Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Les films du NIFFF 2008

13 juin 2008 | Par : Chroniqueurs

Zoom sur les films présentés au NIFFF

Par Colqhoun

Dans moins d’un mois la 8ème édition du meilleur festival de cinéma de Suisse du Monde va débuter.

L’année passée, c’était déjà l’émeute.

17 000 personnes, des dizaines de films, une ambiance de folie, un open air sous la pluie, des invités prestigieux (en vrac, Jaume Balaguero, Lucille Hadzihalilovic, Mick Garris ou encore Park Chan-Wook), des stands de bouffe du terroir, ou pas, des discussions à tort larigot à la sortie des salles, des coups de gueule, des coups de coeur, des coups de soleil, des coups de fatigue, des rencontres, des débats, des files d’attentes pour se faire dédicacer ses dvds et une quantité inimaginable de situations inoubliables.

Est-ce que l’édition 2008 fera mieux (ou pire, c’est selon le point de vue) ?

Au vu de la programmation que l’équipe d’organisation nous réserve, en connaissant les noms des invités qui seront présents (en vrac, on pourra y croiser Joe Dante, George Romero, Neil Marshall ou encore Hideo Nakata.. rien que ça !), en sachant qu’ils nous réservent des rétrospectives hautement subversives (du cul, du gore, le tout en italien), des projections spéciales qui risquent d’en faire bondir plus d’un de leur fauteuil (le déjà culte [REC], d’ores et déjà considéré comme l’un des films les plus effrayants jamais conçus), des rencontres et conférences sur les images digitales, ou encore des expositions, oui, le NIFFF 2008 a tous les atouts dans sa poche pour devenir une édition mémorable.

Cinemafantastique.be vous tiendra au courant au jour le jour des projections, des rencontres et des différents événements qui ponctueront ce festival. Et parce que ce qui nous intéresse le plus ce sont les films, voici le programme dans son intégralité... enjoy !

Compétition internationale

La compétition internationale, vitrine du cinéma fantastique actuel, qui délivrera 4 prix : Le Prix Narcisse du meilleur film, le Méliès d’argent du meilleur long métrage européen (ce qui donne ensuite la possibilité de participer à la compétition du Méliès d’Or), le Prix TSR du Public (qui assure une diffusion du film à la TSR, Télévision Suisse Romande) et enfin, le Prix Titra Film.

Cette année 12 films venant de 11 nationalités différentes seront présentés au public. Des Etats-Unis à la Suède, de la Norvège à la Macédonie en passant par le Japon, la compétition internationale sera haute en couleurs en passant du fantastique onirique au survival dégénéré sans oublier l’inévitable film de zombies.

Le jury de la compétition internationale est composé de :

Joe Dante – Réalisateur (USA), Président du jury.

Neil Marshall – Réalisateur (UK)

Xavier Gens – Réalisateur (FR)

Jens Lien – Réalisateur (NO)

Lucius Shepard – écrivain et critique de cinéma (USA)

Les films sélectionnés sont :

Astropia de Gunnar B Gudmundsson

Abonnée des pages people de la presse locale, Hildur est, en bimbo certifiée, une véritable experte en peinture sur ongles. Et c’est à peu près là que s’arrêtent ses compétences. Le jour où son fiancé Jolli est envoyé en prison, elle se rend compte qu’elle va devoir commencer à prendre sa vie en main. Absolument dépourvue d’expérience, de talents et de culture, elle est prête à abandonner sa recherche d’emploi lorsqu’elle tombe sur le magasin Astrópia, spécialisé dans les accessoires pour nerds. Elle est embauchée en tant que responsable du rayon « Jeux de rôles ». Totalement béotienne dans ce domaine, elle va être initiée par ses collègues et clients. Dès lors, sa vie va changer radicalement : adieu Paris Hilton, bonjour Xena. Le monde des Orcs et des Goblins va faire irruption dans sa vie de tous les jours... Surtout que, évadé de prison, Jolli est bien décidé à la récupérer. Le combat entre les forces du bien et du mal peut débuter... Véritable petit ovni islandais, Astrópia est une délirante comédie romantico-fantastique qui rend hommage à tous les nerds et tous les geeks du monde. Plein de personnages attachants, profitant des superbes paysages d’Islande pour mélanger le réel et l’univers de la fantasy, Astrópia est une perle à découvrir en famille.

