Scream queen

Ruby Larocca

19 janvier 2010 | Par : Gore Sliclez

Après quelques jours de vacance, nos scream queens sont de retour ! Et quel retour puisque nous vous présentons une "famous scream queen" de celles qui font fantasmer les américains surtestostéronés et qui trônent sur le cinéma indépendant érotico-gore, j’ai nommé Ruby Larocca ! Celle-ci fait partie de la crème royale au même titre que les Misty Mundae, Tiffany Shepis et autre Nicolas Fiore c’est dire le cadeau que l’on vous offre aujourd’hui. Quelques questions et la belle rousse ne s’arrête plus, nous livrant une interview vérité pimentée de quelques photos du plus beau cru. En plus d’allumer son public, Ruby en a dans la tête et nous le prouve...

- Vous avez commencé le cinéma il y a dix ans maintenant. Quel regard portez-vous sur cette décennie ?

Je suis extrêmement chanceuse quand je vois mon évolution ces dix dernières années dans l’industrie du cinéma. J’ai eu tellement d’opportunités incroyables et j’ai rencontré des gens magnifiques. J’ai commencé à jouer au moment où je commençais également à m’émanciper dans ce nouveau domaine en produisant et en créant une société de production (Chainsaw Kiss) avec quelques uns de mes meilleurs amis (Victor Bonacore, Joey Smack et Jimmy Screamer Clauz). Et maintenant pour la première fois j’écris et réalise mon propre film. C’est incroyable comme les technologies ont changé cette décennie. Quand j’ai commencé avec Factory 2000 nous tournions sur Super VHS. Et maintenant je travaille sur des films tournés en HD 35 mm avec adaptateur de lentille.

Je suis tout le temps occupée et suis si fière de tous ces projets sur lesquels j’ai travaillé en 2009. Artistiquement, c’était ma meilleure année et j’espère que cela continuera en 2010. Avec Chainsaw Kiss nous avons déjà beaucoup de projets...

- Que faisiez-vous avant le cinéma ?

J’ai toujours été "artistique" depuis mon enfance. J’écrivais de la poésie et des nouvelles quand j’avais sept ans. Je me souviens que je réinventais les cartes postales de ma mère avec des messages à moi plus triviaux. À l’arrière de la carte j’inventais des histoires, des poèmes à partir de la photo de devant. J’ai une quarantaine de Journaux intimes recouverts de ces cartes que je relis souvent. Je pense qu’une fois adulte, parce que nous avons appris à faire les choses dans les règles, nous tuons notre côté imaginatif et pensons trop à ce que nous devons faire plutôt que de nous fier à notre cœur. C’est pourquoi je suis heureuse de faire de la photographie, de faire des collages ou encore faire de la musique. Je joue de l’accordéon ! Je vous jure, c’est génial ! Je suis toujours impressionnée par ces gens qui excellent dans un art...

- Vous avez commencé en même temps que la célèbre scream queen Misty Mundae. Comment s’est passé votre rencontre ?

C’était magique ! Oh peut-être que j’exagère en disant ça mais c’est cette rencontre qui a fait démarrer ma carrière d’actrice. Sans elle je n’aurai pas dis oui à Bill Hellfire pour jouer dans un de ses films. J’ai rencontré Bill, Misty et Joey Smack au cinéma Chiller, lors de mon premier festival bi-annuel de l’horreur dans le New Jersey, quand j’avais 18 ans. J’étais entrain de me promener, un poster de "Duck ! The Carbine High Massacre" sous le bras, un film indépendant sur la tuerie de Columbine. Les deux acteurs du film ressemblaient aux deux tueurs et je cherchais à les rencontrer pour en savoir plus sur le film. Quand enfin je les ai trouvés j’ai rencontré Bill et Joe qui m’ont parlé du film et de la satire sociale qu’ils avaient voulu faire. J’ai remarqué cette superbe fille à leur table qui jouait dans tous leurs films. Elle semblait si jeune et je me souviens de ses magnifiques yeux bleus. Je ne cessais de la regarder alors que mon copain de l’époque parlait avec Bill et Joe de "Duck !".
Je n’écoutais rien de ce qu’il y avait autour de moi, tout semblait si rapide comme un accéléré flou avec au centre... Misty Mundae. J’étais sous son charme, elle était sur toutes les couvertures des films qui se trouvaient sur la table et j’étais si intriguée. Je n’avais même pas vu un de ses films comme "The Infamous Bondage Murders" ou "Lesbo Slaughter." Enfin, elle a chuchoté quelque chose dans l’oreille de Bill Hellfire et celui-ci m’a demandé si je voulais bien tourner dans son prochain film. J’étais si bien avec eux que j’ai dis oui tout de suite, surtout parce que c’était l’idée de Misty. Et voilà, sans cette rencontre improbable je ne ferai pas l’interview avec vous aujourd’hui...

