Critique de film

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Paroxismus

"Paroxismus"
affiche du film

Jimmy Logan est un trompettiste de jazz victime de la drogue, en pleine crise d'inspiration. Un matin, sur une plage déserte, il découvre le corps inanimé d'une jeune noyée. Celle-ci a en fait été assassinée après avoir été livrée à une bande de sadiques. Le spectre de la noyée se met à obséder Jimmy nuit et jour au point que celle-ci se matérialise dans le but de se servir de lui pour accomplir une terrible vengeance...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Venus in furs - Venus nue
Par : Fred Pizzoferrato

A la fin des années ’60, Jésus Franco imagine un récit de fantôme « à la Japonaise », une de ces histoires classiques au cours desquelles un homme tombe amoureux d’une inconnue pour se rendre compte, un peu plus tard, qu’il s’agit d’un fantôme. Selon la légende, les bases de l’intrigue proviennent d’une conversation entre le réalisateur et le jazzman Chet Baker, lequel affirmait être transporté dans une sorte de « monde parallèle » lorsqu’il jouait ses solos de trompette.

Franco propose cette idée, alors baptisée « Black Angel », à son producteur Harry Alan Tower qui n’y accroche pas vraiment et subodore un échec commercial. Cependant, frustré de n’avoir pas produit une adaptation du roman « Venus in furs » de Sacher Masoch, le rusé Tower demande à Franco de remanier son scénario afin d’y inclure davantage d’érotisme, accompagné de vagues allusions sadomasochistes. Le résultat, n’ayant pourtant aucun rapport avec Masoch, sort finalement sous le titre de Venus in furs afin de concurrencer le long-métrage de Massimo Dallamano qui porte le même titre à l’international. Pour éviter la colère d’un public qui pourrait se sentir floué, le film inclut néanmoins une femme spectrale, souvent dévêtue mais portant un manteau de fourrure blanche. Une chanteuse se charge également de ponctuer l’action en interprétant une étrange composition funky dont les paroles, répétées à l’envi, sont « Venus in furs will be smiling ».

L’intrigue, éclatée et pas toujours aisée à suivre étant donné le mélange constant entre la réalité, les fantasmes et les rêveries, se centre sur un trompettiste de jazz, Jimmy. A Istanbul, il découvre, en marchant sur la plage, le cadavre d’une jeune femme, Wanda Reed, qu’il avait précédemment aperçu lors d’une soirée. A cette occasion, Wanda avait été violentée par trois personnes puis soumise à diverses humiliations et brutalités. Jimmy n’était pas intervenu. Quelques temps plus tard, à Rio, Jimmy retrouve Wanda, à présent bien vivante…à moins qu’elle soit revenue de la mort pour se venger de ses meurtriers.

Plus que tout autre cinéaste « bis », Jésus Franco a inspiré, depuis une quarantaine d’années, un mélange de fascination et de rejet à de nombreux cinéphiles. Porté aux nues par un petit groupe de fans fidèles (le responsable de la cinémathèque française voit en lui un réalisateur aussi important que Godard) et considéré comme un horrible tâcheron par ses détracteurs, Franco a toujours divisé, d’autant que la cohérence de son œuvre et son statut d’auteur restent sujet à caution. Avec près de deux cents (!) longs-métrages à son actif, le cinéaste s’est, en effet, frotté à pratiquement tous les genres populaires, de l’aventure au porno en passant par l’espionnite, le Women In Prison, le film historique, l’horreur, etc. Pas toujours avec bonheur et en ayant rarement les moyens de ses ambitions, en dépit de son amour sincère et indéniable pour le cinéma, la littérature et la musique, en particulier le jazz.

Hélas, la plupart de ses films sont d’un intérêt restreint et, quoiqu’en dise ses laudateurs, difficilement appréciables aujourd’hui autrement que comme des curiosités aberrantes, témoignages étonnants des outrances dont fut, un jour, capable le cinéma bis. Cependant, il importe de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain puisque certaines œuvres de Jésus Franco sont tout à fait estimables et qu’une poignée constitue même de franches réussites, comme l’excellent L’horrible docteur Orloff et les très étranges Vampyros Lesbos, Eugénie de Sade et Crimes dans l’extase. Quoiqu’en deçà des titres précités, Venus in furs n’en rejoint pas moins les rangs (clairsemés) des meilleurs films du cinéaste et s’impose comme un poème surréaliste érotico-fantastique imprégné de passion pour le jazz.

Essentiellement atmosphérique, Venus in furs s’apparente à un voyage onirique dont les réelles prétentions « qualitatives » se trouvent entrecoupées de passages érotiques de pure exploitation, quoique relativement timorés. D’autres intermèdes, musicaux ceux-là, rythment le film, d’ailleurs bercé par une intéressante bande originale composée et interprétée par Manfred Mann. Le résultat se rapproche, par conséquent, du cinéma psychédélique et surréaliste et nul ne sera surpris d’apprendre que Venus in furs fut réalisé à la toute fin des sixties. Cependant, le long-métrage parait suffisamment maitrisé pour ne pas ressembler à un banal empilement de scènes disparates et, si rien n’est réellement expliqué au final, le tout garde une véritable cohérence qui empêche l’entreprise de sombrer, victime de ses propres excès. Venus in furs se regarde donc sans ennui ni déplaisir et, dans l’état d’esprit approprié (il faut accepter les parti pris du cinéaste et le côté parfois très daté de certains passages), avec une véritable fascination.

Les interprètes, eux, sont convaincants, à commencer par Maria Rohm et Dennis Price, accompagné de l’inévitable Klaus Kinski, toujours aussi allumé, et de la belle Margaret Lee, autre starlette que l’on reverra, par exemple, dans le délirant La clinique sanglante.

Sans parvenir à complètement convaincre les détracteurs acharnés de Franco, Venus in furs demeure toutefois une porte d’entrée privilégiée et, finalement, très abordable vers son œuvre. Un long-métrage plaisant et agréable, à découvrir pour les curieux adeptes du surréalisme, du fantastique et de l’érotisme.


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