Critique de film

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Raven (The)

"The Raven"
affiche du film

Le Dr Vollin est un chirurgien fou obsédé par les instruments de torture. Après qu'on lui a refusé l'autorisation d'épouser la jeune fille de ses rêves, il soumet les personnages à la torture...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le corbeau - Lugosi vs. Karloff, acte 2
Par : Damien Taymans
Tags : Edgar Poe

Alors que sa fille vient d’avoir un grave accident de voiture, le juge Thatcher téléphone au docteur Vollin afin qu’il s’occupe personnellement de l’opération. Après avoir essuyé quelques refus, le juge parvient en fin de compte à persuader l’étrange Vollin qui, en guise de récompense, entend bien demander au paternel la main de sa charmante enfant. Mais la jeune Jean est déjà promise à Jerry Haiden, également médecin. Pour arriver à ses fins, Vollin recrute un évadé, Bateman, qu’il transforme en monstre afin de le soumettre à ses ordres. Le plan machiavélique du docteur est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter…

Chez Universal, les années se suivent et … se ressemblent. Un an seulement après Le chat noir (aka The Black cat), transposition libre d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe incarnée par un tandem de monstres sacrés, à savoir Bela Lugosi et Boris Karloff, les studios remettent un couvert quasi identique avec Le corbeau (The raven). Outre la parenté animalière suggérée dans son intitulé, le métrage entretient de nombreux points communs avec l’œuvre précitée en ce sens qu’il reprend le mythique duo dans un cadre poeien, le titre du film renvoyant à celui, éponyme, d’une nouvelle de l’auteur. Une nouvelle dont l’œuvre s’écarte pour n’en conserver, à l’instar de la pellicule d’Ulmer, que l’intitulé et quelques menus détails. Pourtant, à l’inverse de son prédécesseur animalier, The Raven s’enfonce plus profondément dans l’univers du romancier, Lew Landers (officiant sous le pseudonyme de Louis Friedländer) et son scénariste David Boehm s’amusant même à insérer nombre de mises en abyme dans le récit (Vollin est un fervent admirateur de Poe dont il serine de mémoire certains passages) pour corroborer leur inspiration littéraire.

En outre, le métrage se focalise fortement sur les instruments de torture édifiés par le savant-fou Vollin qui nourrit secrètement le dessein de faire goûter chacun de ceux-ci à ses invités d’un soir, les soumettant bon gré mal gré au supplice du pendule (cette lame qui oscille et descend lentement jusqu’à trancher le corps de la victime) ou de la pièce dont les murs se rejoignent. Une chambre des tortures qui renvoie autant à l’univers de l’auteur qu’elle ne complète un musée de l’horreur à l’attirail impressionnant. Le manoir de Vollin regorge d’éléments propres aux lieux cauchemardesques (passages dérobés, chambre ascenseur, soubassements consacrés à la torture, couloirs sinueux) qui le rapprochent autant des donjons et courtines moyenâgeux qu’ils ne l’éloignent des sempiternels châteaux gothiques qui pullulent dans le cinéma d’épouvante des 30’s. Dominés par le sadique Vollin, remarquablement interprété par un Lugosi au summum de sa grandiloquence machiavélique, lesdits lieux sont hantés par un autre personnage tout aussi monstrueux que son maître et créateur, le criminel Bateman dévisagé par les manipulations du savant-fou. Un criminel menaçant qui devient, sous l’impulsion des mains de son seigneur, un monstre effrayant avant de s’adoucir dans un dernier élan d’humanité, à l’image de la créature de Frankenstein que l’interprétation de Karloff consacra déjà à deux reprises.

Recomposant une nouvelle fois le tandem qui sévit dans The black cat un an auparavant, The Raven propose un spectacle au rythme soutenu qui ne lésine pas sur les séquences anxiogènes au détriment parfois d’une certaine cohérence scénaristique et d’une exploitation complète de son potentiel (les personnages secondaires sont réduits à des clichés maintes fois serinés et ne sont que des faire-valoir du duo). Un classique très scolaire qui se place cependant dans la lignée des œuvres d’épouvante de l’époque sans pour autant s’en détacher particulièrement.

Critique de The Raven - Un Cor-beau film
Par : Fred Pizzoferrato

De tous temps, les nouvelles d’Edgar Allan Poe inspirèrent des cinéastes qui, bien souvent, se contentaient de reprendre un titre marquant et l’une ou l’autre idée pour proposer des métrages fort éloignés de la prose morbide de l’écrivain. Au début des années ’30, une première vague d’adaptations voit ainsi se succéder Murders in the rue Morgue, The black cat et, enfin, The raven. Ce-dernier, cependant, se distingue des précédents par son intérêt marqué vis-à-vis de l’œuvre de Poe, dont un brillant chirurgien, incarné par Bela Lugosi, s’avère un amateur fanatique.