- Vous travaillez beaucoup avec Bill Hellfire...

Après ces rencontres au Chiller Theatre j’ai laissé mes coordonnées et j’ai acheté "Duck ! The Carbine High Massacre" et "The Infamous Bondage Murders". Une fois à la maison, j’étais si excitée dans l’attente du coup de fil de Bill mais après cinq ou six mois j’ai commencé à désespérer. Un jour, alors que j’allais chez mes parents pour un dîner en famille, nous regardions les news à la télévision quand soudain on y parla de l’arrestation de deux réalisateurs qui avaient fait un film très hard et pas très bon dans une vraie école sans autorisation. Quelques jours après Bill m’a enfin appelée, ils étaient interdits de production mais souhaitaient faire un autre film. Ce fut mon premier film : "The International Necktie Strangler Part 2."

Bill, Joey et Misty Mundae sont devenus mes amis. Leur amitié a changé ma vie et m’a aidée à devenir ce que je suis, croire en moi, vaincre ma timidité et vivre intensément sans en faire l’apologie pour autant.

- Vous êtes parmi les plus célèbres scream queens aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous ce phénomène des scream queens qui ressurgit depuis une quinzaine d’années ? Lloyd Kaufman et la Troma Entertainment ?

Je pense que cela remonte à plus longtemps. Regardez tous ces vieux films comme "Nosfertu" où le monstre est obsédé par cette magnifique femme, l’exemple même de la femme qui focalise l’attention du public sur elle. Amour, beauté et passion sont les arguments forts de ces femmes. Sans parler de leur sex appeal pur. Je pense que dans les années 80, quand la technologie cinématographique a commencé à évoluer et que les films furent plus nombreux à sortir et avec moins d’argent pour les faire ce fut la chance pour toute une série d’actrices de faire carrière dans un genre bien spécifique. Les réalisateurs commencèrent alors à remarquer que certaines actrices avaient leur succès grâce aux films d’horreur et avaient leur propre public de fans. Certains du succès, les réals prirent le pari de les mettre dans leurs films faisant ainsi le bonheur des deux. Mais vous savez, une belle femme fascine toujours quelque soit le genre de film.

- Comment sont les relations entre les scream queens ?

J’ai eu la chance de travailler avec quelques unes de mes scream queens favorites comme Linnea Quigley et Tiffany Shepis. Elles sont merveilleuses ! Je pense sincèrement que toutes les femmes dans le cinéma d’horreur se supportent chacune et sont fières les unes des autres. C’est un genre moins dominant que les autres en comparaison et quand vous y êtes depuis un certain temps les gens se connaissent. C’est un petit monde en fait. Nous devrions toutes être contentes quand nous voyons les autres filles succéder aux anciennes parce que c’est bon pour nous. Je déteste quand je vois ou entends certaines luttes d’influences parmi les filles. Je préfère voir des femmes se surpasser dans l’écriture, dans la réalisation ou n’importe quoi d’autre. Il y a tant de choses à créer, nous avons plus intérêt à nous soutenir...

- Il n’y a pas beaucoup de scream queens rousses dans le genre non ?

Je pense aussi. J’ai entendu dire qu’Elvira est "rouge" naturel…

- Vous souvenez-vous quand vous avez trouvé votre nom de scène ? Comment l’avez-vous trouvé ?

Que voulez-vous dire ? C’est mon vrai nom (rires) !

- Quel est le tatouage que vous avez sur votre bras gauche ?

J’ai un cœur avec le mot "TROUBLE" au travers ainsi que la signature de John Waters en dessous. Je l’ai rencontré et lui ai demandé de signer sur mon bras. Je suis allée faire tatouer la signature chez un tatoueur dès le lendemain dans un style "Cecil B. Demented". J’ai également le mot "bug" tatoué à l’intérieur de ma lèvre inférieure parce que j’aime les insectes et c’est comme mon surnom. Un autre tatouage Guns and Roses (aucun rapport avec le groupe) sur l’estomac et enfin la couverture d’"Invisible Monsters", le livre de Chuck Palahniuk (dont je suis une grande fan) sur le bras.

- Pouvez-vous parler de "She Wolf Rising" ?

C’est la première fois que je travaille avec Tiffany Shepis et j’étais très excitée de le faire. J’étais une grande fan depuis longtemps car je la trouve très belle, très pulpeuse. J’étais stressée mais elle m’a directement mise en confiance en me traitant comme une amie avec qui elle aurait travaillé depuis longtemps.

