Critique de film

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Proies (Les)

"El Rey de la Montana"
affiche du film

Quim roule dans une région isolée, le long dâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les proies -
Par : Chroniqueurs
Tags : Survival

Par Colqhoun

Un survival montagnard espagnol, ça vous dit ? On est d’accord, la mode du survival commence gentiment à tourner en rond et les histoires de djeuns débiles qui se font pourchasser par des bouseux hardcore équipés de moult armes tranchantes a largement atteint ses limites. Néanmoins, si l’on dépasse la volonté basique de balancer de la tripaille à l’écran et de montrer des bonasses blondasses se faire charcuter par des paysans en rut, le survival, genre ultra balisé s’il en est, peut réserver de nombreuses surprises s’il est traité intelligemment. El Rey de la Montaña (Les Proies en vf, bonjour l’originalité) est clairement de cette catégorie et nous prouve une fois de plus que le cinéma de genre espagnol est en forme (et ne porte en tout cas pas le nom de Jaume Balaguero, qu’on se le dise !).

Quim (Leonardo Sbaraglia, que l’on a pu croiser dans le très bon Intacto de Juan Carlos 28 weeks later Fresnadillo) roule dans une région rurale de l’Espagne pour aller retrouver son ex-copine et tenter de la reconquérir. Alors qu’il roule dans les montagnes, il se fait tirer dessus à plusieurs reprises. Dans sa fuite, il tombe sur Bea, une jeune fille croisée quelques heures auparavant dans une station service. Malgré d’évidentes tensions entre eux, ils seront obligés de faire équipe pour fuir les balles de ce chasseur bien décidé à les éliminer comme du gibier.

Avant de continuer plus loin, il me semble important de mettre en garde le lecteur quand à la suite de ce texte et les quelques révélations qu’il pourrait contenir. En effet, difficile de ne pas parler du propos du film sans en dévoiler certains éléments-clé. Libre à vous de continuer votre lecture ou de passer votre chemin si vous désirez découvrir ce film vierge de tout commentaire.

Dès le début, El Rey de la Montaña se démarque par une réalisation classieuse et imposante, accompagnée par la musique envoûtante de David Crespo. Caméra aérienne qui écrase ses personnages dans le décor, les fait disparaître dans cet environnement sauvage. La photo rappelle les 70’s dans ses tons quasi-délavés et cette pellicule granuleuse. Sans jamais chercher à s’emballer dans l’action, le film prend son temps, se déroule lentement et impose une menace sourde qui cerne de toutes parts les deux victimes, pour, de temps à autre, basculer dans une violence brut de décoffrage. Il faut dire que le réalisateur n’en est pas à son premier coup d’essai, Les Proies étant son 3ème film. Pendant une bonne heure nous collons aux basques (la blague facile) de Quim et Bea, sans jamais comprendre les motivations de l’assaillant ni même savoir à quoi il peut ressembler. C’est alors que le film opère soudainement un changement de point de vue et nous permet alors de saisir toute l’ampleur de son propos et comprendre pleinement les choix de réalisation. Mais c’est là aussi que le bât blesse.

En effet le film se transforme alors en une sorte de grand jeu vidéo live, à mi-chemin entre le FPS (First Person Shooter) et le RPG (Role Playing Game). Le problème de cette approche est qu’elle donne au film un ton presque sentencieux. Une manière de pointer du doigt les dérives de la violence des jeux vidéos. Et même si l’on comprend bien que le réalisateur ne veut surtout pas appuyer sur cet embryon de réflexion, de par ce que l’on a vu jusque-là, le film se retrouve quasiment prisonnier de ce discours moralisateur (même si après lecture d’une interview du réalisateur on comprend bien que sa volonté n’était pas de faire de son film une attaque en règle contre les jeux-vidéos, le bonhomme étant lui-même un gamer aguerri). Pas totalement convaincant donc. Mais le travail visuel et la conclusion coup de poing permettent de minimiser cette petite erreur de parcours.

El Rey de la Montaña, en dépit d’un certain manque de rigueur scénaristique dans sa deuxième partie, reste avant tout un survival exemplaire et totalement efficace. Un film qui prend la peine de développer ses personnages avec intelligence, évitant tout manichéisme et dépeignant une lâcheté terriblement humaine (la scène qui précède le changement de point de vue fait, à ce titre, froid dans le dos). Gonzalo López-Gallego traite le genre avec beaucoup de respect et fait confiance à l’intelligence du spectateur pour mieux l’éprouver (contrairement à Jaume Balaguero, qui joue constamment au petit malin dans chacun de ses films... je sais je me répète, mais je ne comprend pas comment ce réalisateur a pu être autant mis en avant dans le renouveau espagnol). S’il y a donc bien un survival à voir cette année, il ne faudra pas se tourner en direction des USA, mais chercher plus au sud, quelque part dans les montagnes d’Espagne, où tout peut arriver.


