Renvoyez la censure !

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2 juin 2015 | Par : Darkness Fanzine

L’interdiction de Saw 3D aux moins de 18 ans : la fin des films gore en salles ?

Progressivement, les assauts répétés de l’Association Promouvoir devant le juge administratif lui ont permis d’imposer un durcissement des critères de classification des films en France. Après sa réussite devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris, en janvier et février 2014, afin d’obtenir des restrictions plus sévères pour les deux volumes de Nymphomaniac (2013) de Lars von Trier, le ministre interdisant le 9 mars dernier Nymphomaniac volume 1 aux mineurs de 16 ans (au lieu de 12 ans initialement), et Nymphomaniac volume 2 aux mineurs de 18 ans (au lieu de 16 ans) pour se conformer aux ordonnances du juge Heu ; Promouvoir vient d’obtenir l’annulation du visa d’exploitation du film Saw 3D : chapitre final (2010, Kevin Greutert), le Conseil d’État estimant le 11 mai 2015 que l’interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement décidée par le ministre de la Culture en 2010, était insuffisante.

Désormais en France, le sexe et la violence sont (mal)traités à égalité.

A l’instar du sexe, le Conseil d’État exige dorénavant du ministre que la violence au cinéma fasse plus systématiquement l’objet d’une interdiction aux moins de 18 ans lorsqu’elle dépasse certaines limites, comme dans le cas dans Saw 3D : chapitre final alors qu’en juillet 2013, la cour administrative d’appel de Paris avait validé l’interdiction aux moins de 16 ans du film en expliquant que « si des personnages sont soumis à des jeux et tués dans des conditions particulièrement atroces, ces scènes de très grande violence suivaient [...] les codes propres à la mise en scène des films d’horreur dits gore [...] leur caractère outrancier » permettant aux spectateurs de plus de 16 ans de relativiser « la représentation très réaliste des sévices infligés ». Un raisonnement cohérent écarté par le Conseil d’État pour lequel les « nombreuses de scènes de très grande violence, filmées avec réalisme et montrant notamment des actes répétés de torture et de barbarie » ne pouvaient conduire le ministre qu’à interdire le film à tous les mineurs. Comme au Royaume-Uni.

Le Conseil d’État désavoue une fois de plus le travail de la commission de classification des œuvres cinématographiques pourtant composée de professionnels du cinéma, de jeunes, de médecins psychiatres, de spécialistes de l’enfance et de la jeunesse, ou encore des représentants de différents ministères dont celui de la Famille.

Alors que la Commission de classification a toujours expliqué qu’elle s’efforçait de juger une œuvre dans son ensemble, que « [...] l’invraisemblance et l’aspect peu réaliste de certaines scènes, l’humour qui introduit la distance, un spectacle volontairement grandguignolesque, ce qui est d’évidence parodique ou relève manifestement du conte ou de la fable » étaient pris en compte pour la détermination d’un niveau de restriction et l’attribution d’un visa d’exploitation, la Haute juridiction semble balayer tout recul, en exigeant la plus grande sévérité à l’encontre des films comportant des scènes de « très grande violence » sans toutefois les définir.

Mais comment différencier un film de grande violence (interdit aux moins de 16 ans) d’un film de très grande violence (interdit aux moins de 18 ans) ? Difficile. En réalité, il semble que le Conseil d’État ait comparé la motivation littérale du ministre décidée pour le film Saw 3D : chapitre final avec l’article R.211-12 du Code du cinéma et de l’image animée qui prévoit l’interdiction aux moins de 18 ans pour les œuvres comportant des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence mais qui, par la manière dont elles sont filmées et la nature du thème traité ne justifient pas une inscription sur la liste des films à caractère pornographique ou incitant à la violence. Ainsi pour le juge, le libellé de l’avertissement accompagnant l’interdiction aux moins de 16 ans expliquant aux spectateurs que Saw 3D : chapitre final comporte « un grand nombre de scènes de torture particulièrement réalistes et d’une grande brutalité, voire sauvagerie » suffisait à caractériser la très grande violence du film, donc son interdiction à tous les mineurs. Si l’on suit ce raisonnement, le film Saw (2004) de James Wan, comportant des « scènes de très grande violence, sadisme, torture mentale et physique à la limite du supportable » (selon la Commission) aurait également dû être interdit aux moins de 18 ans comme des dizaines d’autres chaque année jusqu’à présent interdits aux spectateurs de 12 ou 16 ans. Une époque révolue...

Ce soir, Saw III (2006, Darren Lynn Bousman) n’est donc plus le seul film d’horreur interdit aux moins de 18 ans depuis 1981.

Avec cette décision rendue publique le 1er juin 2015, le Conseil d’État annonce le grand retour des films d’horreur interdits aux moins de 18 ans ou plutôt... la fin progressive des films d’horreur un peu trop gore ou un peu trop violents en salles et collatéralement, la mort définitive de ce type de productions déjà rares, en France.

Commentaires

Train n’est pas sorti en salles en France. Il n’a donc pas été classé par le ministre sur proposition de la Commission. L’interdiction aux mineurs que l’on trouve mentionnée notamment sur IMDb ou Wikipédia, a été décidée par l’éditeur et le distributeur du DVD en France, comme la loi de juin 1998 lui en fait l’obligation. Une situation différente de Saw 3D.

30 août 2015 | Par Darkness Fanzine

TRAIN est aussi interdit aux moins de 18 ans en France.

27 août 2015 | Par Daren

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