Scream queen

Raine Brown

22 mai 2009 | Par : Gore Sliclez

Pour les aficionados des sorties DVD trash signées Uncut Movies, Raine Brown n’est pas une inconnue. Souvenez-vous de Barricade, sans nul doute un des DVD les plus gore de la série réalisé par Timo Rose, autre valeureux wisigoth du cinéma de genre allemand avec Uwe Boll. Mais notre scream queen de la semaine n’est pas du tout germanique mais plutôt jolie blonde de la Côte Est des Etats-Unis. En neuf ans, la jeune actrice collectionne les rôles du cinéma d’horreur indie made in US. En témoignent, ses derniers rôles en compagnie des reines incontestées du genre que sont Misty Mundae, Nicola Fiore et Debbie Rochon qui sortiront l’année prochaine. La Reine Brown parviendra-t-elle à vous convaincre ? Nul doute en ce qui concerne ce sentiment de sympathie que l’on ressent à la lecture de cette sympathique interview que l’actrice a accepté de nous accorder en toute simplicité...

- Pourquoi vos parents vous surnommaient-ils Sarah Bernhardt durant votre enfance ? Vous connaissez d’autres grandes actrices françaises ?

Je pense que c’est surtout parce que j’étais souvent très émotive et un peu dramatique. Je pleurai avec mes grands yeux bleus ou criait avec ma grande bouche avant d’écouter les commentaires. À cette époque je prenais ça pour un compliment négatif sur mon comportement, mais maintenant je pense que c’est plutôt un compliment tout court. Je suis très complexe comme personne avec une foule de choses à exprimer, et donc à la fin ils n’osaient pas me dire tout simplement que j’étais emmerdante (rires).
En terme d’actrices françaises, j’aime beaucoup Audrey Tautou, qui est adorable et talentueuse vous ne trouvez pas ?

- Vous pouvez nous parler de la Méthode Misner que vous avez apprise à New York. Que pensiez-vous de votre nouvelle ville d’adoption ?

En fait, la première étape de la méthode est la répétition. C’est une façon particulière de faire répéter et d’absorber ce qui vous a été dit pour réellement développer votre concentration. J’ai trouvé ça chez de nombreux acteurs débutants, vous êtes soucieux de votre débit, ce que vous dites et comment vous allez le dire. Misner prend également toute l’attention portée sur votre personne et retourne cette attention vers votre partenaire. Je pense que l’absence de focalisation sur soi-même vous rend plus libre et vous êtes plus naturelle dans vos réactions parce que celles-ci ne sont justement pas planifiées. Quant à New York, je suis totalement une fille de la Côte Est. La culture, l’histoire, la philosophie…l’attitude ! J’adore les changements de saisons.

- A l’université, vous avez interprété de nombreuses héroïnes shakespeariennes comme Juliet, Ophelia, Lady MacBeth etc. C’est très loin des films d’horreur tout ça non ?

Actuellement c’est plutôt amusant en effet. Mais vous savez j’adore Shakespeare, il y a quelque chose de musical dans son langage et d’universel à travers ses personnages. C’est du drame au plus haut degré, je dis ça parce que toutes les situations de son théâtre sont la vie, la mort, l’amour et la revanche. Quelques uns des conflits les plus puissants et émotionnels qu’un acteur puisse interpréter sont dans le théâtre de Shakespeare. Et je trouve que beaucoup des films actuels se contentent plus à montrer une personne simple dans des situations de tous les jours. C’est génial et j’adore le faire. Et justement le cinéma d’horreur montre également l’acteur interpréter tous ces thèmes universels. Les histoires sont tellement puissantes et les personnages sont dans des situations ultra dramatiques mais dans un contexte quotidien. Je pense que l’expérience que j’ai eue en travaillant avec du Shakespeare m’a beaucoup aidée pour mes rôles dans les films d’horreur.

- Vous aimeriez interpréter une héroïne de Shakespeare au cinéma ?