Critique de Les proies - Un survival ibérique vénère
Par : Chroniqueurs

Par Nicore

Avec Les proies, le cinéma de genre espagnol, décidément très inspiré en ce moment, nous offre une nouvelle perle du "survival", certes minimaliste en apparence sur le fond, mais magnifiant sa forme en exploitant parfaitement les possibilités offertes par des décors naturels splendides et rendus largement menaçants, tout en réussissant à créer une réelle empathie pour des personnages réalistes. Le script suit la chasse à l’homme menée par de mystérieux snipers ayant pris pour cible en pleine forêt un jeune homme et une demoiselle rencontrée sur place. D’entrée, le métrage avance son personnage principal, Quim, un homme circulant sur une route déserte jusqu’à une station-service où il s’arrête pour faire le plein et téléphoner à sa petite amie. Là, Quim surprend une jeune femme en train de voler une barre de céréales. Jeune femme qu’il va ensuite retrouver dans les toilettes où elle s’offre facilement à lui en échange de son silence, mais en le délestant finalement de son portefeuille qu’elle a réussi à lui subtiliser. Reprenant sa route, Quim aperçoit au détour d’un virage le véhicule de sa voleuse qui s’engage sur une route secondaire et après un fatidique instant d’hésitation, il se décide à la suivre en s’engageant sur cette route montagnarde sinueuse.

La présentation du personnage principal est rapide, limitée vraiment au strict nécessaire pour ne nous communiquer que des bribes de renseignements et au contraire rapidement lancer l’intrigue puisque peu après avoir fait ce choix de quitter son itinéraire, Quim essuie un tir de carabine dont il est la cible. Une fois arrêté pour découvrir le trou causé par la balle dans l’avant de sa voiture, il voit débarquer un homme accompagné d’un chien qui sans sommation lui tirr dessus, le blessant à une jambe et ne lui laissant que le temps de repartir à bord de son véhicule pour, après quelques petites péripéties âpres participant activement à faire monter une tension qui ne quittera plus le métrage par la suite, retrouver la demoiselle de la station–service, Béa, avec qui il va tenter de fuir ce cauchemar.

Bien entendu, le métrage joue un temps du manque de confiance qui règne entre ces deux protagonistes. Quim confronté à une voleuse, tandis que Béase méfie de Quim au récit duquel elle ne croit pas un mot malgré sa blessure. Une ambiguïté relevée par cette série de situations largement précaires avec toujours cette menace diffuse de ces mystérieux individus bien décidés à "jouer" avec eux. Et le réalisateur parvient toujours à renouveler ses situations avec une aisance évidente pour certes parfois céder aux codes du genre mais en laissant toujours l’urgence dans laquelle évolue le duo de fuyards dominer les débats et maintenir en haleine le spectateur. Et ce, même si certains choix effectués par les personnages peuvent sembler pas forcément vraisemblables, sans que cela ne vienne pour autant nuire en profondeur au métrage. L’oeuvre ne nous laisse d’ailleurs pas le temps de s’appesantir sur les questions de fond, jusqu’au changement de perspective et de point de vue aussi abrupt qu’inattendu opéré aux deux tiers du film. En effet, le réalisateur va alors nous confronter aux tueurs pour alors nous inviter à prendre part à une réflexion particulière tout en abordant un dernier acte qui n’en devient qu’encore plus dramatique.

En choisissant pour personnage central cet homme tout à fait commun qui se voit confronté à des choix terribles et agit de manière parfois couarde et même lâche, le métrage réussit à impliquer facilement et durablement le spectateur qui est mis en face des errances de ce personnage complètement perdu et dépassé par les événements, rendant de la sorte chaque situation impactante et prenante, sans jamais donner l’impression de tourner en rond, alors que cela aurait pu aisément être le cas. Pour affirmer son propos, le métrage compte en outre largement sur les décors naturels forestiers de toute beauté et parfaitement mis en valeur tout en créant un sentiment de menace adapté qui colle par ailleurs au style de mise en scène adopté par le réalisateur qui fait évoluer son métrage sous une influence palpable de l’univers du jeu vidéo.

En effet, en plus de ces plans facilement identifiables en caméra subjective placée du point de vue des snipers laissant au premier plan apparaître le canon de leurs fusils, les différentes grandes étapes du métrage sont découpées par des environnements bien distincts (avec un remarquable village fantôme pour le final) faisant irrévocablement penser à des phases différentes d’un jeu vidéo "live". Un processus qui se fond sans problème dans la fluidité globale de la réalisation de l’auteur qui s’avère vive et dynamique et ne laisse jamais le moindre répit ni à ses personnages, ni donc au spectateur, avec en plus une utilisation de plans originaux adéquates (le plan d’ouverture), tout en collant de très près à l’action pour nous faire encore plus se sentir proche des protagonistes qui bénéficieront d’une interprétation convaincante, portée par un duo d’acteurs naturels et communiquant aisément leurs émotions.

