Critique de film

Primeval

"Primeval"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Animaux tueurs
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael Katleman
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : John D. Brancato, Michael Ferris
  • Musique : John Frizzel
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Dominic Purcell, Brooke Langton, Orlando Jones, Jurgen Prochnow
  • Récompenses : Aucune

Aux confins de la jungle africaine, un énorme crocodile mangeur d'hommes menace constamment la vie des tribus locales. En apprenant son existence, une équipe de reporters américains décide d'aller filmer cette terrifiante créature, et de la capturer vivante. Mais le producteur Tim Freeman, le caméraman Steven Johnson et leur équipe n'ont aucune idée de ce à quoi ils s'attaquent... Au coeur d'un pays ravagé par la guerre civile, le saurien s'est habitué au goût de la chair humaine, et il est devenu à présent un tueur incroyablement rusé. Traqués à la fois par les hommes et par l'animal, bien déterminés à les avoir, Tim et son équipe s'engagent dans une aventure beaucoup plus dangereuse qu'ils ne le pensaient...

Les critiques à propos de ce film

Primeval - Un véritable mangeur d’hommes
Par : Damien Taymans




Michael Kattleman est assez méconnu dans la profession. Le réalisateur n’a à son actif que de rares réalisations dans le domaine télévisuel qui font quelque peu tache sur un curriculum. Jugez plutôt : un épisode de Dawson, quelques épisodes de Smallville, un épisode de Taken. On sait à quel point les producteurs répugnent à engager des gens qui n’ont que ce cursus-là à proposer. Néanmoins, le projet voit bel et bien le jour et aura même l’occasion de pointer son nez lors de festivals fantastiques (comme celui du BIFFF)…

Présenté comme un énième film sur le sujet (la filmo des bêtes à grandes dents regorge de daubes), Primeval passe complètement à côté de sa cible et de l’abattage médiatique qui lui est réservé. Car, les publicistes, en présentant le film comme appartenant au genre horrifique, ont trompé tout le monde. Certes, il y a Gustave, ce crocodile de 9 mètres de long qui terrorise les Burundais et n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de croquer bras et jambes ou de se taper une journaliste tartare. Certes, il y a quelques scènes gores bien senties dues aux impressionnantes mâchoires du mastodonte. Mais là n’est pas le vrai sujet…

Les méfaits de Gustave et la chasse qui commence contre lui ne constituent en réalité qu’un mince arrière-plan à d’autres faits, politiques eux. Durant la majorité du film, c’est le Burundi la vraie star. Ses coutumes, ses croyances, ses guerres civiles. En fin de compte, les protagonistes ont plus à craindre de la milice autochtone que du croqueur du fleuve. Dans ce contexte, le cadre est incroyablement bien dépeint et nous en apprend énormément sur cette population mal connue. Tout est passé au crible et nous n’avons aucun mal à nous représenter cette guerre infinie entre Hutus et Tutsis.

Pourtant, là encore il y a un hic. Souhaitant sans aucun doute rendre son film plus sympathique, le réalisateur et ses scénaristes (Brancato et Ferris, aussi doués que dans leurs précédents charniers à savoir Catwoman et Terminator 3) ont agrémenté le tout d’un ton léger qui concorde mal avec les événements montrés. Rôle du bouffon vedette pour Orlando Jones qui interprète un caméraman dont toutes les répliques sont d’un humour lourdingue qui entachent fortement le sérieux du métrage et du cadre dans lequel il évolue.

Notons également quelques autres zones assez brouillonnes. Dominic Purcell (Prison break, The Gravedancers) n’a toujours pas ajusté son jeu et livre à nouveau une prestation plus que limite. Le scénario en est également pour beaucoup dans le bilan mitigé du film : des imperfections multiples qui donnent clairement l’impression qu’on prend le spectateur pour un pantin. Les balles tirées par la milice n’atteignent jamais leur cible au contraire de celles tirées par les journalistes ! Un manque de réalisme crucial qui termine d’enterrer le métrage dans les catacombes de la mémoire.

A voir pour la peinture sociologique du Burundi. Quant au reste, on ira voir ailleurs !

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