Oh wow. Ce serait un rêve total pour moi. J’aurais tant aimé être dans le Romeo et Juliette de Baz Luhrman. Mais Kenneth Branagh est un des rares à avoir amener Shakespeare dans un cinéma populaire et à le faire apprécier. Ce serait vraiment un rêve devenu réalité…

- Une de vos premières apparitions était un rôle dans Sex and the City…

Oh ben vous savez c’était vraiment un petit rôle hein, sans dialogue mais au moins vous pouvez me voir sur l’écran (rires). C’était vraiment excitant parce que c’était une des premières choses vraiment importantes que j’ai faites dans ma carrière. C’était une très longue journée d’attente. SJ (Jessica Parker), comme elle était appelée sur le tournage si je me souviens bien, était en face de moi, et quand elle secouait ses cheveux elle sentait réellement comme une vieille lady poudrée. Ce n’est pas pour la descendre, c’était ennuyant c’est tout, problème de maquillage ou quelque chose comme ça sans doute (rires). Je me souviens aussi qu’il y avait une scène où les réals disaient que la prise était bonne mais que SJ estimait qu’il fallait la refaire. Et ils ont refait la scène ! Ce qui me reste en tête ce sont ces quidams venus assister au tournage seulement pour voir et admirer les actrices principales. Et pour le reste de l’équipe, ils nous ignoraient (moi aussi d’ailleurs) mais c’était vraiment trop toute cette foule tout le temps. J’ai détesté ce genre de travail, ce n’est pas de la performance d’acteur et cela m’a vraiment ennuyé. Ce fut d’ailleurs une des dernières fois…

- Très vite, vous avez tourné dans des films d’horreur. Vous aimiez ce genre auparavant ou bien est-ce un hasard ?

J’avais soumis mes essais et mon CV pour n’importe quel film ou théâtre et pour n’importe quel genre. Quand je fus choisie pour le casting du film « Horror », qui fut mon premier rôle du genre, c’est simplement parce que les personnes avaient vu mon travail. Et à partir de ce moment là, ces mêmes personnes ont souhaité me reprendre pour les films suivants et donc je n’ai plus rien fait d’autres. Ce n’était donc pas un plan de carrière, c’était du pur hasard, mais j’ai eu beaucoup de chance et de plaisir à travailler dans ce cinéma.

- Que pensez-vous des films d’horreur d’ailleurs ?

Je n’ai jamais été attirée par la violence et la mort. Mais si un film est bien écrit et avec de bons personnages alors je suis toujours partante pour voir ce film. Je n’ai tout simplement pas le temps pour des films d’exploitation qui n’ont pas le sens de la créativité ou de la passion du métier.

- Barricade est certainement un des plus populaires en France (via Uncut Movies). C’est un film très gore. Vous pouvez nous en parler un peu plus ? Ce fût un role très difficile pour vous ?

Oui en effet, c’était complètement fou et gore surtout. J’étais tellement surprise au début de voir combien c’était sanglant quand je l’ai vu terminé. Je veux dire par là que forcément je connaissais le script, mais c’était complètement différent de ce que j’imaginais. De plus, mon personnage se retrouve plongé dans ce gore qu’à la toute fin du film. J’ai surtout vu dans celui-ci l’histoire d’une femme qui connaît une mauvaise passe dans sa vie et va en Allemagne rencontrer un ami pour qui elle a des sentiments. Je vois plutôt cette histoire comme une histoire d’amitié qui se passe très mal. J’étais vraiment attirée par le scénario parce que mon personnage, une femme, était le vrai héros du film qui doit trouver de la force en elle qu’elle n’imaginait même pas pour se sauver, elle mais aussi son ami, tout en se battant. J’ai toujours été attirée par les personnages forts. C’était comme ça que j’ai abordé le film mais la plupart des gens ne se souciaient pas de cet aspect et ne voyaient que les effets spéciaux et le gore.

- Était-ce votre premier grand rôle dans votre carrière ?

Et bien c’était mon premier « premier rôle » c’est certain. Au-delà de ça, Barricade fut sans conteste une forte expérience pour moi grâce à ce personnage fort. Je n’aime pas trop rentrer dans un unique type de personnage parce que j’aime trop pouvoir interpréter différents types de rôles plutôt que de jouer toujours les mêmes ce n’est pas très valorisant. Je pense malheureusement que je suis déjà cataloguée comme actrice jouant que des rôles de crazy girl, pourquoi cette méchanceté (rires) ?

- Quel fut votre rôle le plus difficile justement dans votre jeune carrière ?

Ouf, je ne sais pas trop. Chaque rôle fut un challenge. Peut-être 100 Tears qui était extrêmement difficile parce que je suis vraiment devenue folle (rires). C’est marrant, il y a une scène supprimée dans ce film que je pensais être dans les bonus de la sortie DVD où je fais de la randonnée, attire un gars plutôt gras et le tue. Quand vous regardez ce film avec la scène comprise ou bien une autre scène avec le rocker que je trucide également ainsi que la scène d’automutilation, vous comprendrez que j’étais vraiment une « serial killeuse » et que j’étais presque prête à tuer ma propre mère. J’étais vraiment déçue que la scène soit coupée parce que je ne pense pas que ce soit très clair pour le public que j’étais déjà une tueuse avant de rencontrer mon père. C’était la première fois que j’interprétais une méchante qui pète complètement les plombs, sombrant dans une sorte de Wacko une fois qu’elle retrouve son père. J’adore interpréter les différentes étapes d’une psychose. Au début, je suis seulement émotionnellement perturbée mais à la fin mon personnage devient une psychopathe dangereuse. C’est si impressionnant et angoissant de jouer un personnage sans limites.

