Critique de film

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Redoutable Homme des Neiges (Le)

"The Abominable Snowman"
affiche du film

John Rollason, botaniste de son état, décide de rejoindre une expédition dans les montagnes de l'Himalaya. Cette expédition a pour but de trouver un Yéti. Mais très vite, les drames surviennent alors que l'équipe s'enfonce dans les montagnes...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Redoutable Homme des Neiges - Fabuleux moment !
Par : Quentin Meignant
Tags : Hammer, Yeti, Bigfoot

Le redoutable Homme des neiges est sans doute la production pour laquelle la jeune Hammer de l’époque s’est montrée la plus ambitieuse. La société de production, qui est réellement devenue célèbre deux ans plus tôt, en 1955, avec le retentissant Quatermass Xperiment de Val Guest, s’est investie corps et âme en lisant le scénario de Nigel Kneale et du même Guest. Il y avait en effet de quoi se montrer enthousiaste puisque le cinéma de genre était vierge de tout Yéti et rendait donc le screenplay totalement original et novateur. C’est d’ailleurs le seul film réussi de l’histoire du cinéma qui parle de ce monstre sacré de l’Himalaya. La seule autre tentative fut une production américano-japonaise de 1958 (Tiens, tiens ! Effet de mode ?) emmenée par John Carradine et qui ne récolta que railleries et quolibets. Preuve s’il en fallait que Val Guest et consort ont créé un mythe indestructible !

Dès les premiers instants du métrage on reconnaît la « patte » de la Hammer : goût de l’esthétique, décors de studio, plans savamment étudiés et bien sûr critique acerbe de la société victiorienne mise en place en Angleterre. C’est ici au colonialisme anglais que s’attaque Val Guest de manière très fine ! Durant une petite demi-heure, nous pouvons constater dans quelle misère les Anglais ont laissé les Tibétains (et à fortiori toutes les colonies anglaises) après avoir pris tout ce qu’il y avait à prendre. Nous constatons aussi, non sans dégoût, la manière empreinte de mépris avec laquelle sont traités les autochtones par ces Anglais soi-disant civilisé. Nous entrevoyons enfin toute la haine contenue ressentie par les Tibétains envers leurs anciens colonisateurs. Tout cela saute aux yeux lors de chaque plans mais est distillé de manière douce et dramatique par Guest.

Bien au-delà de la qualité de la critique, le film en lui-même donne sa part de satisfaction. Les décors du temple bouddhiste sont d’un réalisme qui laisse sans voix. A chaque pan de mur, à chaque réplique, le spectateur ressent toute la misère mais aussi la grande sagesse qui découle de l’ensemble du lieu. Quand on sait que toutes ces scènes initiales ont été tournées en studio, cela tient carrément du prodige d’obtenir un tel résultat !
Ensuite, nos héros, Peter Cushing en tête, partent en montagne sur la piste d’un véritable mythe auquel ils veulent tous croire : le Yéti ! L’ascension à elle seule vaut largement le détour. Les plans majestueux du plus grand massif montagneux du monde se multiplient de façon poétique, tandis que nos héros vivent une aventure pleine d’émotions.

Les plans rapprochés sur les acteurs sont en partie tournés en studio de manière aussi réaliste que percutante. Pour l’époque, on peut avancer que le côté visuel de l’œuvre est impeccable ! L’aventure adopte un rythme dont elle ne se départira plus : les morts s’accumulent de manière inventive et plutôt violente. Les hallucinations sont légions tandis que le Yéti montre des signes de son existence : une main qui passe, des cris, une cage défoncée,… Les héros sont plongés en pleine tempête mais surtout en pleine tourmente.

Ce qui ressort le plus de cette aventure, c’est sa dimension dramatique. En effet, le pauvre McNee est plongé dans quelque chose qui le déplace complètement et est réellement hypnotisé par le Yéti. Il en va de même pour chaque personnage de l’intrigue présent par curiosité ou par cupidité, tous subiront les foudres du destin !

Foudre du destin car, dans le fond, le film nous prouve à grands coups d’émotions que le Monstre est l’homme et non pas ce grand être qu’est le Yéti. C’est là le deuxième grand point critique qu’a choisi de développer Guest ! De manière bien moins sanglante que Deodato et son Cannibal Holocaust, le réalisateur nous démontre toute la barbarie de l’être humain. Il va même bien plus loin que cela : il affirme, non sans finesse, que la civilisation telle que nous la connaissons est vouée à l’échec à cause du comportement inadmissible de l’Homme. Assoiffé d’argent, de territoire et de connaissances, celui-ci est en train de piller la planète et détruire ce qu’il y a de plus beau. Ce discours, fort alarmiste pour l’époque, prend tout son sens de nos jours !

Le résultat de cette critique est une prise de conscience et un mal-être qui frappe directement le spectateur de façon insidieuse ! Guest est parvenu à nous attendrir et à nous raisonner avec ce grand bonhomme adorable qu’est le Yéti et rien que pour cela, il mérite des louanges. Dommage que les puissants n’aient pas compris le message et aient ! continué à détruire à tout-va !

L’ensemble est emmené par un Peter Cushing au sommet de son Art. Le Frankenstein de la Hammer frappe un grand coup avec un rôle dramatique qui lui va comme un gant et qui donne une dimension supplémentaire au film : certains hommes méritent encore le respect ! Le reste du casting est tout aussi sensationnel avec des gens Robert Brown et Michael Brill qui enchantent littéralement la pellicule de leurs souffrances !

Une œuvre incroyable remplie d’émotion ! Une critique d’une finesse rarement égalée et un Peter Cushing légendaire, telles sont les grandes qualités de ce chef-d’œuvre de la Hammer ! Quel regret que cette grande société ne soit plus en vie pour nous offrir de si beaux moments !

Commentaires sur le film

hammer for ever

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

le charme du noir et blanc pour une histoire de yeti bien rare...ça sent bon le carton patte... peter cushing fabuleux... un classique !

20 mars 2009 à 02:03 | Par olipacha

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