant par les états scandinaves, est mise à mal dans le film de Dick Maas puisque Sint s’intéresse à un saint malfaisant. Au 16ème siècle, Saint-Nicolas, un prêtre alors défroqué, se plaît à mettre chaque village qu’il croise à feu et à sang. Les villageois décident de brûler son bateau pour mettre fin à ses exactions. Depuis, à chaque pleine lune du 5 décembre, phénomène qui intervient tous les 35 ans, Saint-Nicolas et ses sbires reviennent à la vie et déciment la population d’Amsterdam. Frank, un vieux flic aigri, est le seul à pouvoir intervenir…

Si Dick Maas, en bon faiseur qu’il est, a toujours donné naissance à des bandes en fonction des budgets qui lui étaient alloués, il était intriguant de le retrouver aux commandes d’une bande qui se devait d’être spectaculaire et donc, susceptible de provoquer une débauche de moyens bien plus importante. Dès lors, dans une entame proche de celle d’un épisode des aventures du lutin Plop, le cinéaste tente d’instiller en vain un caractère authentique à la période moyenâgeuse de son intrigue. Abondant en CGI peu convaincants et souffrant d’un manque flagrant de rythme, cette entame prête à sourire à son insu, chose finalement non négligeable dans l’élaboration d’une comédie horrifique.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : Sint se veut être un moment de délassement abordant un thème mythologique et, de ce point de vue, le métrage de Dick Maas remplit parfaitement son devoir. Si les effusions graphiques demeurent rares et sont en général hors cadre (moyen trouvé par le cinéaste pour rogner sur les coûts), Sint s’avère être un réjouissant moment lorgnant tantôt vers le trash, tantôt vers le teen movie dans sa première partie. Dès lors outrageusement joyeux et prévisible, l’ensemble se barde de bons sentiments et, malgré quelques scènes rappelant l’ennui éprouvé devant un épisode de Derrick, l’humour gras et les séquences plus spectaculaires s’accordent à merveille.

Slasher plus ou moins grand public, Sint remplit parfaitement son devoir : celui de divertir. Rarement arythmique, le métrage de Dick Maas se décline tel un joyeux bordel, un délire geek et franchement ancré dans les croyances nordiques, un ensemble que l’on ne peut détester.


Commentaires sur le film

sint

0 etoiles

17 janvier 2012 à 22:01

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