Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Signé Zombie
Rob Zombie, homme de parole ? Au vu des nombreux voltes-faces que le réal américain nous a offert au cours de sa saga Halloween nous sommes bien en droit d’en douter. Souvenez-vous, il y a quelques années encore il affirmait ne jamais vouloir réaliser un remake tant ceux-ci étaient irrespectueux et falots. Un remake plus tard et quelques déclarations qui tentèrent de relativiser ses propos, voilà Zombie qui nous revient plus riche avec une séquelle qu’il avait pourtant farouchement niée vouloir faire. Exit donc Julien Maury et Alexandre Bustillo, pressentis pendant tout un temps et tapis rouge pour le grand retour de Michael Myers dans Halloween II, écrit et réalisé par le musicien natif de Haverhill, Massachusetts.
Malins, les frères Weinstein offrent carte blanche à Rob Zombie qui ne se fait pas prier pour nous offrir une suite immédiate, plus personnelle et bestiale, au premier épisode. Dix minutes, c’est le temps qu’il faut à Zombie pour nous donner le ton : gros plans sur les blessures ouvertes de Laurie Strode et Annie Brackett qui arrivent à l’hôpital dans un état critique à la suite de leur agression par le boogeyman d’Haddonfield. Deux ans après, Laurie n’est plus cette enfant couvée, protégée du Mal et ignorante de ses origines. L’adolescente, meurtrie dans sa chaire comme dans sa tête, vit à la grunge, à la punk, chez les Brackett et tente d’oublier l’Horreur malgré les cauchemars récurrents et terrifiants. Loin, très loin de s’imaginer que Myers n’est pas mort et qu’il erre dans la campagne à sa recherche...
"On prend les mêmes et on recommence mais pas de la même façon" se dit Zombie. Il impose sa patte et cette fois-ci évite le classicisme et l’hommage rendu au mythe. Halloween 2 sera viscéral, d’une violence sans nom et sans concession. Rob est de retour et avec lui son univers de forain déjanté composé de rednecks flingueurs, de pervers avoués et de coups de lame rageurs. On retrouve le visuel visionnaire du réal qui nous glaça les roustons dans Devil’s Rejects, froid implacable, sorte d’avant-goût de l’Enfer sur Terre. Bref tout ce qui nous avait manqué dans Halloween faute d’avoir les coudées franches ou submergé sans doute par la pression, conscient de s’attaquer à un mythe et que le film serait attendu au tournant par des millions de fans. Basta le bon goût et vive l’humour bouseux : "c’est quoi le point commun entre une femme et une tornade ? Elles arrivent toutes les deux humides et chaudes et repartent avec la baraque !"
Par une subtile trouvaille visuelle, onirique et poétique, Sheri Moon Zombie est de retour au casting, tout comme Malcolm McDowell en docteur Loomis devenu mercantile et prétentieux, Brad Dourif pour le Shérif Lee Brackett toujours aussi dépassé par les évènements ou encore Scout Taylor-Compton pour interpréter le personnage plus étoffé et torturé de Laurie Strode. Seule entorse : Chase Wright Vanek remplace Daeg Faerch, pour interpréter le jeune Michael Myers.
Moins rentable mais aussi moins cher que son prédécesseur, Halloween 2 aura été une nouvelle fois scandaleusement ignoré sous nos latitudes. Tout au plus aura-t-il connu une unique sortie en salle en Belgique et sans aucun doute le film connaîtra une même discrétion pour le DVD. La volonté des Weinstein de vouloir sortir le troisième épisode en 3D en 2011 sous la houlette de Patrick Lussier parviendra-t-elle à remédier à cette lacune ?
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