Critique de film

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Plombier (Le)

"The Plumber"
affiche du film

Une universitaire brillante, mais peu adaptée aux réalités du monde moderne, reçoit un plombier venu faire quelques travaux dans sa salle de bains. De plus en plus envahissant, il finit par s'installer chez elle. Face à cet homme étrange et menaçant, elle se révèle terriblement vulnérable. Angoisse, terreur, solitude : le cauchemar va durer près d'une semaine...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Plombier - Faites comme chez vous !
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique

Peter Weir est connu des cinéphiles contemporains pour avoir proposé à un large public les excellents Thruman Show et Master and Commander. Néanmoins, c’est dans un tout autre genre et à une toute autre époque que s’est tout d’abord distingué le réal australien. En effet, aux prémices de sa carrière, ce dernier se livra à quelques élucubrations fantastiques originales qui le rendirent célèbre. Après l’insolite Les voitures qui ont mangé Paris qui révélèrent toute l’originalité de son travail, Weir remporta un franc succès avec le très stylé et envoûtant Pique-nique à Hanging Rock. Porté aux sommets du box-office australien et encensé par la critique internationale, le cinéaste des antipodes s’attela alors à La dernière vague qui constitua la confirmation de son indiscutable talent. Deux ans plus tard, en 1979, il revint une dernière fois au cinéma de genre pour proposer un téléfilm intitulé Le plombier, retour en arrière qui prouvait une fois de plus son humilité. Car Peter Weir est avant tout un artiste aimant travailler l’image, que cela soit pour le grand écran ou la petite lucarne, fait estimable à lui seul. Produit par la Channel Nine, Le plombier narre l’histoire d’une universitaire brillante, peu adaptée aux réalités du monde moderne, qui reçoit un plombier venu faire quelques travaux dans sa salle de bains. De plus en plus envahissant, il finit par s’installer chez elle. Face à cet homme étrange et menaçant, elle se révèle terriblement vulnérable. Angoisse, terreur, solitude : le cauchemar va durer près d’une semaine...

Alors que l’on ne trouve nulle trace des éléments qui avaient fait le succès du cinéaste par le passé, ce dernier surprend d’emblée. Malgré un pitch plus commun et urbain que d’habitude, ce dernier parvient tout de même à donner la touche culturelle qui enchante en temps normal ses films. Les personnages principaux étant de fervents défenseurs de la cause aborigène, Weir se laisse aller à quelques séquences documentaires et à l’explication d’un poignée de rites, donnant par la même occasion de la profondeur au propos. Mieux encore, la discrimination envers les « sauvages » est mise en parallèle avec celle, bien plus courante de nos jours, des petites gens et prolétaires en tous genres. Dès lors, le discours de la jeune savante s’avère être en porte-à-faux avec ce qu’elle pense d’une société actuelle qu’elle ne connaît guère mieux que celle de ses ancêtres. Agissant comme un miroir (ou un boomerang, au pays des kangourous, c’est mieux !), le scénario critique de manière très fine le capitalisme et ses intervenants, aussi innocents soient-ils.

Mais bien au-delà de ces caractéristiques intellectualistes, Le Plombier est un modèle de montée en puissance de la tension. Par des gros plans révélateurs et par la mise en lumière de l’impeccable jeu de Judy Morris et d’Ivar Kants, Peter Weir révèle chaque élément de l’évolution psychologique de ses personnages. Ces révélations allant de pair avec une musique évoluant tout doucement vers le capharnaüm sonore le plus total, l’ensemble prend des allures de cauchemar. Malgré un caractère inégal assez troublant, l’œuvre prend donc aux tripes et dirige le spectateur tout droit vers ce qu’il entend être l’explosion finale. Malheureusement, Weir, qui avait si bien fait monter la pression jusque-là, dégonfle son œuvre, comme on le ferait d’un ballon de baudruche, en procédant à un final d’une platitude extrême, démentant ainsi toute l’exquise tension présente dans le film.

Plongée dans la folie extrême tout un temps, l’œuvre déprécie fortement avec cette clôture à peine avouable. Néanmoins, Peter Weir signe avec Le Plombier un téléfilm assez remarquable que pour être découvert. Loin de la profondeur et de la bizarrerie de ses autres métrages, il n’en reste pas moins un spectacle exquis, tant sur le fond que sur la forme.

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