Dance of the Dead de Gregg Bishop - USA

En général, pour tout ado normalement constitué, le bal de fin d’année est l’occasion de faire la fête, de boire plus que de raison et de conclure avec son cavalier ou sa cavalière d’un soir. Dans cette petite ville, l’édition de cette année risque d’être un peu particulière. En effet, suite à une fuite toxique provenant d’une usine nucléaire voisine, les morts qui reposent dans le cimetière local vont retrouver une nouvelle jeunesse et se rappeler au bon souvenir des vivants. Pour ces zombies affamés fraîchement réveillés, le bal de fin d’année est une bonne occasion de se taper un copieux petit-déjeuner. Les seules personnes à même de leur barrer la route sont les quelques geeks et loosers pas assez « cools » pour être invités à la fête…Entouré d’une réputation plus que flatteuse, Dance of the Dead mixe horreur, aventure et comédie avec bonheur. Energique, rythmé et fun, le film de Gregg Bishop se situe entre les univers de George « Night of the Living Dead » Romero et John « Breakfast Club » Hughes.

Diary of the Dead de George A. Romero - USA

Un groupe d’étudiants en cinéma tourne un film d’horreur mettant en scène une momie dans la forêt. Alors que le réalisateur se plaint du jeu d’acteur et des effets spéciaux, l’équipe apprend par le biais d’un flash info que des morts ont commencé à se réveiller dans la région. Sur le chemin du retour, ils sont les témoins d’un chaos généralisé. Afin d’enregistrer un témoignage de ces événements, ils décident de braquer leur caméra sur les zombies.Loin de toute contrainte et avec une totale liberté de ton, Romero réalise ici un film de mort-vivants brut de décoffrage, plongeant le spectateur au coeur de l’action. Fidèle à son habitude, il en profite pour ajouter un nouveau trait à son portrait critique de la société américaine, en se penchant cette fois-ci sur le rôle des médias. A près de 70 ans, le grand George prouve avec Diary of the Dead qu’il est toujours le Maître des zombies. George Romero sera là pour présenter son film.

Eskalofrio de Isidro Ortiz - Espagne

Affublé d’un capuchon et de lunettes noires, Santi ne supporte pas la lumière du jour, qui provoque chez lui des réactions cutanées atroces. Afin de lui assurer une existence moins marginale, sa mère l’emmène vivre dans un village reculé des montagnes. La quiétude ambiante ne tardera pas à être ébranlée, lorsqu’une escapade entre potes dans la forêt se soldera par la mort sauvage d’un des ados. Les pires soupçons s’abattront alors sur Santi. Afin de prouver son innocence, le jeune homme mettra tout en oeuvre pour débusquer cette mystérieuse créature – sorte de loup-garougollum fantomatique – qui sillonne la forêt la nuit tombée, mais que, hormis ses victimes, il semble être le seul à apercevoir. Avec ce thriller horrifique Ortiz adopte le jeu de l’ombre et de la lumière à un niveau tant esthétique que métaphorique. L’obscurité est-elle obligatoirement le repère de la monstruosité ? Dans Eskalofrío, elle est le placard des tabous du passé, qui finira par se déverser au grand jour. Glaçant.

Let the right one in de Tomas Alfredson - Suède

Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même. Pour tromper son ennui, il fait les 400 pas au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance sur les garçons de sa classe qui le maltraitent. Quand Eli s’installe avec son père dans l’immeuble d’à côté, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer. Lorsqu’une série de morts sanglantes auront lieu dans la région, l’imagination d’Oskar ne fera qu’un tour : Eli est un vampire. Leur complicité n’en pâtira pas pour autant, et deviendra même un motif de survie. Avec l’aide d’Eli, Oskar parviendra finalement à se faire respecter par ses camarades.Nous plongeant dans la froideur aseptisée de l’hiver suédois, Tomas Alfredson marie de manière surprenante un cinéma intimiste avec les codes de l’horreur et du film de vampires. Que ce soit Tobe Hooper qui déteigne sur Bergman ou Polanski qui lorgne du côté de Gus Van Sant, on ne saurait trop dire... Reste que le contraste est aussi violent que bluffant.

