CHRONIQUE DVD

PREVIEW DTV - Sick nurses

20 octobre 2009 | Par : Damien Taymans

Les infirmières au pair

Relancée sous l’impulsion du Nang Nak de Nonzee Nimibutr, la vague horrifique thaïlandaise épousait d’emblée, sous une forme à peine dissolue, la dynamique tant formelle que thématique du renouveau nippon. En découle une kyrielle d’œuvres qui resservent continuellement l es mêmes ingrédients (à savoir un esprit vengeur, de préférence chevelu revenu d’outre-tombe décimer les responsables de son trépas) avec plus (Shutter, The eye) ou moins (Ghost of Mae Nak) de brio.

Sick nurses ne déroge pas à la règle. Pour leur deuxième collaboration (ils avaient œuvré de concert l’un en tant que réalisateur, l’autre comme scénariste sur Suicide me), les cinéastes Thodsapol Siriwiwat et Piraphan Laoyont accouchent d’une énième histoire d’ectoplasme vengeur qui prend cette fois place dans le milieu médical, lieu béni pour les compères qui tempèrent leur libido en élevant au rang de protagonistes une multitude d’infirmières aux silhouettes avantageuses qui se livrent une compétition acharnée pour conquérir un trophée inestimable, le cœur du médecin auquel elles sont vouées corps et âme. Promis à Tawan, ledit docteur jette finalement son dévolu sur Nook, la frangine de la cocue qui profite du meurtre de cette dernière pour lui ravir la place.

En deux coups de cuillère à pot, le tandem de réals pose les bases du récit. La séquence pré-générique fait intervenir l’ensemble des personnages de l’œuvre : un cadavre, (Tawan) allongé sur une table grise, autour duquel se pressent un médecin et toutes ses assistantes qui fusillent du regard la préférée du toubib. Antipathie et jalousie cimentent des relations professionnelles apparemment ambiguës dans cette clinique morbide où le commerce des corps est une pratique courante. C’est dans ce milieu composé de véreuses potiches, égocentriques de surcroît, que ressurgit le fantôme de la défunte afin de faire subir aux assassines le supplice de Tantale. Ainsi, la vénale finira-t-elle étouffée par un porte-monnaie géant avant d’être décapitée, tandis que l’accro du portable se défoncera le crâne pour récupérer l’engin et que l’anorexique de service périra par la mâchoire. Voilà la principale originalité de l’histoire : faire périr les toxicos par le biais de leurs idoles, de préférence dans de grands geysers de sang.

Souffrant d’une mise en scène excessive (le psychédélique, ça va un temps) et d’un récit assez répétitif (la narration explosée ressasse les mêmes scènes), Sick nurses se soigne finalement en proposant quelques explosions de violence graphique qui renvoient au registre du grand guignol. Un pur film d’exploitation qui déroule sans prétentions son artisanat sanglant que viennent timidement contrebalancer quelques passages plus légers. Le principe est respecté à la lettre : le vomitif et le malsain priment sur la psychologie et de l’émotion, carrément réduits à néant.

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