Critique de film

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Retribution

"Sakebi"
affiche du film

Le détective Yoshioka enquête sur plusieurs meurtres qui semblent liés entre eux. Chaque victime est découverte noyée, le corps rempli d'eau salée, cette même eau qui menace d'engloutir des quartiers désaffectés des alentours de Tokyo au prochain tremblement de terre. Tourmenté par le stress et par la crise que traverse son couple, Yoshioka découvre sur les lieux des crimes des objets familiers qui le poussent à s'interroger sur sa propre culpabilité : se pourrait-il qu'il soit le meurtrier ? Alors qu'il se résout à solliciter l'aide d'un psychiatre, Yoshioka est hanté par les apparitions d'une femme-fantôme vêtue de rouge qui prétend le connaître. Est-elle réelle ? Quel est son lien avec les meurtres dans la mesure où elle ne fait pas partie des victimes ? Quel est le vrai rôle de Yoshioka dans ces deux mystères enchevêtrés ?

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Retribution - Redites-moi ça
Par : Damien Taymans
Tags : Asiatique, Fantômes

L’inspecteur Yoshioka enquête sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée la tête plongée dans de l’eau salée. Petit à petit, les meurtres s’accumulent et l’enquêteur découvre avec malaise que sur place trônent des objets qui lui appartiennent. Déboussolé, perdu au sein d’une enquête dont il ne saisit pas vraiment son implication, Yoshioka doit en sus livrer bataille au spectre d’une femme qui ne cesse de le hanter…

Au sein de la nouvelle vague des réalisateurs nippons en matière de cinoche de genre, s’il en est un qui se distingue tout particulièrement des autres, c’est bien Kiyoshi Kurosawa. Signant coup sur coup Cure, Kaïro et Loft, le maître japonais impose peu à peu son style même si d’aucuns lui reprochent de se confiner dans une sempiternelle vision pessimiste de la société nippone dont le cinéaste a, il est vrai, bien du mal à se sortir. Premier volet d’un triptyque consacré aux maîtres nippons du moment (aux côtés du Kaïdan de Nakata et du Réincarnation de Shimizu), Rétribution s’inscrit largement dans la continuité de l’œuvre de son créateur en même temps qu’il s’oppose aux univers formatés (aux frayeurs tendance Philippe Katerine « Et je monte le son ! ») des ghost stories qui pullulèrent dans la vague post-Ringu. Reprenant le cadre habituel, à savoir un Japon désolé en proie à la disparition (ici bientôt envahi par les eaux, effectuant du même coup une nouvelle évocation écologiste) à l’image des Japonais burinés par un passé pour lequel ils culpabilisent, incapables de tirer parti de leurs erreurs amenant la destruction sociétale (comme le faisaient les ordinateurs dans Kaïro). Thème similaire au centre de ce Rétribution, à la croisée parfaite entre Cure (le passé source de tourments et le style policier) et Kaïro (les apparitions spectrales), deux créations de Kurosawa au summum de l’angoisse qui révolutionnèrent le fantastique à la nippone.

Partant dans le polar, le métrage s’engouffre petit à petit dans un fantastique équivoque, à mi-chemin entre réalité et fiction, un monde teinté d’onirisme à la limite de l’incompréhension. Après une introduction policière prometteuse semant de nombreux doutes quant à l’implication de l’enquêteur Yoshioka (l’habituel Koji Yashuko à nouveau en flic sous l’œil de son mécène et ami) dans l’affaire sur laquelle il travaille, le métrage s’égare peu à peu pour s’inscrire dans une énigme au parallèle plus qu’incertain personnifiée par cette apparition spectrale féminine qui ne cesse de harceler le personnage principal. Le rapport avec l’enquête étant d’emblée mis à mal, l’intrigue effectue un virage à 180 degrés pour ne plus suivre que la résolution du mystère personnel de l’enquêteur, chargé de culpabilité à l’égard de cette émanation seule capable de lui offrir une rédemption pour un acte passé dont il ne saisit pas l’importance (à vrai dire, nous non plus). En guise de résurrection d’un kaïdan jamais véritablement absent du septième art nippon qui en connut une véritable overdose, Kurosawa ne fournit qu’une variation assez fadasse, certes bercée par l’onirisme ténébreux qui le caractérise, mais dont la vacuité scénaristique n’est que peu contrebalancée par la qualité d’une mise en scène rébarbative symptomatique des répétitions filmiques et atmosphériques du cinéaste.

Rétribution ou la variation de l’éternel retour nietzschéen par Kurosawa, passé du statut de cinéaste incontournable à celui d’imposteur à force de seriner incessamment la même rengaine. Un manque d’inspiration qui occulterait presque la poésie de peintures remarquables qui se succèdent frénétiquement au rythme d’une partition lacunaire et flagorneuse.


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