Manhunt de Patrick Syversen - Norvège

Durant l’été 1974, dans une ambiance camping-car et cassettophone, quatre jeunes traversent la campagne norvégienne pour un week-end dans les bois. L’ambiance à bord n’est pas au beau fixe. Entre une attitude castratrice face à sa petite amie Camilla et ses répliques méprisantes à l’égard d’un Jørgen plutôt mou du genou, Roger finira par s’attirer les foudres de Mia. L’autostoppeuse terrifiée qu’ils ont embarquée au détour d’un restoroute plutôt glauque tentera bien de leur faire comprendre que les abords de la forêt ne sont pas propices à une prise de bec. Mais en vain... Quand plus tard ils se réveilleront au son d’un cor de chasse, ligotés dans une clairière, la règle du jeu s’imposera d’elle-même : courir, et vite.Dans cette chasse à l’homme sans motif ni merci, l’atmosphère funky ne tardera pas à virer sérieusement bloody. Proposant un décor et une tension qui rappellent le Blair Witch Project, Manhunt est un slasher intense, un survival aux codes bien aiguisés, alternant cavales haletantes et coups de grâce sanglants, orchestrés par des Mac Gyver d’une perversité sans limites. En mal de sensations fortes ? Please, help yourself !

Shadows de Milcho Manchevski - Macédonie

En apparence, Lazar Petrov a tout pour lui : la santé, une belle femme, un mignon petit garçon, une superbe maison et un bon poste de médecin à l’hôpital. Sa vie va cependant changer dramatiquement lorsque, une nuit, Lazar est victime d’un grave accident de la circulation auquel il survit miraculeusement. Une fois sorti du coma, alors qu’il tente de reprendre le cours de sa vie, Lazar va commencer à croiser d’étranges personnages : une femme âgée parlant un dialecte ancien, un vieil homme accompagné d’un bébé qui ne cesse de pleurer ou encore Menka, une belle et mystérieuse jeune femme qui semble cacher un secret. Tous lui transmettent un message énigmatique : « Rendez ce qui ne vous appartient pas. Soyez respectueux »…Avec Shadows, Milcho Manchevski convie le public à un voyage fascinant aux frontières de la mort et des rêves pulsionnels. Gageons que l’univers à la fois inquiétant, sensuel et hypnotique distillé par ce film ne laissera pas les spectateurs indifférents.

Sleep Dealer de Alex Rivera – USA / Mexique

Mexico City, dans un futur proche. Les réserves d’eau sont détenues par des corporations, et les frontières sont sous contrôle aérien. Les Mexicains qui cherchent du travail sont employés comme main-d’oeuvre à bon marché dans des usines délocalisées où ils manipulent à distance des robots ouvriers pour des chantiers situés aux Etats-Unis. On suit la vie de trois jeunes bien décidés à tout mettre en oeuvre pour contrer ce « réseau ». Affublés d’un attirail SF de puces et de tuyaux fluos, les deux héros du film, une belle écrivaine et un garçon un peu paumé tout juste débarqué de sa campagne, se lancent à l’assaut des injustices sociales. Alex Rivera nous propose un film visuellement exceptionnel : dans une veine esthétique qui rappelle Alejandro Gonzalez Inarritu (Babel) ou Gillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan), il nous emmène dans un thriller cyber-altermondialiste haletant, condamnant sur son passage toutes formes d’impérialismes. Sabre laser au poing, Che Guevara serait de la partie, assurément…

Sukiyaki Western Django de Takashi Miike - Japon

Au Japon, quelques siècles après la terrible bataille de Dannoura (1185), la guerre que se livrent le clan des blancs mené par Genji et le clan des rouges mené par Kiyomori pour s’assurer la possession d’un filon d’or met un petit village à feu et à sang. Un jour, un cavalier sans nom, au passé trouble et à la gâchette agile, arrive au village. Takashi Miike accommode le western-spaghetti à la sauce soja, et parvient à un résultat immanquablement déjanté et surprenant. Tourné entièrement en anglais, dans des décors combinant une ambiance de Far-West et de Japon traditionnel, Sukiyaki Western Django est un véritable hommage au cinéma des Sergio Leone et Sergio Corbucci, comme peut l’être le Kill Bill de Tarantino à l’égard du film de Samouraï. Ce n’est donc certainement pas un hasard si l’on retrouve dans ce film Quentin Tarantino, vêtu d’un poncho et expert en six-coups…

