Critique de film

pub

Replicas

"Replicas"
affiche du film

Mark, Mary et leur fils forment une gentille petite famille. Partis en vacances au vert, ils vont croiser la route d’une drôle de tribu qui aimerait bien prendre leur place...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Replicas - Proche de la réplique, mais tellement original...
Par : Quentin Meignant
Tags : Survival, NIFFF 2012

Premier long-métrage du jeune Jeremy Power Regimbal, qui officiait avant cela comme producteur et monteur sur quelques courts-métrages, le canadien Replicas arrivait au NIFFF 2012 tout auréolé d’une fameuse réputation, notamment acquise au Tribeca Film Festival. Le métrage suit la famille Hughes, Mark Mary, et leur fils, Brendon, qui, suite au décès de leur fille de 6 ans, quittent le stress de la ville et leur existence quotidienne pour se ressourcer dans leur maison de campagne. Perdue au milieu des bois, celle-ci est un havre de paix qui se verra de suite troublé par l’entrée fracassante d’une famille voisine, composée de Bobby, Jane et leur enfant, Jared. Au cours d’un repas de bon voisinage, les choses dégénèrent et les voisins semblent vouloir s’incruster dans la vie des Hughes. Pourquoi ? Toutes les vérités ne sont pas agréables à connaître…

Pour son premier long-métrage, Jeremy Regimbal plonge donc le spectateur dans une sorte de Funny Games-like, référence qui ne manque pas de sauter aux yeux rapidement malgré une différence de traitement plutôt salvatrice. En effet, il n’est nullement question ici de plagier Michael Haneke et, tant le traitement visuel que scénaristique tendent à s’éloigner de cette influence majeure. Sans doute moins cru et glauque que le film du cinéaste autrichien, Replicas parvient à se créer une identité propre qui oscille entre folie pure et dure et thriller machiavélique de haute volée.

Si l’œuvre de Regimbal demeure imparfaite, notamment à cause de sa fâcheuse tendance à vouloir tout expliquer en détail (une mode typiquement américaine que l’on aurait désiré moins présente dans un film canadien), elle parvient sans soucis à être haletante de bout en bout et offre même quelques instants de bravoure et de plongée dans l’horreur absolue. S’appuyant sur un casting de choix, les prestations de James D’Arcy et Rachel Miner en couple de dingues étant proprement bluffantes tandis que Selma Blair donne lieu à une interprétation dramatique des plus intenses, Replicas ne connaît jamais véritablement de temps mort et se dirige avec brio vers un final irréprochable.

Première intervention du jeune Jeremy Regimbal dans le cinéma de genre, Replicas compose avec les codes du home invasion de fort belle manière pour se créer une identité propre. Si les références à Funny Games ne manquent pas, le métrage évite l’écueil de la simple relecture, notamment grâce à un impressionnant casting mais aussi à quelques bonnes idées mises en boîte avec talent. Regimbal, un espoir à suivre de près…


Critique de In their Skin - De l’autre côté du miroir
Par : Maureen Lepers

Premier long métrage du canadien Jeremy Power Regimbal, In Their Skin fait le traditionnel récit d’un couple en crise, parti se ressourcer avec leur fils dans leur maison de vacances et que des voisins peu commodes vont venir harceler et torturer. Un air de Funny Games, de Cape Fear et de tant d’autres films, me diriez-vous, et vous n’auriez pas tort. Malheureusement cependant, n’est pas Michael Haneke qui veut.

La petite originalité d’In their Skin par rapport à ses modèles est de substituer au couple de bourreaux (Funny Games) ou au tortionnaire unique (Cape Fear) une famille en tous points identiques à la première dont il s’agit bien sûr de s’approprier les traits, les biens, le passé, l’identité. A ce titre, le premier long-métrage était, de façon par trop explicite, intitulé Replicas. Cette logique de dédoublement venait ouvrir pour les personnages quelques brèches intéressantes. In Their Skin ainsi, semble littéralement fonctionner comme une traversée du miroir : en atteste une scène au début du film dans laquelle Mary (Selma Blair) perd de vue son fils à l’orée d’une forêt et pénètre, à sa recherche, un espace plus inquiétant que familier au cœur duquel flotte un regard fantôme qu’aucun contrechamp ne viendra jamais révéler. Le long-métrage alors vient révéler un espace mental : désormais, ce n’est plus tant de torture dont il est question, mais de purge, voire d’expiation. La famille de tortionnaires agit comme un monstre, au sens premier du terme : elle est celle qui montre, qui pointe du doigt, qui donne à voir l’invisible, qui oblige à la confrontation. Ce surgissement aurait pu s’avérer particulièrement pertinent pour le traitement des deux personnages féminins – Mary d’un côté, jeune active urbaine dont l’identité forte vacille du fait du deuil non accompli d’un premier enfant, et Jane (Rachel Miner) épouse soumise et névrosée, si transparente qu’elle en devient spectrale. C’est dans le lien qui unit ces deux personnages que le dédoublement par la négative fonctionne le mieux, tant l’une apparait comme le prolongement morbide de l’autre. Conjuguées ensemble, les deux figures interrogent pour la femme le champ de la représentation. Elles donnent à voir, avec beaucoup de tristesse et de subtilité, la dissolution qui menace au cinéma, un grand nombre de personnages féminins dès que ceux-ci, privées de leur enfant, cesse d’exister en tant que mère.

Malheureusement, cette ombre de famille venue torturer les autres s’égraine finalement au profit d’un tourmenteur unique, la sempiternelle figure masculine dont les actes et décisions viennent rythmer le récit, reléguant en fond de champ les doubles de l’épouse/mère et du fils. In Their Skin finalement s’étiole précisément là où il aurait dû décoller – dès que surgissent dans l’image les premières idées de violence, les premières scènes de torture. La belle grammaire duelle - académique certes, mais efficace - mise en place entre les deux groupes de personnages, notamment lors d’une scène de repas très réussie, s’affaisse pour laisser place à une logique plus linéaire, toute entière soumise à un bourreau qui peine à retenir notre attention tant le cinéma l’a enfanté mille fois. S’ensuivent une série de situations dont la mise en tension manque finalement de mordant et d’ironie, tant elle évacue, au profit du cadre, de ce qu’il faut donner à voir, toute potentialité de réflexion. Il n’y a rien ici de la cruauté rééducatrice d’un Haneke ou de la ferveur moralisatrice d’un J. Lee Thompson ou d’un Scorsese, si bien que le film se perd dans un nom lieu bien pensant, que son manichéisme malvenu vient condamner lors de la scène finale. En resserrant ainsi le cadre de son histoire sur une figure somme toute assez commune et en cédant au politiquement correct, Jeremy Power Regimbal s’essouffle sous le poids des modèles qu’il exploite, dont le spectre trop pesant hante chacune de ses images, et dont son film finalement, n’est qu’une bien pale réplique.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017
affiche du film
The Circle
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage