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PREVIEW CINE - Le Jour où la Terre s’arrêta

Le renouveau annoncé de la science-fiction !

En 1951, Robert Wise marqua les esprits avec Le jour où la terre s’arrêta, aka The Day the Earth stood still, remportant au passage un Golden Globe. Bien plus qu’un simple chef-d’oeuvre, le métrage lança définitivement la vague SF régnant en maître aux States durant les 50’s et faisant la part belle aux productions de tous genres, de la plus crétine à la plus élaborée. Que serait en effet aujourd’hui le monde des geeks sans Le père noël contre les martiens, It conquered the world, La guerre des mondes, Les soucoupes volantes attaquent et autres joyeusetés du genre ?

Il faut dire que Robert Wise, se basant sur le scénario de Edmund North et d’Harry Bates, avait mis toutes les chances de son côté en se basant sur des phénomènes sociologiques dans l’air du temps. En effet, après une seconde guerre mondiale éprouvante pour les esprits, la paranoïa était de mise aux States. Sur fond de guerre froide, cette véritable psychose de l’inconnu (rouge de préférence, parfois vert concernant l’extragalactique) suscita un engouement pour les faits relatant la présence d’ovnis sur le territoire. A partir de là, Robert Wise n’eut qu’à exploiter les croyance populaires, jouant de la sorte sur la peur de l’autre. Mais, bien plus qu’un simple film d’envahisseurs martiens, c’est dans le traitement pacifique de son oeuvre que le réal frappe fort. Les extraterrestres sont à ce titre venus en amis pour prévenir les humains des dangers de l’arme atomique, autre grande préoccupation du moment (largement utilisée par un Roger Corman, faisant muer des animaux irradiés à toutes les sauces, pensons aux jolies sangsues gargantuesques). Prouvant par A+B la bêtise d’humains hargneux, Wise révolutionne complètement la SF qui avait, jusque-là, dépeint les extraterrestres comme des êtres hostiles assoiffés de pouvoir. En inversant les codes, le cinéaste entend mettre la société de l’époque à l’amende et lui rappeler les erreurs récentes qui ont failli conduire le monde à sa perte.

Ce chef-d’oeuvre de SF ayant provoqué une véritable révolution et ses droits appartenant toujours à la Twentieth Century Fox, on ne doit guère s’étonner de voir Le jour où la Terre s’arrêta revenir sur nos écrans quelque 57 ans après son original. Dans une SF post-Matrix qui peine désormais à étonner, laissant d’ailleurs le genre comme l’un des parents pauvres du cinéma moderne, Le jour où la Terre s’arrêta pourrait bien faire office de véritable épouvantail, en surfant à nouveau sur la vague des préoccupations de notre temps ! Exit donc le thème de l’arme nucléaire, qui paraît désormais surranné, la faute à une foule de productions répétitives et faites dans l’urgence. Le jour où la Terre s’arrêta version 2008 se rapprochera de nos préoccupations actuelles en exploitant le thème de la menace écologique. C’est ainsi que l’arrivée sur Terre de Klaatu (nom pas très éloigné de Kyoto...), un extraterrestre d’apparence humaine, provoquera de spectaculaires bouleversements. Tandis que les gouvernements et les scientifiques tentent désespérément de percer son mystère, une femme, le docteur Helen Benson, parvient à nouer un contact avec lui et à comprendre le sens de sa mission. Klaatu est là pour sauver la Terre... avec ou sans les humains !

Cette version 2008, qui s’annonce beaucoup plus intimiste que la version de Robert Wise, devrait néanmoins reprendre les éléments qui ont fait le succès de l’original en mettant en scène une nouvelle forme de psychose et aussi un Klaatu, vision archétypale du Christ (il est prêt à se sacrifier pour la sauvegarde de l’humanité, il arrive du ciel, ...) dans l’oeuvre de 1952. Ce personnage sera ici incarné par un Keanu Reeves dont on attend beaucoup, lui qui, jusqu’à présent, est resté le Monsieur Matrix dans l’esprit de beaucoup. Se dépêtrer de cette image de Neo sera sans doute la chose la plus compliquée pour celui qui, depuis Matrix Revolutions, a évité la SF comme la peste. Néanmoins, le fait de le voir à l’affiche d’une super-production comme Le jour où la Terre s’arrêta n’est sans doute pas innocent, étant donné que l’acteur est considéré comme l’icône de la science-fiction actuelle. De ce fait, bien plus que pour n’importe quel autre acteur, on s’attend à une prestation cinq étoiles de la part d’un Reeves que l’on espère toujours aussi mystérieux et charismatique.

L’acteur sera aidé dans sa tâche par Jennifer Connelly qui incarne le Docteur Helen Benson, seule être humain capable de comprendre Klaatu. Ce personnage fut incarné dans la version originale par la grande Patricia Neal, actrice en général dévouée aux séries télé. L’actrice de Requiem for a dream, A beautiful mind Blood Diamond et Dark Water aura donc fort à faire pour égaler la prestation de son modèle, mais on peut compter sur son immense talent pour venir titiller le coeur des cinéphiles de tous bords. Aux côtés de ce duo de rêve (qui doit coûter quelques belles grosses liasses de billets verts à la production), on retrouve des acteurs confirmés tels que John Hamm (The Unit, Providence), le vétéran John Cleese (Silverado, Le Monde ne suffit pas,Frankenstein), Kathy Bates (Misery, Le tour du monde en 80 jours, Titanic) ou encore Roger R. Cross (24h chrono). Tout ce beau monde a été dirigé par le réalisateur Scott Derrickson, qui s’était signalé en 2005 par l’excellent Exorcisme d’Emily Rose.

Le cinéaste, qui s’essaie ici pour la première fois à la SF, devra donc se surpasser pour tenter d’égaler le chef-d’oeuvre de Robert Wise, mais, au vu de son talent et de la belle brochette d’acteurs dont il dispose, on peut espérer qu’il livrera une péloche puissante qui pourrait bien marquer les esprits en vue des tous prochains Oscars. Car, en plus d’être une redoutable machine commerciale, la production de la Twentieth Century Fox pourrait bien viser beaucoup plus haut et s’octroyer l’honneur de quelques prix. A ce titre d’ailleurs, on peut compter sur la volonté d’aller de l’avant de Scott Derrickson qui, tout en respectant l’oeuvre originale, entend bien libérer son oeuvre de toute influence trop pesante du passé, comme il l’a déclaré voici peu : "Cela m’a pris du temps pour explorer cette possibilité que nous avions pour nous démarquer de l’original. J’ai travaillé sur différentes pistes pour essayer de me débarrasser de ce poids trop lourd. Finalement, j’ai renoncé. J’aimais cette histoire d’alien qui décide de prendre une apparence humaine. J’ai un respect sans borne pour l’adaptation de Robert Wise qui est pour moi l’un des plus grands films de science-fiction de ces 50 dernières années. Le film que nous avons conçu rend hommage au film original mais aussi à ses personnages, en particulier Gort qu’il était hors de question de retirer ou de modifier à notre guise."

Le jour où la terre s’arrêta devrait donc être l’un des événements ciné de cette fin d’année et, peut-être bien, marquer le renouveau d’une science-fiction post-Matrix dont les contours ont pour l’instant du mal à se dessiner. Bien plus qu’un simple film, le métrage symbolise sans doute l’un des grands tournants du genre. La Terre s’arrêtera donc dès ce mercredi 10 décembre, jour de la sortie d’un métrage très attendu, tant par le grand public que par les cinéphiles avertis.

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