Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Pique, pique et c’est le drame !
Karla, une jeune étudiante en médecine, revient à Majorque pour voir son père et discuter avec lui de la revente de la maison de sa mère, trop tôt disparue. Remplie d’animosité envers sa belle-doche et envers tout ce qui est doté de muscles et trempé de sueur, Karla espère que son séjour ne sera que de courte durée. Mais un événement vient détruire ses plans : son père fait un malaise et est transporté d’urgence à l’hôpital où ses jours sont comptés. La cause : une abeille d’une nouvelle espèce aurait piqué son paternel et provoqué sa paralysie. Pour trouver un antidote, Karla s’associe à Ben, un entomologiste
devenu chauffeur de taxis (! !)…
Un film avec des abeilles qui tuent ? Une bonne idée, à condition de le tourner dard-dard (comme ça, elle est faite). Les rayons des invasions craignos en comportent par dizaines de ces essaims assassins parmi lesquels trônent L’inévitable catastrophe (Swarm, 1978) et, plus récemment, L’invasion des abeilles tueuses (Deadly invasion : the killer bee nightmare, 1995). Toutes émanant de l’industrie bis, avec une énorme tendance à l’exploitation vidéo. Il faut dire que sortir de telles œuvres en salles relève de l’utopie totale, la dernière œuvre de ce type a avoir connu les faveurs des toiles blanches reste Arac attack, parodie virevoltante et assez spectaculaire dans laquelle de gargantuesques arachnides coursaient David Arquette et Scarlett Johansson, entre autres.
L’île des abeilles tueuses naît sous l’impulsion de Wasabi, firme de prod’ allemande jusque-là tributaire d’un drame et d’un docu décapant sur le quotidien des canidés en Chine (Im Jahr des Hundes). Des chiens chinois aux abeilles espagnoles, il n’y avait qu’un pas qu’ont franchi les producteurs, accueillant bras ouverts le script torché par Nicole et Ulli Bujard, scénaristes, producteurs, acteurs et réalisateurs de Night of the vampire hunter. Troquant les crocs pour les dards (ce que seul Jesus Franco est capable de faire habituellement), ils imaginent une histoire des plus convenue contenant comme point d’orgue la traditionnelle séquence de panique sur une plage surpeuplée où touristes et baigneurs autochtones se font attaquer par des nuées d’abeilles en colère (on vient de les saupoudrer d’insecticide, faut dire !) dont les formes ne sont pas sans rappeler les troupes de fourmis volantes (? ?) aux multiples qualités artistiques de The hive, autre zèderie
insectoïde aux effets numériques pourris.
Originale de bout en bout, la pellicule fait se succéder des scientifiques véreux, des policiers incapables, des autorités avides de fric, contre lesquels luttent deux héros de fortune : un entomologiste sur le déclin et une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. De recherches en recherches, le tandem se heurte à une série d’obstacles : et vas-y qu’on est foutus en taule, en voilà qu’on a trouvé une preuve de tout mais qu’on ne nous écoute pas, et vas-y qu’on tombe comme par enchantement sur le nid de la reine qu’il faut impérativement détruire. Autant de clichés qui provoquent une certaine tension des zygomatiques, soutenus par une mise en scène scolaire voire archaïque, des oeuvres de Michael Karen, faiseur de téléfilms pour le petit écran teuton, c’est tout dire. A coup sûr, vu la lourdeur de ce navet, TF1 devrait déjà le compter dans ses prochaines grilles de programmes du dimanche après-midi.
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