Critique de film

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Sadomania

"Sadomania - Hölle der Lust"
affiche du film

Un jeune couple en voyage de noces est arrêté à Lâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Sadomania - Jess Franco en prison !
Par : Fred Pizzoferrato

Ce Women In Prison tardif dans la carrière d’un des plus prolifiques cinéastes de tous les temps reprend les recettes précédemment utilisées dans Ilsa ultimes perversions, Des femmes pour le bloc 9, Barbed wire dolls,…A savoir une intrigue prétexte à de consternantes séquences érotiques et l’un ou l’autre moment de violences sadiques vraiment peu convaincants. Bref, la routine complète pour un film de Jesus Franco une fois de plus dispensable.

Un jeune couple, Olga et Michael, voyage dans le désert et aboutit accidentellement sur la propriété de Magda Urtado (le transexuel Ajita Wilson), la sadique directrice d’un camp de redressement bien particulier. Là, les jeunes prisonnières sont soumises aux envies perverses de Magda, laquelle décide de garder Olga et la condamne aux travaux forcés sans autre forme de procès tandis que Michel, lui, est simplement libéré. Nous suivons ensuite les destinées de différentes détenues tour à tour violées, torturées, assassinées ou forcées à participer à des jeux mortels afin de satisfaire les penchants sadiques de Magda ou de son ami le gouverneur. Enfin, certaines sont vendues à des tenanciers de bordel pratiquant la traite des Blanches mais heureusement Michel revient pour tirer son épouse de l’enfer du pénitencier…

Au départ envisagé comme une suite à Ilsa ultimes perversions et destiné à Dyanne Thorne, le scénario de Sadomania a dévié vers ce grand portnawak à la violence de bande dessinée et à l’érotisme de mauvais goût. Le rôle principal, celui de la simili Ilsa (rebaptisée Magda), se voit ici confié à Ajita Wilson, né George Wilson, un travesti ayant subi une opération au milieu des années ’70 pour devenir une femme. Un travail remarquable puisque les chirurgiens l’ont transformé en une beauté à l’anatomie parfaite et généreusement exposée par le petit Jesus, lequel y va Franco pour donner à Sadomania un soupçon de déviance apprécié des plus pervers. A noter que Wilson, décédé(e) en 1987, joua dans de nombreux métrages érotiques ou pornographiques et se spécialisa en quelque sorte dans le WIP via des titres comme Sévices à la prison des femmes, Les évadées du camp d’amour ou La fin des tortionnaires du camp d’amour 2.

Œuvre sans ambition, Sadomania aligne en outre tous les clichés du Women In Prison de base, à commencer par la directrice de prison nymphomane, lesbienne et sadique et le gouverneur dépravé adepte de « jeux » mortels. Une des rares bonnes séquences détaille d’ailleurs le combat à mort que doivent se livrer deux jolies demoiselles entièrement nues, l’une armée d’un couteau, l’autre d’une lance artisanale. La photographie, qui utilise adéquatement les ombres et réduit les combattantes à deux silhouettes s’affrontant devant le soleil, s’avère à ce moment fort jolie et donne à la séquence un côté onirique et artistique bienvenu. Dans le même style « sadique mais léger », une courte scène de chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) se veut un nouvel hommage au classique La chasse du comte Zaroff. Franco se tire plutôt bien de l’entreprise et donne un minimum de tension à ces quelques minutes bien ficelées.

Malheureusement, le reste de Sadomania n’atteint jamais ce niveau et se complait tout entier dans une (s)exploitation minable et profondément ennuyeuse. Les intermèdes érotiques se succèdent et le metteur en scène laisse glisser son objectif sur les corps parfaits de ses actrices mais rien n’y fait, l’ennui s’installe durablement. Les indispensables scènes saphiques, pour leur part, sont nombreuses mais elles aussi désespérément plates, pour ne pas dire réfrigérantes et vraiment peu érotiques. Pourtant les demoiselles ne sont guère avares de leurs charmes et se promènent durant l’entièreté du métrage totalement nues ou, au pire, seins dévoilés et vêtues d’un mini short très moulant. Des efforts louables mais l’intrigue s’avère bien trop languissante pour parvenir à capter l’attention d’un spectateur au bord de l’endormissement. Enfin, comme dans tous les Women In Prison qui se respectent, les tortures et le « sleaze » répondent présents, la directrice aimant enfermer les détenues dans de minuscules cages avant de les chasser comme des animaux sauvages et d’abandonner leur cadavre aux crocodiles. D’où une brève et risible séquence gore impliquant un saurien léthargique. Un peu plus tard le gouverneur impuissant se paye une dose de stimulation en offrant une prisonnière en pâture à un berger allemand (oui le chien !) pour un viol zoophile totalement ridicule donnant surtout au spectateur un bon fou rire devant de telles inepties. Jesus Franco se permet également de figurer dans son « chef d’œuvre » en incarnant un flamboyant et caricatural tenancier de bordel homosexuel sodomisé par son partenaire avant que le héros (le Michel du début dont nous étions sans nouvelles depuis 80 minutes) ne débarque pour sauver sa copine Olga des griffes des immondes trafiquants de chair fraiche.

Bien sur, histoire d’intellectualiser un tant soit peu le propos, nous trouvons en filigrane une critique à peine esquissée de la dictature et des excès du totalitarisme. Certains y verront une attaque de Franco à l’égard de son tristement célèbre compatriote homonyme mais il est plus probable qu’il s’agisse l’un d’un artifice supplémentaire, coutumier des WIP ou des nazi-exploitation, pour se dédouaner des atrocités exposées à l’écran. Admettons cependant que l’intrigue, même éclatée et trouée d’invraisemblances, reste relativement cohérente et, pour un film de Franco, ce n’est déjà pas si mal !

En définitive, Sadomania constitue un Women In Prison typique de Jesus Franco avec tous les défauts inhérents au genre. Longuet (1h42 dans sa version intégrale), peu passionnant mais riche en nudité et en cruauté, le métrage intéressera uniquement les « completistes » de l’exploitation ou les inconditionnels du cinéaste. Les autres y verront uniquement une série Z racoleuse et sans grand intérêt de plus au passif de Jesus Franco.

Sadomania a pourtant eu droit à une édition dvd en nos contrées, un choix éditorial surprenant qui nous amène, pour conclure, à citer (en les paraphrasant légèrement) les propos de Bertrand Tavernier : « quand on pense à tous les bons films qui n’existent pas encore en dvd et qu’on nous sort du Jesus Franco » !


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