The Cottage de Paul Andrew Williams - UK

La première partie du film pose le décor : trois crétins (l’un d’entre eux étant interprété par Andy Serkis, le Gollum du Seigneur des Anneaux) ratent le kidnapping d’une blonde irascible. Dès les premières minutes, on se plonge dans un film bourré de références, usant de la surenchère avec un art consommé et proposant une palette d’acteurs totalement déchaînés. Un film qui enthousiasmera aussi tous les amateurs de démonstrations gores et de comique slapstick. Après s’être enfuie du fameux cottage, la bimbo blonde, suivie de ses trois ravisseurs, se retrouve face à un fermier, dont le sens de l’humour doit être à peu près aussi développé que celui d’une loutre. Du thriller à l’humour noir, on bascule dans le slasher. Quelques pieds coupés, empalements, et décapitation plus tard, la question fatidique se pose : l’un d’entre eux survivra-t-il à l’aventure ? On se plonge corps et larmes dans cette farce effrayante qui mêle gags et gore dans une ambiance pince-sans-rire, 100% british

The Devil’s Game de In-Ho Yun – Corée du Sud

Jeune artiste fauché, Hee-do se voit proposer un jeu par No-shik, un vieux multimillionnaire atteint dans sa santé. Le défi consiste à composer aléatoirement un numéro de téléphone et de parier sur le sexe de la personne qui décrochera le combiné. S’il gagne, Hee-do repartira riche ; s’il perd, il devra se mettre entièrement au service de No-shik. Hee-do perd son pari et comprend qu’il risque de devoir abandonner beaucoup plus que sa liberté. En effet, No-shik a d’autres ambitions que de se servir du jeune homme comme d’un esclave personnel : après une longue opération chirurgicale, le cerveau de Hee-do est échangé contre celui du vieil homme. Habitant désormais le corps de Hee-do, No-shik retrouve beauté, jeunesse et santé. Revenant aux affaires sous ces nouveaux traits, il se rapproche de la fiancée de Hee-do. Se voyant quant à lui prisonnier de l’enveloppe charnelle vieillissante de No-shik, ce dernier va tout faire pour regagner son corps et sa personnalité...Avec un concept proche du Face/Off de John Woo, The Devil’s Game permet de retrouver face à face Shin Ho-gyun (JSA (2000), Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Save the Green Planet (2003), No Mercy for the Rude (2006)) dans le rôle de Hee-do et Byeon Hee-bong (Memories of Murder (2003), Crying Fist (2005), The Host (2006)) dans celui de No-shik.

Tokyo ! De Bong Joon-Ho, Léos Carax et Michel Gondry - France

Librement inspiré de Tokyo et tourné au coeur de la ville, le film se déploie en un triptyque poétique et décalé, signé Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-ho. Dans Interior Design, un jeune couple projette de s’installer à Tokyo. À côté de son petit ami ambitieux et débordant d’énergie créatrice, une jeune femme en perte de repères retrouvera un sens à son existence après s’être métamorphosée… en chaise ! L’auteur de La science des rêves (2006) prouve une fois de plus sa maîtrise des codes du surréalisme. Absent des écrans depuis Pola X (1999) et pourtant légendaire depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991), Léos Carax revient quant à lui avec une contribution déjantée et grassement subversive, interprétée par son comédien emblématique, Denis Lavant. Personnage loufoque et quasimodesque, Merde défraye la chronique par la terreur qu’il inflige aux passants. Le tapage médiatique se muera en véritable traque, le jour où le monstre balancera à tout va les grenades dénichées dans les égouts où il a élu domicile. Présent au NIFFF 2007 avec l’époustouflant The Host (2006), Bong Joon-ho clôt la série avec une fable SF intitulée Shaking Tokyo. Dans une ville secouée par des tremblements de terre, un hikikomori (vivant reclus de la société) s’éprend de la jeune livreuse de pizzas qui s’évanouit chez lui. S’il compte la revoir, ce ne sera pas sans efforts. Une critique sociale tragicomique qui, à l’image de tout l’opus, saura séduire les fans de genre tout en tirant sur la corde 68arde avec une légèreté bienvenue.

Compétition européenne

Films en compétition pour le Méliès d’Argent : Astropia, Eskalofrio, Let the Right one in, The Cottage, Shadows et Manhunt.

