Critique de film

Rêves et cauchemars

"Nightmares and Dreamscapes"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Rob Bowman, Mikael Salomon, Brian Henson, Mark Haber, Sergio Mimica-Gezzan, Mike Robe
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 8x42 minutes
  • Scénariste : Stephen King, Mike Robe, April Smith, Alan Sharp, Peter Filardi, Lawrence D. Cohen, Kim LeMasters, Richard Christian Matheson
  • Musique : aucune
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robert Mammone, Kodi Smit-McPhee, Kim Delaney, William H. Macy
  • Récompenses : Aucune

Une mini-série dâ

Les critiques à propos de ce film

Reves et cauchemars - Bonne anthologie
Par : Damien Taymans




Episode 1 : Petits soldats
Titre original : Battleground
Réalisateur :Brian Henson
Scénario :Richard Christian Matheson
Avec : William Hurt, Bruce Spence

Jason Renshaw, un tueur à gages, vient de remplir avec succès une nouvelle mission, éliminer le directeur d’une fabrique de jouets. De retour chez lui et prêt à prendre un repos bien mérité, il est surpris de recevoir un colis contenant des soldats en plastique. Il ne se doute pas qu’il vient d’ouvrir la boîte de Pandore…

Premier épisode et première surprise. Malgré une idée originale qui peut sembler absurde, Petits soldats bénéficie de nombreux atouts qui en font un des meilleurs épisodes de l’anthologie. Un rythme haletant, des actions à n’en plus finir, un William Hurt méconnaissable en tueur à gage froid et insensible, des effets spéciaux à couper le souffle ! D’autant que le travail scénaristique de Matheson est parfait : redynamisant quelque peu la nouvelle originelle en l’adaptant au format des 50 minutes et en y ajoutant quelques éléments, Matheson a opté pour une absence de dialogues. Dès lors, au lieu de se perdre dans des considérations inutiles, le spectateur a tout le loisir de se concentrer sur l’action qui mène son personnage vers la folie. Une excellente réussite !


Episode 2 : Crouch End
Titre original : Crouch End
Réalisateur :Mark Haber
Scénario :Kim LeMasters
Avec : Claire Forlani, Eion Bailey

Un couple de jeunes mariés américain passe sa lune de miel à Londres. Se rendant dans le quartier de Crouch End pour dîner avec un ami, ils se retrouvent rapidement perdus dans des rues désertes et étranges.

Le réalisateur d’Alien cargo n’est pas parvenu au niveau du précédent épisode.
Collant au plus près de la nouvelle originelle, Haber ne parvient jamais à poser les jalons d’une atmosphère pesante. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé : les acteurs se démènent comme de beaux diables et on doit avouer que le départ de l’épisode est très bon. Mais voilà, le moyen métrage accuse beaucoup de longueurs et étend ses scènes à souhait pour atteindre le format attendu. De plus, l’épisode est entâché d’effets visuels peu attrayants (notamment la bêbête qui sort du sol ou le chat borgne) qui paraissent ridicules et dénotent avec le cadre dépeint jusqu’alors. Dernière zone d’ombre : un twist prévisible à souhait qui finit de décevoir complètement le spectateur.


Episode 3 : La dernière affaire d’Umney
Titre original : Umney’s last case
Réalisateur :Rob Bowman
Scénario :April Smith
Avec : William H. Macy, Jacqueline McKenzie

Un auteur de romans policiers trouve le moyen de pénétrer dans le monde qu’il a créé. Il échange de place avec le héros de ses romans, ne pouvant plus supporter la peine due à la mort accidentelle de son fils.

Le réalisateur du Règne du feu et d’Elektra est aux commandes pour ce troisième épisode de l’anthologie. Partant d’un postulat assez intéressant : rencontre entre un écrivain et son héros (faisant penser au pas mauvais Part des ténèbres signé Romero d’une nouvelle de King himself), l’épisode démarre sur un rythme sympathique et nous met en face d’une comédie policière du cinéma antique. Détective séducteur, véritable héros des polars, Umney a tout pour lui... jusqu’à ce qu’il rencontre son créateur. Soulignons également la qualité de la double interprétation de William H. Macy.

Malheureusement, le métrage perd de sa superbe lorsqu’il se transforme en fantastique cotoyant le drame. L’épisode perd alors de l’intensité et s’alourdit quelque peu. Dès lors, l’histoire louvoie à l’excès et égare ses spectateurs pour se terminer sur un final peu jouissif. Dommage car il y avait là matière à réussir quelque chose de bien...


Episode 4 : Le Grand Bazar : finale
Titre original : The end of the whole mess
Réalisateur :Mikael Salomon
Scénario :Lawrence D. Cohen
Avec : Ron Livingston, Henry Thomas

La confession d’un réalisateur de documentaires qui décide de raconter comment son frère a conduit le monde à sa perte en tentant d’amener la paix sur Terre.

