Critique de film

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Part des Ténèbres (La)

"The Dark Half"
affiche du film

Thad vit parfaitement heureux, et écrit même, sous un pseudonyme, des livres à succès ultra-violents qui lui permettent d'arrondir ses fins de mois. Jusqu'au jour où il décide d'éliminer son héros imaginaire pour s'attaquer a une littérature plus sérieuse. Mais la créature se rebiffe, prend vie et commence a semer la terreur.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La Part des ténèbres - Pas la plus belle part...
Par : Damien Taymans
Tags : Stephen King, Psychologique

Après une série de collaborations avortées entre Stephen King et George Romero (puisque le réalisateur a été raccroché aux projets de Simetierre et du Fléau), La Part des Ténèbres est l’unique collaboration entre les deux amis qui soit une adaptation d’un roman du maître de l’épouvante. Certes, onze ans auparavant, les comparses ont travaillé ensemble pour Creepshow mais les historiettes qui le composaient ne figuraient pas dans les recueils de King puisqu’elles ont été rédigées dans l’esprit des comic novels.

Accouchement dans la douleur que celui du présent métrage. Une boîte de production qui connaît la faillite et presse Romero de terminer le film dans les plus brefs délais, ne pouvant plus assumer les frais consécutifs à l’élaboration de l’œuvre. Terminé à la hâte, monté à la va-vite, La Part des ténèbres a beau avoir bénéficié de deux grands noms à la conception, il n’empêche que le résultat final, pour agréable qu’il soit, n’en porte pas moins les traces de ce bâclage rudimentaire ne serait-ce que dans son équilibrage scénaristique.

La thématique abordée est chère à l’écrivain : un romancier est hanté par son autre lui-même et se voit contraint de continuer à écrire des romans qu’il abhorre et qu’il ne reconnaît pas comme siens. Pour faire court, La Part des ténèbres (traduction honorable du titre anglais The Dark Half) consiste en une sorte de mix entre Misery et Shining. Le romancier Thad Beaumont, à l’instar du King écrivant sous le pseudonyme de Richard Bachman, est miné par une autre face de lui-même. Deux êtres, deux écrivains, deux styles : Beaumont est un intellectuel introverti adoré des critiques et renié par le public, George Stark est un rustre extraverti plébiscité par des générations de lecteurs. Un point de vue résumé par l’éditeur des deux romanciers : « Je lis du George Stark parce que j’adore ça, je lis du Thad Beaumont parce que c’est mon boulot ». A l’instar du Jack Torrance de Shining, Beaumont présente tous les aspects de la schizophrénie puisqu’il arbore deux apparences distinctes (bien que la caractérisation du personnage soit plus fine ici étant donné que le pendant négatif de Beaumont n’existe et ne subsiste que par sa plume). Et comme le Paul Sheldon de Misery, Beaumont est un écrivain qui déteste ce qui l’a rendu célèbre, ce personnage qu’il a créé est tout heureux de s’en débarrasser une fois pour toutes. Misery, Alexis Machine, même combat. Pourtant, Sheldon comme Beaumont se retrouvent placés au pilori, torturés par ce qu’ils ont eux-mêmes créé : Sheldon, une groupie névrotique, Beaumont, un romancier qui ne recule devant rien.

Démarrant sur les chapeaux de roue, le métrage attise l’attention du spectateur en lui assénant coup sur coup deux crises de la part du Thad enfant, des invasions de passereaux à n’en plus finir et une opération chirurgicale aussi gore que sympa. Ensuite ? Un terrain vague parsemé çà et là de quelques scènes agréables. A part les quelques meurtres expédiés rapidement, le reste du métrage devient un no man’s land où rien de bien jouissif ne se produit. Circulez, y a rien à voir pourrait haranguer le shérif Alan Pangborne devant l’étendue des dégâts. Effectivement, Romero s’entête à nous faire suivre alternativement la vie de Beaumont et les assauts de Stark sans que celui-ci ne soit réellement dévoilé. Fantôme potentiel, ombre de l’écrivain, Stark dote le métrage de son ton grossier qui procure une pincée d’exotisme bienvenue. Et le métrage de convoler lentement vers un final assez rébarbatif et trop flou pour être honnête.

On peut attendre davantage d’une transposition romerienne d’une œuvre kingienne. Artistiquement correcte mais mal équilibrée et peu jouissive, La Part des ténèbres réveille en nous deux types de personnalités : l’une, optimiste, qui a cru au chef-d’œuvre, l’autre, dépressive, qui a bien du mal à se sortir de l’échec.

Commentaires sur le film

1 etoiles

daube Daube !

Pas de quoi rester accroché à son fauteuil.Il y a de quoi faire une ou deux visites au réfrigérateur en attendant que ca se passe.

15 septembre 2010 à 21:09 | Par Le naif

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