- Marcus Koch, Timo Rose, Dante Tomaselli… vous avez travaillé avec les plus populaires réalisateurs du cinéma B…

J’adore ces gars ! J’ai vraiment eu beaucoup de chance de travailler avec ces gens talentueux qui sont très passionnés. Je pense que les gens qui adorent vraiment ce qu’ils font sont plutôt positifs et artistiques et comme tout ce qui se ressemble s’attire j’étais forcément sur la même longueur d’ondes qu’eux. Je devrais encore pouvoir travailler avec eux dans le futur et continuer ainsi notre amitié.

- Parlez nous de votre collaboration avec Debbie Rochon dans “Don’t Look in the Basement !” ?

En fait nous n’avons pas encore débuté ce film mais cela devrait se faire, je l’espère, en 2010. Je viens justement de terminer un film avec elle pour la première fois en Allemagne dans Game Over de Timo Rose. Je suis très excitée d’avoir pu jouer avec elle dans ce film parce que elle est vraiment talentueuse et a tellement d’expérience. Nous avons fait quelques scènes plutôt cool ensemble. Elle est une de ces quelques Scream Queens avec lesquelles j’ai été vraiment impressionnée de travailler. Je pense que, comme moi, elle se considère d’abord comme une actrice et s’amuse beaucoup à travailler avec la nouvelle génération. Je suis impatiente de voir comment le film sera…

- Et avec Misty Mundae dans Sculpture ?

Wow, Sculpture est le film pour lequel j’ai beaucoup d’estime. J’ai eu l’occasion de regarder quelques scènes et je suis très impressionnée pour ce film incroyable et j’espère que l’ensemble du film sera à la hauteur des quelques rushs que j’ai pu voir. J’y interprète le rôle d’Ashley Steel, une artiste qui retourne dans la maison familiale pour les funérailles de son père après avoir été pendant des années abusée sexuellement et émotionnellement. Elle travaille sur un vaste projet artistique et rassemble des pièces pour créer l’homme parfait. Pendant qu’elle est chez elle, elle commence à avoir des flashbacks de son passé et commence à devenir mentalement déstabilisée. Elle a une étrange et déstabilisante relation avec son frère et avec les hommes en général d’ailleurs. Simplement, c’est un film d’horreur psychologique qui se focalise sur les dérives mentales d’une artiste qui sombre dans l’horreur au nom de l’art. C’est très beau visuellement et certains effets spéciaux sont très rock’n roll. Misty joue une amie plutôt salope qui m’encourage presque à prendre les mauvais choix. Le film commencera la tournée des festivals cet été et j’espère sortira en 2010.

- Vous êtes maintenant une des plus populaires scream queens en seulement neuf années passées dans le cinéma d’horreur. Que pensez-vous de cette courte mais riche carrière ?

Mon Dieu, seulement neuf ans ! Ça semble si long et tellement court en même temps. Je suis si heureuse, j’aime tellement ce que je fais et j’adore les personnes avec qui je travaille. Je m’amuse pleinement, le bonheur quoi !

- Comment sont les scream queens entre elles ?

Honnêtement, je reste à l’écart de tout. J’entends des choses mais je fais ce que je dois faire de mon côté, je continue à travailler avec les personnes que j’aime et qui m’aident à rester stable et positive. Je pense que quand les personnes s’attachent aux potins ou parle sur le dos des gens cela vient souvent de l’insécurité et de la jalousie. Je veux que mes films parlent d’eux-mêmes et je ne m’embarrasse pas trop à vouloir rester au milieu de tout ce monde.

- Connaissez-vous la France ? Êtes-vous déjà venue ?

Je devais venir pour la première fois cette année et ce pour une journée. C’était durant mon séjour en Angleterre en Janvier de cette année pendant le tournage de BrainCell. J’avais les tickets et devais prendre le tunnel sous la Manche pour venir passer une journée à me promener à Paris et voir les endroits célèbres de la Capitale. Mais une fois à la gare, on m’a expliqué que mes tickets n’étaient pas validés et que je ne pouvais pas partir ! J’étais tellement triste ! Je vous envoie d’ailleurs une photo où l’on me voit à la gare toute triste de ne pas pouvoir partir. Mais j’irai une fois à Paris, j’espère pour un film, et là j’y serai !!

- Quelques mots d’ailleurs pour nos lecteurs français…

Merci de lire mon interview (rires). Je viendrai un jour en France et je meurs d’envie de boire littéralement votre culture. Je suis tombée amoureuse grâce à tous les films que j’ai vu, je souhaite tant voir tout ça en vrai !

- Vos projets pour 2009 ?

Comme je l’ai dis plus tôt, je termine BrainCell et Game Over avec les talentueux Joe Zaso et Timo Rose qui sortiront l’année prochaine. Le film Beast est sorti en DVD cet été et maintenant disponible. Et puis avec ma compagnie de production RaineY DaZe Creations je suis de près la pré-production du réal Billy Garberina pour un projet dont je serai la productrice exécutive, une sorte de mix entre Mr. And Mrs. Smith et le Silence des Agneaux.

Pour en savoir plus : www.myspace.com/rainebrown

Le Portrait Chinois

Si j’étais un phénomène naturel je serais… La tempête Raine bien sûr !

Si j’étais un métal, je serais… du mercure !

Si j’étais un animal, je serais… un chat ou quelque chose qui s’y rapporte.

Si j’étais une couleur, je serais l’arc-en-ciel.

Si j’étais un être mythologique, je serais… Pandore

Si j’étais une personnalité célèbre, je serais... Angeline Jolie (elle est trop cool).

Si j’étais une activité humaine, je serais... embrasser

Si j’étais une œuvre d’art, je serais… un jeu de lumières

Si j’étais une arme, je serais… un fouet !

Si j’étais un objet, je serais... une boîte à chapeau.

Si j’étais un livre, je serais… un livre de pop-up !

Si j’étais une actrice… moi !

Si j’étais un aventurier… Tom Tykwer

Si j’étais l’héroïne d’un film… Dorothy du magicien d’Oz.

GALERIE

Commentaires

On sent bien la grosse pub et l’icônisation de la pacotille dans ses mots ;elle parle des films qu’elle fait comme de bons trucs avec une âme,des bons côtés,une certaine originalité alors qu’ils sont tous des repompes à peine assumés de gros succès de l’horreur avec masse de gore pour plaire aux fans,d’ailleurs elle regrette que les gens ne voient que ça dans des films comme Barricades mais que faudrait-il y voir d’autres ?C’est mal joué,tourné avec les pieds et la musique...je dois dire quelque chose ?Il n’y a que le gore qui tient la route,tu enlèves ça,ça a autant de consistance que de filmer un coup de vent,on a là des fanboys qui se font plaisir,pas des réalisateurs de la trempe de Carpenter,Hooper ou Craven.

Et puis elle garde un non-dit sur le fait que le milieu de l’horreur indé est pauvre et que les fioritures scénaristiques cachent mal un sacré manque de créativité et d’innovation,je parle bien de 100 tears avec ses personnages sans profondeurs,ultra-clichés,sa mise en scène bancal,son histoire reprise sur les millions de slashers gore sortis de partout et de nulle part,et d’ailleurs quand on les voit s’essayer à autre chose,on a soit de la peine soit une franche rigolade,et je cite là la scream-queen Tara Cardinal qui nous a sorti un innommable Legend of the Red Reaper(un titre de film d’horreur boiteux pour de la fantasy qui se veux épique et que même Lionsgate à refusé sous un prétexte qui malgré son manque de goût sent la politesse maladroite dans le registre du"on n’a pas voulu lui dire en face que c’était nul...")qui remonte Dungeon Siege 1 au niveau de Willow ou Thor,avec son univers en carton-pâte,sa créativité...Décapante,avec une Freya,un Ganesh des Wraith échappés de Stargate:Atlantis,ses chorégraphies molles du genoux(règle numéro 1 du film d’action/fantasy:avoir un maître d’armes,c’est la base d’une crédibilité),et je pourrais continuer longtemps,mais voila,le milieu,les techniciens,les créateurs sont hyper-sclérosés dans leurs protocoles et naviguent à vue,pas de prise de risque,pas de problèmes...

J’ai un peu divergé,mais ça m’a pris sur le coup...

Merci d’avoir lu !

P.S:koch,rose...C’est de la série B pour vous ?Vous n’avez que deux lettres dans votre barême ?

8 janvier 2015 | Par RedFlame

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