Jury Méliès (meilleur film fantastique européen)

Veronika Grob (CH) – Chargée de programme films et série à la SF (Schweizer Fernsehen)

Annette Scharnberg (CH) – Journaliste culture et cinéma à la Basler Zeitung

Max Ruedlinger (CH) - Acteur

Compétition asiatique

La compétition asiatique, New Cinema from Asia, avant-garde de la création venue d’Asie, qui délivrera 3 prix. Le Prix Mad Movies du meilleur film asiatique, le Prix TSR du Public et le Prix Titra Film.

Les films sélectionnés sont :

13 Beloved de Chukiat Sakveerakul - Thailand

En peu de temps, Puchit perd tout : femme, travail, voiture. A bout, il reçoit un téléphone providentiel. Son interlocuteur lui promet en effet une grosse récompense s’il parvient à relever une épreuve simple : écraser une mouche. Défi relevé sans problème par Puchit. Nouvel appel : son interlocuteur lui propose d’augmenter son gain en avalant la mouche qu’il vient de tuer. Intrigué par ce correspondant qui semble tout connaître de lui, Puchit se laisse prendre au jeu et va tenter de relever des défis de plus en plus extrêmes et illégaux...Produit par le réalisateur de Ong Bak (2003), 13 Beloved est adapté d’une bande dessinée thaï. Son ambiance, à la fois déjantée, comique et teintée d’un regard critique, a déjà conquis les publics de nombreux festivals.

A Drift in Tokyo de Miki Satoshi - Japon

Éternel étudiant, endetté jusqu’au cou, Fumiya se complaît dans une vie rythmée par la fumette et les coups de poker. Fukuhara débarque un soir par surprise et lui impose un ultimatum de trois jours pour rembourser ses dettes, avant d’évoquer une alternative : s’il l’accompagne à pied jusqu’au quartier de Kasumigaseki où se trouve le poste de police, il lui offre un million. Avec ce road-trip parsemé de rencontres improbables, Satoshi Miki nous propose une tragicomédie légère et cocasse, à travers un Tokyo filmé avec une intimité inégalée. Il nous offre également une belle palette d’acteurs, avec la star pan-asiatique Joe Odagiri et l’acteur culte Ittoku Kishibe, déguisé pour l’occasion en homme oiseau complètement loufoque…

An Empress and the Warriors de Tony Ching Siu-tung – Hong Kong

Alliant drame, romance et scènes de combat, An Empress and the Warriors a toute la saveur des films de cape et d’épée comme Crouching Tiger, Hidden Dragon (2000) ou Hero, présenté au NIFFF en 2003. La trame de ce film épique reste fidèle au genre : la princesse Yen Feier s’abandonnera-t-elle aux bras du jeune druide qui l’a soignée dans la forêt – sacrifiant le royaume à des mains corrompues – ou se laissera-t-elle guider sur le trône par le général de l’armée du Yan (grandiose Donnie Yen Ji-dan) ? Un dilemme cornélien qui sera résolu à grands renforts de violons, d’effets spéciaux et de chorégraphies de combats. Dans ce Robin des Bois à la sauce asiatique, tout, mais absolument tout est mis en oeuvre pour garantir un spectacle époustouflant.

CJ7 de Stephen Show – Hong Kong

Chow Ti (Stephen Chow) est un modeste ouvrier qui vit seul avec son fils Dicky. Ils ne roulent pas sur l’or et Chow Ti met de côté la plupart de son maigre salaire afin de pouvoir payer une bonne éduction à son fils. De son côté, Dicky est fréquemment la risée de ses camarades plus riches. Un jour, Chow Ti trouve un étrange globe vert dans une décharge. Il en fait cadeau à Dicky en lui expliquant qu’il s’agit d’un tout nouveau jouet. Durant la nuit, le globe se transforme en un mignon extra-terrestre qui va changer sa vie.A la fois dramatique et drôle, le nouvel opus de Stephen Chow (Shaolin Soccer, Kung Fu Hustle) poursuit le touchant portrait des gens modestes qu’affectionne le réalisateur en y donnant une touche de surnaturel et de folie dont il a le secret.