La jeune danseuse Jean Thatcher, victime d’un accident de voiture, risque de rester paralysée à vie et son fiancé, le docteur Jerry Halden, ne peut la sauver. Le père de la victime, un juge bien connu, propose à un des amis, chirurgien aujourd’hui à la retraite, Richard Vollin, de reprendre du service pour la soigner. Mais Vollin préfère se concentrer sur sa passion, à savoir la vie et les œuvres d’Edgar Allan Poe dont il est un connaisseur éclairé et un collectionneur fanatique. La seule manière de convaincre le chirurgien consiste, apparemment, à jouer la carte sensible en flattant son égo surdimensionné, ce que fait le Juge en présentant Vollin comme le seul espoir de sa fille. Flatté, Vollin accomplit un miracle et rend sa mobilité à la demoiselle accidentée. Malheureusement, l’admirateur de Poe finit par tomber amoureux de Jean et une relation trouble se noue entre eux, accentuée, par exemple, par un ballet inspiré par le poème favori de Vollin, « Le Corbeau » sur lequel la jeune femme effectue une chorégraphie inspirée. Inquiet devant la tournure des événements, le Juge Thatcher interdit à sa fille de revoir le médecin, afin que le mariage prévu avec Halden puisse avoir lieu sans incidents.

Peu après un repris de justice recherché pour meurtre et torture, Edmond Bateman (Karloff) atterrit chez Vollin et lui demande de changer son visage par la chirurgie esthétique. Voyant le parti qu’il peut tirer de cette visite, Vollin propose au fugitif d’utiliser sa connaissance des terminaisons nerveuses pour modifier son apparence mais, en échange, le criminel devra torturer et tuer pour lui. Bateman accepte mais, pour s’assurer sa collaboration, le médecin lui donne une apparence monstrueuse et affirme qu’il lui rendra un visage normal lorsque sa vengeance sera complète. Vollin invite donc le Juge Thatcher et le docteur Halden, ainsi que Jean, dans sa propriété décorée d’éléments provenant des nouvelles de Poe, dont une reconstitution très réaliste du “puit et du pendule”...

Jolie réussite de l’épouvante, The raven s’appuie sur un poème d’une cinquantaine de vers, originellement publié en 1845. Difficile dès lors, d’en tirer un scénario de long-métrage. Rusés, les producteurs vont utiliser les écrits de Poe de manière détournée en faisant de leur principal protagoniste un médecin à demi fou fasciné par ce poème. Cette option intéressante permet de développer une classique mais plaisante histoire de vengeance dans laquelle les scénaristes peuvent greffer quelques éléments en provenance d’autres nouvelles de Poe, en particulier le dispositif de torture du « Puits et du Pendule », utilisé à bon escient pour un climax angoissant (selon les standards de l’époque du moins). Dans le rôle de cet admirateur meurtrier, Lugosi s’avère grandiose et son cabotinage éhonté constitue un élément clé dans la réussite d’un métrage non dénué d’humour noir et, parfois, à la limite de la parodie macabre.

Karloff, pour sa part, incarne un repris de justice transformé en monstre par le diabolique chirurgien décidé à prouver ses théories farfelues : « un homme horrible accomplit des actes horribles » expose, par exemple, un Lugosi en roue libre. La séquence où Karloff découvre sa difformité et détruit à coup de révolver les miroirs de la pièce sous les rires sadiques de Lugosi demeure une belle idée à l’indéniable efficacité. Si Karloff se voit offrir la tête du générique, il est ici davantage le faire valoir d’un Lugosi, lequel lui vole complètement la vedette, y compris lorsqu’il verse dans la caricature. Le plus bel exemple reste la réplique, fréquemment citée, « Poe ! You’re now avenged » hurlée par un Lugosi gesticulant et ensuite secoué par un rire voulu démoniaque. Un grand moment, complètement « over the top », involontairement drôle et par conséquent mémorable même si l’intention humoristique n’était probablement pas voulue au départ.
Les deux acteurs évoluent en outre dans un décor intéressant, entre la maison hantée du cinéma à l’ancienne et le train fantôme de fête foraine. Un lieu surchargé de référence à Poe, lesquelles vont d’un corbeau empaillé à divers instruments de torture dont une pièce aux murs mouvant qui menacent de se refermer pour écraser leurs victimes. Les pièces secrètes et autres passages dissimulés dans les murs épais de la bâtisse permettent également à Lugosi d’exercer sa vengeance savamment préparée, livrant son ennemi le juge en pâture au redoutable balancier d’une lame s’approchant lentement de son coeur. Dommage que les personnages « positifs », de leur côté, soient bien moins intéressants et développés que les « méchants » : le père concerné, la jeune fille hurlant à tout bout de champ et le fiancé beau gosse sont, hélas, de simples clichés qui épousent tous les stéréotypes du fantastique des années ’30.

Les aspects mélodramatiques pèsent, eux-aussi, sur une intrigue sauvée, paradoxalement, par sa complète absence de vraisemblance. Les rebondissements et le plan, aussi tortueux qu’absurde, imaginé par Lugosi rendent le métrage peu plausible mais, par contre, particulièrement agréable à suivre. La mise en scène de Lew Landers, spécialiste du bis (Return of the vampire) et, surtout, de la télévision, n’offre, de son côté, rien de particulier mais reste techniquement correcte et professionnelle.

Souvent mésestimé, The raven se montre pourtant une plaisante série B, rondement menée en à peine une petite heure de projection. Son scénario délirant et l’interprétation outrée de Lugosi, associée à celle plus modérée de Karloff, en font une vision conseillée pour les nostalgiques de l’épouvante de l’Age d’or.


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