Critique de film

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Rencontres du troisième type

"Close Encounters of the Third Kind"
affiche du film
  • Année de production : 1977
  • Réalisateurs : Steven Spielberg
  • Scénaristes : Steven Spielberg
  • Acteurs : Richard Dreyfuss, Bob Balaban, François Truffaut, Teri Garr, Melinda Dillon
  • Musique : John Williams
  • Genre : Science-fiction
  • Pays d'origine : USA, Angleterre
  • Durée : 2h16
  • Budget : 20 millions de dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Oscar de la Meilleure photographie en 1978 Saturn Awards du Meilleur réalisateur, Meilleure musique et Meilleur scénario en 1978 BAFTA de la Meilleure direction artistique en 1979 David di Donatello Award du Meilleur film étranger en 1978 Golden Screen en 1979 Golden Reel Award des Meilleurs effets sonores en 1978

Des faits étranges se produisent un peu partout dans le monde : des avions qui avaient disparu durant la Seconde Guerre mondiale sont retrouvés au Mexique en parfait état de marche, un cargo est découvert échoué au beau milieu du désert de Gobi. Dans l'Indiana, pendant qu'une coupure d'électricité paralyse la banlieue, Roy Neary, un réparateur de câbles, voit un objet lumineux passer au-dessus de sa voiture. Plus loin, Barry Guiler, un petit garçon de quatre ans, est réveillé par le bruit de ses jouets qui se mettent en route...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Rencontres du troisième type - Meet Alien back
Par : Damien Taymans
Tags : Extra-terrestres

Deux ans après Les Dents de la mer, Steven Spielberg réalise avec Rencontres du 3ème type son œuvre la plus personnelle et l’une des plus émouvantes. En soi, le métrage est une révolution sur bien des plans. Au niveau science-fictionnel, il entérine l’apparition des extraterrestres amicaux et s’inscrit de ce fait à l’opposé des œuvres science-fictionnelles des années 50 et 60. Au niveau cinématographique, Rencontre du 3ème type marque incontestablement son époque en exhibant une mise en scène épurée et des effets spéciaux bluffants. Sur le plan spielbergien, le film constitue un tournant pour la carrière du cinéaste en le propulsant au faîte d’Hollywood. Présage indubitable d’une carrière exceptionnelle, l’œuvre porte en elle les germes qui seront autant d’ingrédients du cinéma de Steven.

Réveillé au beau milieu de la nuit par son père, le petit Spielberg assiste avec sa famille à un spectacle fascinant : une pluie de météores. Rencontre métaphysique pour Steven avec un au-delà subitement devenu tangible, avec un autre monde invisible sans pour autant être irréel. Spielberg nourrira une passion énorme pour le genre science-fictionnel comme le prouvent ses multiples incursions dans l’univers extraterrestre (Rencontres du troisième type, E.T., La Guerre des Mondes) ou scientifiste (Minority Report, A. I.).

Frappant l’imaginaire collectif, Rencontres du 3ème type fait table rase des multiples œuvres qui dénigrent les éventuelles intentions pacifistes des aliens. A l’image des petits bonshommes verts de Mars Attacks, les extraterrestres sont à l’époque plutôt dépeints comme de possibles prédateurs, dotés d’une intelligence supérieure à la nôtre, dont nous serions les proies privilégiées. Spielberg inverse la tendance en signant coup sur coup deux métrages alienocentristes, dotant les êtres venus d’ailleurs (là où se trouve la vérité d’après Mulder) d’attentions louables en dépit des enlèvements qu’ils commettent. Le cinéaste pousse le génie jusqu’à éviter le piège tendu de prendre la réflexion à revers en présentant l’homme comme l’être néfaste. Le présent métrage, comme ET, dépeint les hommes tels qu’ils sont ou plutôt tels qu’ils seraient dans pareille conjoncture, à savoir curieux, intéressés et apeurés sans pour autant être violents.