Alan Rowe Kelly m’a donné le rôle. Une véritable amie à avoir dans le milieu, elle arrive toujours à convaincre les autres réals de m’embaucher quand ils cherchent une actrice pour leur casting. Elle interprète ma mère dans le film et il y avait une véritable communion entre nous sur le tournage. Je l’adore ! À l’origine je devais jouer qu’une scène du film avec Nicola Fiore mais une des actrices ne pouvait pas prester le personnage et Alan m’a alors demandé de le faire. J’ai sauté sur l’occasion. Mon personnage dans le film, Lilian, est un zombie "sexy" qui danse sur une scène pour tenter de séduire le personnage principal. Le maquillage de Jeremy Selenfriend est incroyable ! Je me suis retrouvée entièrement couverte de latex, airbrushée et peinte pour donner l’aspect cadavérique et ce pendant quatre heures. Je n’avais jamais interprété un zombie, ni dansé comme une ballerine d’ailleurs. J’ai adoré ça !! Mon second personnage, Lilian, est complètement à l’opposé. J’ai une scène très sexy avec Nicola Fiore. Elle très belle et très sympa comme nana. Un plaisir de jouer avec elle pour la première fois. Et puis il y a Tina Krause également dans le film. Elle alors, elle est trop marrante, je n’ai pas arrêté de rire du premier jour au dernier.

- Que pensez-vous des films d’horreur ?

J’adore évidement et ce depuis que je suis toute petite. Mon premier film d’horreur c’était "A Nightmare on Elm Street." J’avais six ans et mes parents ne voulaient pas que je regarde. Heureusement, mon frère avait une copie VHS. Je me suis faufilée dans sa chambre et j’ai regardé le film pendant que tout le monde dormait. J’ai été terrifiée pendant des semaines entières. Impossible de dormir une nuit ! Ma mère qui distribuait des journaux le matin très tôt me retrouvait éveillée. Je lui disais que je n’avais plus envie de dormir et lui demandait si je pouvais l’accompagner dans sa tournée. Évidement, une fois dans l’auto je m’endormais...

J’adore les films d’horreur, de tous les genres, de toutes les époques et avec tous les acteurs différents. J’aime particulièrement les plus sombres, les psychologiques, le gore, les marrants, les "plus visuels que scénarisés"... Et j’aime également analyser l’évolution du cinéma d’horreur à travers les années. Quand je regarde un film j’aime voir en quelle année il a été fait, comment il a été fait et le comparer avec son époque. Mais la vraie raison de ma passion c’est la peur qu’engendre les films d’horreur, il n’y a rien de comparable.

- Avec quels réals aimeriez-vous travailler ?

John Waters, Wes Anderson ou Michel Gondry.

- Quels sont vos projets en 2010 ?

"Belated by Valentine’s Lover" marquera le début de ma carrière en tant que directrice et en tant que scénariste (avec Victor Bonacore) en espérant qu’il fera beaucoup de festivals.

Le deuxième film sera "Bloodwings : A Satanic Fantasy." Nous travaillons actuellement sur la production, notre sixième pour Chainsaw Kiss.

Et puis mes prochains films en tant qu’actrice : "President’s Day", "Faces of Schlock", "The Super", "Porkchop", "Bleeding Through", "Contact", "Jonesin" et "She Wolf Rising."

- Quelques mots pour vos lecteurs français...

Supportez le cinéma indépendant ! Il y a tellement de réalisateurs talentueux et de très beau films. Il n’est pas nécessaire d’avoir des millions de dollars surtout si vous les faites avec le cœur et la passion et que vous faites ces films pour de vraies raisons. Il faut rester honnête et oser dire ce que vous voulez et quand vous voulez. La passion vous guidera même si vous devez pisser sur certaines personnes. Mon ami Rich Mallery dit toujours : "l’art véritable est dévastateur".

"When no new art is being created, that will be the end of the world."

Portrait Chinois :

Si j’étais un phénomène naturel je serais… une combustion spontanée !

Si j’étais un métal, je serais… le Doom Metal, le meilleur du Métal (rires)

Si j’étais un animal, je serais… un lionceau, une sorte de gros chat !

Si j’étais une couleur, je serais...Red of course !

Si j’étais un être mythologique, je serais… un griffon !

Si j’étais une personnalité célèbre, je serais... Hunter S Thompson

Si j’étais une activité humaine, je serais... la masturbation !

Si j’étais une œuvre d’art, je serais… "Nude Descending a Staircase, No. 2" par Marcel Duchamp

Si j’étais une arme, je serais… Smith & Wesson .38

Si j’étais un livre, je serais… "Survivor" de chuck palahniuk ou "La Nausée"de Jean Paul Sartre

Si j’étais une actrice… Soledad Miranda

Si j’étais un aventurier… Odyssée

Si j’étais l’héroïne d’un film… Tank girl !

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