Critique de film

Planète Terreur

"Grindhouse: Planet Terror"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Morts-vivants
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Rodriguez
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Robert Rodriguez
  • Musique : Graeme Revell, Carl Thiel
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Marley Shelton, Josh Brolin, Tom Savini, Quentin Tarantino
  • Récompenses : Fantastic's Award du Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur film de zombies 2007

Dans une petite ville, William et Dakota Block, un couple de médecins, constatent que leurs patients sont soudain frappés par la gangrène et affectés par un regard vide et inquiétant... De son côté, Cherry, go-go danseuse, s'est fait arracher la jambe lors d'une attaque. Wray, son ex-petit copain, veille sur elle. Mais Cherry a beau être au plus mal, elle n'a pas dit son dernier mot. Tandis que les malades se multiplient et deviennent des agresseurs enragés, Cherry et Wray prennent la tête d'une armée destinée à empêcher l'épidémie de se propager. Si des millions d'individus sont contaminés et beaucoup succombent, une poignée d'entre eux se battront jusqu'au bout pour se réfugier dans un lieu sûr...

Les critiques à propos de ce film

Planète terreur - Jouissif !
Par : Chroniqueurs


Planet Terror, le second segment du dyptique déjanté "Grindhouse" réalisé par Robert Rodriguez : une petite ville de l’ouest est ravagée par des zombies. Une femme avec un fusil à la place de la jambe et son petit copain karatéka vont essayer de les repousser...

Fortement échaudé par le massacre du projet "Grindhouse" qui fut divisé en deux films pour contrebalancer l’échec du film sur le marché U.S, et relativement déçu par l’opus tarantininen, je nourrissais quelques craintes quant au film de Robert Rodriguez. Mais revenons un instant à la génèse du projet ... Proposons le même sujet d’activité artistique à deux élèves que tout oppose ou presque : Quentin Tarantino, le premier de la classe chahuteur, et Robert Rodriguez, le gentil cancre rigolard. Pour la première fois, les consignes identiques : rendre hommage au cinéma de genre des années 70, et plus précisémment les séries B à Z. On nous répondra que c’est un peu ce que Tarantino et Rodriguez n’ont jamais cessé de faire depuis leurs débuts. Peu de cinéphiles auraient douté de l’issue du duel : le réalisateur de Pulp fiction vainqueur par K.O. sur celui de Spy kids. Erreur sur toute la ligne, cette fois le trublion triomphe, gagnant par chaos.

Avec Planet terror, Robert Rodriguez prouve qu’à trop vouloir jouer le hors-sujet et le métalangage, on ne touche pas toujours au génie, et que le bon devoir appliqué est parfois supérieur aux errances verbeuses du premier de la classe. Oui, la bombe gore, fun et décérébrée de Robert défonce sévèrement la mâchoire du serial killer mou du bulbe de Death proof. Non seulement on retrouve ici ce qui manquait au film de Tarantino : les bombasses en petites tenues sont plus fouillées donc plus accrocheuses, certains dialogues sont délicieux (cf la scène du bar entre Mc Gowan et Rodriguez), les références sont mieux amenées (cf le clin d’oeil à Body double lors du carnage à l’hôpital), l’interprétation outrancière des comédiens passe ici parfaitement. Mais surtout, Rodriguez frappe fort. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Sexe, gore et sales blagues s’étalent sur 1h45, en ne ménageant que quelques temps morts qui font finalement partie de l’hommage (qui ne s’est jamais ennuyé une seule seconde devant un film de morts-vivants ?). Bimbos prêtes au carnage, canardeur tatoué et indestructible , vieux barroudeurs à tous les étages (Michael Biehn, Josh Brolin, Tom Savini, Bruce Willis en inévitable guest star), le cahier des charges est respecté à la lettre. Si dans son déroulement Planet terror ne surprend pas, ce n’est d’ailleurs pas le but, c’est dans sa radicalité et sa générosité qu’il séduit totalement. Rodriguez ne se prive de rien, exagère tout et (nous) s’éclate à chaque plan.

Visuellement, le film de Rodriguez s’inscrit dans la lignée de Death proof. Le réalisateur triture l’image, sature/désature les couleurs, joue sur les sautes d’images et les coupes ratées, abîme les plans, et se permet même de faire disparaître une bobine complète. Non décidément, ce qui différencie les deux films de ce feu projet "Grindhouse", c’est que là où Tarantino à pris le parti de livrer un hommage pédant aux films de genre de ce courant artistique (?), Rodriguez en a quant à lui carrément filmé un. Quitte à s’attaquer à ce genre, pourquoi faire semblant ? Alors il y est allé, et à fond ! Tous les clichés sont là : scénario très limité alllié à des incohérences visuelles, le shériff responsable mais borné, le héros aux capacités étonnantes, les scènes de combat à arme blanche, dialogues foireux et situations cocasses, l’adjoint au shériff débile, de l’émotion ratée, etc .... Film instantanément culte, d’abord par son aspect bordélique et ensuite par son charme déjanté , Planet terror s’affirme comme un des sommets de son réalisateur. Il faut bien sûr ajouter la performance excellente de Rose McGowan, avec mention spéciale à Marley Shelton qui ne manque jamais de voler la vedette.

On obtient un grand délire festif qui allie clichés et innovations pour ne garder que le meilleur, à l’image de la bande-annonce de ce Machete qu’on vous laisse découvrir en avant programme. Vous l’aurez compris, à la différence de Tarantino, Rodriguez ne se regarde pas le nombril et ne se prend pas au sérieux. Il nous livre un film totalement jouissif, qui n’est pas loin de nous rappeler son démentiel Une nuit en enfer. D’ailleurs, dans le genre exercice de style, et si c’était ce dernier le véritable "Grindhouse ?


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage