Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Depuis la nuit des temps, PREMUTOS le premier ange déchu des cieux, s'efforce de rendre la vie sur terre aussi horrible que possible. Véritable incarnation du mal, PREMUTOS a le pouvoir de ramener les morts à la vie et ainsi aidé par une armée rongée par la pourriture, il fait couler le sang et sème la terreur à travers les siècles... De nos jours, PREMUTOS n'est plus qu'un mauvais souvenir. Toutefois, le jeune Matthias est depuis peu hanté par des visions cauchemardesques qui lui font découvrir la légende sanglante de PREMUTOS. Fasciné par le fruit de sa découverte, il ne réalise pas que PREMUTOS le manipule afin d'organiser son retour d'entre les morts. L'horreur va se déchaîner à son paroxysme entraînant Matthias et son entourage dans un tourbillon de sang où la seule issue possible est la mort !
Regarder un Olaf Ittenbach est toujours une expérience particulière. Pour cause, sur l’ensemble de sa carrière, le Teuton qui avec ses comparses Andreas Schnaas et Timo Rose représentent la nouvelle vague horrifique germanique, n’a jamais réalisé un film un tant soit peu crédible, préférant empiler les personnages comme d’autres enfilent les perles et leur proposer une vidange d’hémoglobine. Premutos ne fait pas exception à la règle.
Tout y passe : viscères éclatées, têtes explosées, mâchoires arrachées, burnes détachées, effusions de sang et de vomi, l’apanage complet du splatter décérébré dont le seul objectif est de repeindre les studios à l’aide de gros rouge qui tache. Ce qui permet au film de se tailler une sacrée réputation de recordman en terme de bodycount (139 corps sont charcutés pour le besoin de la cause) et de se voir qualifié de plus gore que Braindead de Peter Jackson (pour une durée d’1h40, cela représente une éjac’ sanguine toutes les 40 secondes).
La filiation n’est d’ailleurs pas innocente. Ittenbach dépense énormément d’énergie à tenter de surclasser l’oeuvre-référence de Jackson, concoctant une multitude d’exécutions qui permettent au spectateur abreuvé, enfant, à Il était une fois la vie de revisiter l’intégralité du corps humain. Pour rivaliser avec le mètre-étalon néo-zélandais, le Boche se casse la caboche et agrémente sa pellicule d’une série de situations cocasses : masturbation d’un représentant de l’Eglise, éclatement des coucougnettes lors d’un match de football et même, pour les adorateurs de matières synthétiques, une scène de domination menée par une donzelle toute de latex vêtue.
En dépit de ces efforts, Premutos ne décolle jamais réellement. La faute à un scénario rébarbatif qui recycle continuellement les mêmes
scènes, essentiellement lors de la deuxième partie de l’oeuvre. Dès que surviennent les invités lourdingues, le film bogue et se montre incapable de faire progresser d’un iota son histoire déjà abracadabrante : Ittenbach, afin de doter son démon Premutos de davantage de lustre, envoie son héros visiter ses vies antérieures pour y découvrir qu’il fut le rejeton de l’ange déchu en question et qu’il porte toujours en lui les germes de la malédiction. Du Moyen Age en pleine forêt bavaroise à l’URSS de la seconde guerre mondiale, le jeune homme transite à travers le temps et l’espace et devient le témoin des exactions de son alter ego millénaire.
Une expédition qui, si elle ne présente aucune utilité au sein de l’intrigue, permet au spectateur de reprendre son souffle et de s’extirper l’espace de quelques secondes de ce jeu du massacre relativement barbant. L’objectif, en termes de body count, est largement atteint. Pour ce qui est de la forme, Ittenbach, recalé !
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