Le premier des deux épisodes réalisés par Salomon sonne juste. Reprenant adéquatement la trame de la nouvelle de King et intégrant des flashs back intéressants, le réalisateur a réussi son adaptation et nous livre un épisode peu rythmé mais malgré tout entier de bout en bout. Empreinte de tendresse basée sur des liens fraternels puissants, l’histoire est des plus innovante. Un véritable hymne à la non-violence qui intègre des événements récents (comme le 11 septembre 2001). Et puis, son pendant réaliste en diable : chaque action positive menée entraîne son revers de la médaille. Ainsi, bien qu’il soit un génie, en voulant changer le monde, Bobby ne fait que se montrer plus humain puisqu’il dérègle la machine divine. Excellent scénar et bonne maîtrise filmique font de cet épisode l’un des plus sympas à regarder.


Episode 5 : Quand l’auto-virus met cap au nord
Titre original : The road virus heads north
Réalisateur :Sergio Mimica-Gezzan
Scénario :Peter Filardi
Avec : Tom Berenger, Marsha Mason, Susie Porter, Marg Downey

De retour d’une convention, un célèbre écrivain d’horreur s’arrête à un vide-grenier. Il fait l’acquisition d’un étrange tableau représentant une voiture et son conducteur à l’allure diabolique. Il ne tarde pas à s’apercevoir que le tableau semble changer au fil du temps et passer par la même route que lui. Il comprend qu’il va lui falloir s’en débarrasser très vite….

L’une des grosses déceptions de cette anthologie. Malgré un respect de la nouvelle originelle complet (trop peut-être), l’épisode ne parvient jamais à créer une ambiance semblable à celle de l’écrit. De bonnes idées mal mises en scène, un Tom Berenger se perdant dans le chaos le plus total d’un épisode qui part en c... dès les premières minutes. Au final, à force de ne pas oser prendre de risque et de détachement, le réalisateur de certains épisodes de Battlestar Galactica et de Prison break s’est trompé de voie (sans doute celle du sud) et se retrouve finalement complètement à l’ouest avec cette réalisation bancale et handicapée de l’atmosphère chère à King.


Episode 6 : Quatuor à cinq
Titre original : The fifth quarter
Réalisateur :Rob Bowman
Scénario :Alan Sharp
Avec : Jeremy Sisto, Samantha Mathis

Un détenu fraîchement relâché de prison apprend d’un ami mourant qu’il existe une carte divisée en 4 parties indiquant l’emplacement du magot d’un braquage. Bien décidé à venger son ami et à récupérer l’argent, il se lance aux trousses des trois autres possesseurs de la carte…

Deuxième épisode de Bowman aussi peu empreint de fantastique que La dernière Affaire d’Umney. Malgré un scénario sympathique (bien qu’assez cliché), l’histoire ne semble jamais vraiment démarrer et souffre considérablement d’un départ très lent qui n’en finit plus. Puis, brusquement, ça s’emballe à qui-mieux-mieux. Ce changement de rythme très brusque continue d’achever un épisode entamé maladroitement. Dommage car, malgré une désagréable sensation de déjà-vu, l’histoire procure son lot d’idées sympathiques et est sublimée par l’interprétation sans faille de Sisto.


Episode 7 : Salle d’autopsie quatre
Titre original : Autopsy room four
Réalisateur :Mikael Salomon
Scénario :April Smith
Avec : Richard Thomas, Greta Scacchi

Mordu par un serpent lors d’une partie de golf, Howard Cottrell se retrouve totalement paralysé et présente toutes les caractéristiques de la mort. Le pauvre homme, toujours conscient mais incapable d’appeler à l’aide, se retrouve aux premières loges pour son autopsie…

Ressemblant étrangement au Abracadavra des Contes de la crypte, le présent épisode parvient à mêler humour et suspense. Ainsi, au rythme de la voix de ce pauvre bougre étalé sur le billard, nous vibrons lorsque les scalpels s’approchent de son corps, lorsque les instruments chirurgicaux caressent la peau de son crâne tout en s’esbaudissant de l’amourette nourrie entre les deux pseudo-médecins qui ne trouvent pas la solution. Ne se bornant pas à cette seule salle d’autopsie 4, Salomon a la bonne idée de nous plonger dans des flashs-back mettant en scène le cadavre et à nous présenter les états d’âme de la future veuve. Dès lors, on s’amuse, on stresse et on respire. Du bon travail en fin de compte !


Episode 8 : Un groupe d’enfer
Titre original : You know they got a hell of a band
Réalisateur :Mike Robe
Scénario :Mike Robe
Avec : Steven Weber, Kim Delaney, William McNamara

Un jeune couple sur la route des vacances se retrouve perdu sur une voie paumée au milieu des bois. Ils finissent par arriver dans la petite ville de Rock and Roll Heaven dans laquelle la plupart des habitants ressemblent étrangement à des chanteurs de rock décédés…

Episode d’une facture très classique (ressemblant à Smallville), l’histoire est centrée sur le thème de la-ville-trop-jolie-pour-être-vraie. Bien loin de ressembler à des films sur le thème très réussis (comme Population 436), l’épisode ressemble plus à un tome de la collection Chair de poule qu’à une contribution sérieuse d’une anthologie sortie des mains de Stephen King. Néanmoins, doté d’un scénario original irréprochable (signé par le maître de l’horreur), le dernier volume de l’anthologie s’en tire pas trop mal mais ne restera pas dans les annales du cinéma.

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