L’homme adulte est un être curieux qui brûle de savoir, de recevoir des réponses à ses multiples questions. Mettant sa foi au service de ce qu’il ne connaît pas et ne voit pas, l’homme avance aveuglément vers l’inconnu pour atteindre la rédemption et toucher du même coup le divin. Les termes ne sont pas innocents puisque le cinéaste effectue de nombreux rapprochements entre science-fiction et religion, attribuant par le pouvoir de la métaphore des caractéristiques divines à l’arrivée des extraterrestres : la montagne ressemble au mont Sinaï, les douze personnes (beau chiffre pour évoquer le nombre équivalent d’apôtres) effectuent un pèlerinage et font action de foi pour retrouver les lieux qu’ils ont esquissés, le film Les Dix Commandements à la télévision, …

L’être humain est doté d’une aura particulière dans les films spielbergiens. L’adulte est par essence immature et déresponsabilisé par une société dans laquelle il ne se reconnaît pas (pensons à Indiana Jones, à Ray Ferrier dans La Guerre des Mondes ou à Peter Banning dans Hook). Sans repères, incapable d’assumer son rôle, l’homme se perd dans les méandres de son existence pour devenir un être asocial qui n’évolue plus qu’en marge de la société et qui doit supporter les reproches de ses pairs. Du coup, il perd son statut de personne référence face aux enfants souvent plus clairvoyants que lui (c’est le cas avec Elliott dans ET ou avec Barry dans le présent film).

Mais surtout, Rencontres du troisième type est l’une des plus belles expositions d’effets spéciaux génialissimes portés par un score toujours aussi enivrant de John Williams composé de musique et de sons électroniques.


Critique de Rencontres du troisième type - Rencontre avec un deuxième succès
Par : Quentin Meignant

Alors passionnée par la conquête de l’espace, l’Amérique des années 50-60 se lança dans un nombre incalculable de productions SF, relevant souvent du nanar low budget au scénar sous-développé contant bien évidemment les méfaits de vilains extraterrestres venus coloniser notre belle planète Terre. Des oeuvres telles que Les soucoupes volantes attaquent, It, The terror from beyond space, Les monstres sur notre planète,... pullulèrent alors ayant toutes pour point commun de jouer sur la peur de l’inconnu. Après quelques années de disette, la production SF reprit en fanfare en 1977, année choisie par Steven Spilberg pour mettre en scène le fameux Rencontres du troisième type. Deux ans après son génialissime et révolutionnaire Dents de la mer, le réalisateur choisit donc le créneau science-fictionnel pourtant foutrement saturé pour bâtir son récit le personnel, préfigurant la somptueuse carrière d’enchanteur du grand public qu’il mènera durant des dizaines d’années.

L’élément remarquable de Rencontres du troisième type réside dans le fait que jamais l’inconnu extraterrestre n’était apparu à l’écran comme quelqu’un de sympathique et de pacifique. Révolutionnaire en ce sens, le métrage de Spielby se borne à mettre en scène une fable bon enfant et mystérieuse contant la rencontre entre deux civilisations différentes. Le traitement apporté au thème revêt une importance particulière, décrivant à merveille l’entêtement humain pour la question extraterrestre. Le film prend alors l’allure d’une sorte d’hommage à la conquête spatiale mais aussi aux anciens films de SF dont les codes ont ici été inversés.

Bien entendu, l’aspect déroutant de ce scénario totalement novateur ne se fait par sans heurts et, à de nombreuses reprises, l’ensemble peut sembler manquer de rythme. Mais, tout en finesse, Spielberg instaure un véritable climat aussi mystérieux que poétique, à la limite de la déclaration d’amour à ces visiteurs d’un autre monde. Cette déclaration, bercée par le doux score, tantôt classique tantôt électro, de John Williams, suit d’ailleurs l’histoire d’un héros à la fois déboussolé, obnubilé mais tombé amoureux du mystère extraterrestre. Sans aucune velléité anxiogène, le déroulement du récit offre aussi ce que notre planète a de plus beau. De paysages désertiques éclairés par une merveilleuse nuit d’étoiles en plans larges d’une poésie intense, le cinéaste profite de la meilleure manière qui soit du travail de son directeur de la photographie, Vilmos Zsigmond, lequel remporta d’ailleurs l’Oscar de cette catégorie. Ce décor idyllique est encore renforcé par la présence et la toute-puissance d’effets spéciaux hors normes pour l’époque qui, non contents d’éblouir, acquièrent lors du superbe dénouement une importance capitale.

Spielberg signe donc avec ce Rencontres du troisième type une oeuvre presque parfaite qui lancera définitivement sa carrière hollywoodienne ! Malgré un manque de rythme évident, la magie opérée par l’oeuvre est totale et l’intensité de celle-ci en fait un classique indétrônable. Un petit pas pour Spielby, un bond de géant pour le cinéma !

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