Critique de film

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Rampage

"Rampage"
affiche du film

Un petit génie de lâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Rampage - Stupeur et tremblements
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique, Serial killer, Action

Réalisateur souvent (voire tout le temps) décrié, attendu à chaque tournant par ses nombreux et obstinés détracteurs, Uwe Boll semble depuis quelques temps connaître une première vraie jeunesse, ayant visiblement retrouvé une certaine virginité filmique. Cet état de fait est visible depuis son fabuleux Stoic, film le plus choquant du BIFFF 2009, qui bluffa véritablement une assistance ne demandant qu’à remettre ça près d’un an plus tard. Présenté lors de la 28ème édition du festival bruxellois, dont Boll est un grand habitué, Rampage avait en tout cas tout de son côté pour émoustiller une nouvelle fois les aficionados du cinéaste. En effet, ce dernier ne visait rien de moins que de proposer une version plus hardcore du fabuleux Bowling for Columbine. Rampage suit un petit génie de l’électronique et de la mécanique, Bill, assoiffé de vengeance par rapport à des pairs détestables, qui vit toujours chez ses parents. Un jour, il se fabrique une armure métallique ultra-résistante et un véhicule télécommandé pour commettre un massacre dans sa ville.

Depuis le succès critique de Stoic, il ne faut donc jurer de rien lors de la découverte d’une nouvelle création de Boll, mais, pourtant, celui se force dès les premières secondes à rendre son Rampage pour le moins imbuvable par l’entremise de quelques flash-forward très mal sentis. Ceux-ci, annonciateurs du massacre qui s’ensuivra, cassent donc tout le côté documentaire largement exploité par Boll dans la suite de son ensemble.

Cet aspect documentaire est d’ailleurs assez prégnant, Boll ayant visiblement la volonté d’enfin trouver une certaine crédibilité aux yeux de certains critiques. Son naturel revient malheureusement (ou heureusement, c’est selon) au galop et le cinéaste allemand donne dans le bourrin, chose qu’il maîtrise beaucoup mieux. Caméra à l’épaule complètement parkinsonienne, flou intégral lors de certaines scènes, le réalisateur fait dans le shoot’em up filmique, le gamer qui est en lui tentant de s’exprimer par l’entremise de nombreuses séquences rythmées. Malgré ces dispositions pour le moins originales et intéressantes, Rampage peine véritablement à captiver, se montrant d’une répétitivité à toute épreuve. Dès lors, hormis une séquence de bingo assez amusante (le métrage obtiendra d’ailleurs une mention spéciale lors du BIFFF 2010 pour cette scène), et le jeu plutôt convaincant de l’interprète principal, Brendan Fletcher, le film d’Uwe Boll ne parvient jamais véritablement à surprendre.

Sans pour autant verser dans le Z irréfléchi auquel il nous avait habitué voici quelques années, Uwe Boll ne parvient pas à faire décoller un film qui, pourtant aurait pu être franchement attrayant. Rampage demeure dès lors une bande regardable, si, du moins, on n’a rien contre les tressaillements de caméra, mais ne fait nullement office d’événement.


Critique de Rampage - La saison des mille morts
Par : Damien Taymans

"Si vous critiquez ce film, vous mourrez dans les jours qui suivent" pourrait constituer un solide slogan pour le cinéma d’Uwe Boll, à défaut de correspondre à celui d’un certain JJR. Et on aimerait vraiment abonder dans le sens de ces groupies hard rockeurs qui trouvent chaque nouvelle oeuvre plus fun que la précédente. D’autant que, l’an passé, sir Boll avait livré un plus que convaincant Stoic, thriller carcéral jusqu’au-boutiste dans lequel végétait un Edward Furlong sur le retour. Mais l’Allemand aime taquiner le paradoxe : nanti d’un budget confortable, il fait dans la bouse, l’étron que même Ben Kingsley se démène encore pour qu’il arrête de lui coller aux basques ; pourvu d’une somme plus raisonnable, il joue les Don Quichotte et pourfend, avec une ténacité proche du dompteur de moulins à vents, l’Oncle Sam et son hégémonisme (voir le même pas amusant Postal).

Rampage entérine un peu plus l’adage qui dit que l’avenir est un long passé. Tête de turc : l’Amérique et sa course à la compétitivité, à l’armement et à la vendetta. Scénario : des bribes de Columbine saupoudrent l’anarchie dévastatrice d’un jeu vidéo pour canardeurs en délire. Mise en scène : névrotique, saccadée voire proprement illisible. Cohérent dans sa progression et agrémenté d’un twist travaillé, Rampage fatigue par sa shaky-cam systématique et sa bande-son saturée. De ce shoot-em up cinématographique ressortent cependant quelques qualités indéniables qu’il convient de souligner. D’abord l’interprétation de l’anti-héros par Brendan Fletcher, également co-producteur de la bande, qui livre une version dramatique et touchante de l’adulescent frustré par l’inertie dans laquelle la société l’a prostré et impassible de voir crever à ses pieds de "pauvres innocents". Ensuite, un scénario fignolé qui dépasse le cadre vidéoludique dans lequel s’était cantonné Boll depuis Alone in the dark et adopte à l’inverse une structure linéaire répondant à la simple chronologie des événements. Enfin, quelques séquences décapantes dont l’une, centrale, a été saluée par le jury du BIFFF : le tueur pénètre dans un Bingo, hésite à liquider les vieillards qui s’y trouvent et ressort finalement, conscient de la lente nécrose à laquelle ils sont déjà promis.

Rampage, considéré par beaucoup comme le chef-d’oeuvre d’Uwe Boll, atteste de la maturité scénaristique et filmique du réalisateur qui se dégage de toute fioriture dialoguée (la parodie douteuse Postal) ou graphique (Far cry) pour s’intéresser en particulier au propos de son métrage et à ses personnages. Malgré une mise en scène rébarbative, Rampage suffit pour rajouter une once de crédibilité supplémentaire au bonhomme qui, incontestablement, est bien plus à sa place dans le drame social, furieux ou extrémiste, que dans les épopées temporelles des dhampires.


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