Critique de film

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Paperhouse

"Paperhouse"
affiche du film

Petite fille solitaire, Anna découvre qu'elle peut entrer dans un monde parallèle, plus précisément dans une maison qu'elle a dessiné sur une feuille de papier.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Paperhouse - La maison de papier
Par : Chroniqueurs

Par The Creeper

Le cinéma de genre à l’anglaise est revenu sur le devant de la scène ces dernières années grâce à des réalisateurs de la trempe de Neil Marshall (Dog Soldiers, The Descent) ou Christopher Smith (Creep, Severance) qui ont livré des œuvres sans concessions. Des films qui se démarquent par leur radicalité toute contemporaine par rapport à leurs prédécesseurs ayant officié dans les années 80 où le rêve, la poésie macabre et les visions infernales régentaient le récit. Pourtant, cette vague anglo-saxonne de la fin des eighties est loin d’être risible ou négligeable puisqu’elle nous aura offert quelques perles aujourd’hui encore indépassables et dont Clive Barker est le principal initiateur. C’est à lui que l’on doit Hellraiser, Cabal et lui encore qui produit en 1992 le Candyman de Bernard Rose, superbe film d’horreur sociale déguisé en popcorn movie. Ce même Rose qui aura durablement impressionné son monde en 1989 avec Paperhouse, film inclassable, aussi poétique qu’effrayant et qui envisage de manière remarquable la perméabilité entre rêve et réalité.

Anna, 11 ans, est une petite fille malicieuse qui a du répondant pour ne pas dire un sacré tempérament. Une attitude de frondeuse qui sied mal dans une école anglaise où la moindre trace de contestation est punie par l’exclusion. Ici, elle se fera mettre à la porte du cours après une énième répartie envers sa prof. Lassée de faire le pitre pour amuser la galerie, elle se réfugie dans ses rêves ou plutôt s’y effondre ! Anna vient en effet de tomber au sol et gît inconsciente. Nous la retrouvons dans une immense plaine, courant jusqu’à une bâtisse étrange comme sortie de l’imagination d’un enfant. Et pour cause, cette maison n’est autre que la représentation imaginaire de la maison qu’elle a dessiné durant le générique. Mais impossible d’y pénétrer, car elle a beau être dans un rêve, elle ne pourra en pousser la porte qu’à partir du moment où elle aura dessiné, dans la réalité, l’intérieur. De sorte que l’on en vient rapidement à se demander si elle dessine ce qu’elle rêve ou bien si elle rêve ce qu’elle dessine. Autrement dit, le film va permettre de tisser des liens étroits entre l’art, l’imagination et la réalité, un jeu d’influences qui entraînera le film vers une réflexion sur l’acte créatif comme échappatoire, comme alternative à la réalité.

Une réalité difficile pour Anna qui a une relation plutôt houleuse avec sa mère mais qui souffre plus sûrement de l’absence de son père, éloigné du foyer familial par son travail. Cette solitude, cette impression d’abandon, elle la comble par l’art, et dessine un ami imaginaire qui l’attend derrière la fenêtre de cette maison de papier. Prénommé Mark, il est incapable de se mouvoir car Anna a oublié de lui dessiner des jambes. Mais impossible pour elle d’effacer et de recommencer, son dessin acquérant au fur et à mesure des propriétés « magiques ». Ce sera à elle de faire attention à ce qu’elle dessine, donc ce qu’elle désire. Film poétique, Paperhouse se pare également de toute une symbolique liée aux rêves, bien évidemment, mais également à la psychanalyse. Ainsi, dans un accès de colère, Anna dessinera puis « défigurera » son père qui interviendra dans ses rêves comme une menace létale. Un comportement qui tranche diamétralement avec celui adopté dans la réalité où son père démontre toute son affection à sa fille. Les séquences de cauchemar où ce père Fouettard apparaît d’abord au loin en tant que simple ombre pour devenir vraiment actif sont vraiment terrifiantes. Une tension palpable initiée par la photo très travaillée et le travail sur le son et la voix. Des scènes d’autant plus intéressantes si on les interprète justement sous l’angle du rêve, puisque le croquemitaine qui pénètre de force dans cette maison, dans l’intimité de Anna et Mark donc, est son propre père. Rejet, viol, inceste on peut dire que la psyché de Anna est sacrément perturbée ! Pire, son inconscient, ses expériences qu’elle vit en rêve ont des répercussions sur son corps physique. Sa santé s’altérant dangereusement. Tout en discourant sur les émois (é-moi ?) de la gamine, Rose, par le truchement de sa réalisation n’oublie pas de construire une intrigue allant crescendo où deux mondes, le rêve et la réalité, se percutent et dont les actions dans l’un se répercutent dans l’autre. Le réalisateur usant des transitions abruptes voire carrément inexistantes pour perdre un peu plus son héroïne et le spectateur par la même occasion. Pas de trucages ou d’effets spéciaux sophistiqués comme dans Nightmare on Elm Street ou Dreamscape pour figurer un monde imaginaire. Rose utilise à merveille les ressources à sa disposition, à savoir de fabuleux décors aussi évocateurs que sobres (une maison, une plaine, un phare) et une maîtrise de son art, le cinéma.

Film inclassable, il n’aura pas connu de sortie salles en France malgré le prix remporté au festival du film fantastique d’Avoriaz où il reçut le Grand prix de l’Etrange en 1989. Une injustice inexcusable. Car, quand bien même la résolution finale sous forme d’happy end avec cette réunion de famille en bord de falaise ternit quelque peu le caractère vénéneux du film, il reste à ce jour un petit classique du film fantastique qui, 20 ans après, n’a rien perdu de sa force. Demandez donc à Terry Gilliam lui qui s’en est ouvertement inspiré pour son Tideland.

Commentaires sur le film

Chef-d’oeuvre

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Chef-d’oeuvre ! Un indispensable pour tout amateur de fantastique ! Original, beau, sensible, flippant ...

22 mars 2009 à 15:03 | Par Sangore
Drôle de film

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Un film bizarre et attachant, c’est vrai. La fin est un peu décevante, je croyais que la gamine allait se jeter de la falaise afin de rejoindre, dans l’autre monde, le gamin, mais il faut avouer que cela aurait été franchement sinistre... Mais le happy end termine sur une note décevante. Graphiquement, c’est une réussite, la maison, le phare, le dessin, tout cela est brillamment réalisé, bien mieux que l’eut fait une prod US. La petite fille est tout à fait bien, comme quoi n’importe qui peut faire l’acteur pourvu qu’on sache être dirigé. On peut rationnaliser l’histoire (tout cela n’était qu’un rêve, ou un cauchemar, produit par une mauvais angine avec fièvre forte) ou se laisser aller à des interprétations psychanalytiques, psychologiques ou ésotériques, ce qui est la marque d’une œuvre assez r

25 juillet 2016 à 11:07 | Par Abel M*

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