Kala : Dead Time de Joko Anwar - Indonésie

Jeune flic qui a le vent en poupe, Eros se lance à corps perdu dans la résolution d’une sinistre affaire de cadavres carbonisés. Le cas intéresse également Janus, un reporter narcoleptique qui tente ainsi de regagner la confiance de son boss et l’amour de son épouse. Des événements surnaturels leur feront comprendre qu’ils n’en sortiront pas vivants les deux…Baigné au cinéma américain et ancien critique de film, Joko Anwar fait appel au film noir, dont il ébranle progressivement la trame en y introduisant des éléments fantastiques inspirés d’une légende indonésienne ancestrale. Critique sociale en toile de fond, Kala se déguste comme un thriller à l’ambiance rétro-kitsch, riche en rebondissements musclés.

Om Shanti Om de Farah Khan - Inde

Dans le Bombay des 70s, un sympathique nigaud rêve de cinéma et d’une magnifique actrice. Lors d’un tournage, il découvre un secret qui lui coutera la vie et transformera son karma. C’est dans une autre existence, 30 ans plus tard, qu’il règlera ses comptes... Au diapason de ce scénario rocambolesque, tout ici est délicieusement excessif : les chorégraphies, le jeu des acteurs, les costumes et le casting (une étourdissante parade de guest-stars emmenés par Shah Rukh Khan, l’inénarrable « King of Bollywood »). Mais cette démesure s’appuie le plus souvent sur un mode parodique. Om Shanti Om épingle ainsi joyeusement les conventions esthétiques du Bollywood contemporain, tout en rendant un bel hommage à l’âge d’or des studios.

Sick Nurses de Sirivivat Thospol et Piraphan Laoyont - Thailand

Il s’en passe de belles à l’hôpital. Un groupe d’infirmières délurées et un médecin complaisant ont mis au point un commerce lucratif : ils revendent au plus offrant les corps des patients morts dans l’établissement. De plus, les infirmières sont toutes folles du médecin et les services de nuits sont partagés entre batifolages et crêpages de chignon. Une nuit, les infirmières tuent l’une d’entre elles par jalousie et conservent son corps afin de le revendre. Revanchard, l’esprit maléfique de la défunte va revenir hanter les couloirs de l’hôpital et tourmenter tout ce petit monde de la plus horrible des manières. Variation sexy-gore sur le thème de la vengeance d’outre-tombe, Sick Nurses est un de ces films délirants dont le cinéma thaïlandais a le secret.

Sparrow de Johnnie To – Hong Kong

A Hong Kong, un « sparrow » (moineau) est un pickpocket dont la dextérité lui permet de « s’envoler » dès son forfait accompli. Kei et ses trois acolytes se sont fait une spécialité de cet art. Lorsqu’il ne « travaille » pas, Kei parcourt les rues de Hong Kong afin de prendre des photos. C’est ainsi qu’il rencontre Chun Li, une femme ravissante, dont il tombe immédiatement amoureux. Individuellement, ses trois compères vont aussi faire connaissance de Chun Li, avec le même résultat. Ces rencontres ne sont pas le fruit du hasard : la jeune femme nourrit des projets pour lesquels les talents de Kei et de sa bande lui seront très utiles.Avec Sparrow, Johnnie To (The Mission, Breaking News, Election 1 et 2) cisèle en véritable orfèvre une comédie policière de grande classe.

Zombie from Banana Village - Malaisie

La petite communauté de Kampung Pisang (littéralement village Banane) coule une existence tranquille jusqu’au jour où Pak Abu, un notable religieux, passe soudainement de vie à trépas. Venu se recueillir sur la dépouille de Pak Abu, le chef du village tombe raide mort à son tour. D’autres décès inexpliqués suivent bientôt. Le village est pris d’inquiétude, d’autant plus que les corps disparaissent pour revenir sous forme de zombies. Dans la communauté, on cherche des coupables : serait-ce la nourriture du troquet du coin ? Morts-vivants potentiels, les clients de cet établissement sont séparés des autres, et c’est le branle-bas de combat pour se protéger des revenants qui s’organisent… Grand succès dans son pays, ce premier film de zombie malais constitue une curiosité à découvrir.

Pour plus d’informations concernant le programme et les festivités, rendez-vous sur le site du festival...

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Damien Taymans

Enseignant en français, cinéphile complet, passionné de films de genre. Véritable touche-à-tout en matière de cinéma.

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