Les proies maintient en haleine son spectateur sur la durée, pour le plonger dans cette aventure sans retour dramatique et périlleuse dont personne ne sort véritablement indemne, pour peu que l’on accepte le raisonnement de son auteur !


Critique de Les Proies - Délivrance vidéoludique
Par : Quentin Meignant

Alors que la péninsule ibérique colonise depuis quelques années le cœur des amateurs de cinéma de genre grâce à de glorieux cinéastes tels que Jaume Balaguero, Juan Carlos Fresnadillo ou encore Alejandro Amenabar, certains « petits » cinéastes connaissent eux aussi leur instant de gloire grâce à des bandes plutôt réjouissantes. Si l’on pense directement à Javier Gutierrez et à son fabuleux Before the Fall à la lecture de ces lignes, le nom de Gonzalo Lopez-Gallego nous revient lui aussi rapidement en mémoire grâce à son splendide Les Proies, aka El Rey de la Montana, qui, en 2007, fit une entrée remarqué dans les festivals du monde entier. Ainsi, le métrage remporte durant l’année 2008 un Méliès d’Argent au Festival du Film Fantastique d’Amsterdam, tandis qu’il empocha trois prix à la Screamfest de Los Angeles (meilleur acteur, meilleure actrice, meilleure photographie). Le film de Lopez-Gallego s’intéresse à Quim qui va rejoindre sa petite à amie dans une région reculée. En chemin, il croise Bea, une jeune voleuse qui il fait l’amour dans les toilettes d’une station service. Se rendant compte qu’il a été dépouillé par cette dernière, il se lance à sa poursuite, la suivant dans une route montagneuse. Ce détour est hélas annonciateur de bien des malheurs pour lui : il se retrouve traqué par un redoutable tueur camouflé dans la dense forêt qui l’entoure.

Basé sur une idée de Javier Gullón, Les Proies se distingue dès les premières secondes par le traitement tout particulier apporté par son réalisateur. En effet, Lopez-Gallego multiplie les gros plans, caméra au point, transformant un certain amateurisme (vue le faible budget) en un ensemble intimiste prenant son ancrage dans les sentiments des personnages. Ceux-ci se développent dès les premières secondes dans une atmosphère très réaliste, délaissant le craspeque habituel pour des œuvres de ce type (surtout dans leur déclinaison américaine). Après une séquence sensuelle particulièrement réussie, Les Proies hausse son rythme et Lopez-Gallego en profite pour tendre son « piège ».

Ce dernier est un piège à ciel ouvert à l’image de ce que Boorman avait pu faire avec Délivrance, le cinéaste s’échinant à enfermer ses personnages victimes dans un schéma aussi naturaliste que retors, l’œuvre plongeant dans l’horreur la plus crue et la plus froide possible. Tandis que les obstacles naturels se révèlent plus meurtriers que jamais, Lopez-Gallego offre petit à petit une autre dimension à ses chasseurs, les rendant de plus en plus présents et augmentant de ce fait la tension ambiante. Ce rythme connaîtra alors quelques sommets lors de diverses courses-poursuites, mais aussi durant la découverte de l’identité des tortionnaires. Cet élément instillant une nouvelle fois un véritable coup de boutoir à l’ensemble, le cinéaste transforme son exceptionnelle maîtrise naturaliste en une déclinaison exceptionnelle de jeu vidéo à la première personne par le biais de cadrages totalement originaux, rarement vus jusqu’alors au cinéma.

Innovant, Les Proies est sans aucun doute l’un des métrages ibères les plus poignants et les plus rythmés de ces dernières années, ce qui n’est pas peu dire vu le nombre de « chefs-d’œuvres » dernièrement mis sur pieds par les hispaniques. Lopez-Gallego, sur base d’un survival assez simple, parvient à dresser un tableau inventif et rythmé et démontre d’indéniables capacités filmiques. Les Proies en devient d’ailleurs instantanément une œuvre indispensable.

Commentaires sur le film

En proie au commerce.

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Entre le survival et le pamphlet sur la violence, Les Proies réussit à se démarquer gràce à des références biens exploités et un dénouement hors du commun.

Sinon, il est génial aussi Balaguero.

13 mars 2009 à 14:03 | Par Isokilla
Excellent !

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Excellent survival, haletant, qui tient en haleine de bout en bout... Simple mais efficace. Le cinéma espagnol en pleine explosion.

16 mars 2009 à 09:03 | Par misterhell
pas mal - 3,5/5

3 etoiles

Bon film. J’ai particulièrement aimé l’efficacité de la mise en place des relations psychologiques entre les deux chasseurs. En quelques mots, quelques regards, le réal exprime un rapport de force évident.
La toute fin est confuse et trop relâchée par contre.

7 juin 2014 à 08:06 | Par Aguirre

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