PIFFF

PIFFF 2016 - The Autopsy of Jane Doe

Le PIFFF a la bougeotte. Après le Gaumont Opéra et le Grand Rex, le Festival parisien débarque avec armes et bagages au prestigieux Max Linder, salle historique et centenaire de la capitale hexagonale. Un endroit prestigieux qui sied très bien à la croissance du PIFFF qui possède donc son propre espace, rien qu’à lui, pour une semaine entière. Fini la cohabitation. Autre nouveauté, certains films en compétition repasseront une seconde fois en début de semaine suivante, une excellente initiative pour les festivaliers dans l’impossibilité de se libérer cinq jours d’affilée. Forcément, pour toutes ces raisons et parce que nous le suivons et soutenons depuis la première édition, nous devions être là pour cette cérémonie d’ouverture, la sixième du nom. Déjà.

Après les traditionnels discours d’ouverture, toujours à la coule, de la triplette organisationnelle, Gerard Cohen, Cyril Despontin et Fausto Fasulo pour ne pas les citer, le noir se fait et les premières images de Behind, court-métrage espagnol d’Angel Gomez Hernandez, apparaissent sur l’écran. Un court d’un petit quart d’heure qui, à défaut d’être foncièrement original, s’avérera très efficace et hyper professionnel. Bénéficiant d’un casting (Macarena Gomez en rôle principal) et d’une équipe technique (Pablo Rosso en chef op’ ) dignes d’un long, Behind séduit par son esthétique et la maîtrise de sa mise en scène. Toutes les qualités et les défauts du fantastique espagnol condensés en une quinzaine de minutes. Un choix cohérent car, rétrospectivement, le film de Gomez Hernandez se trouve être parfaitement complémentaire avec le long-métrage d’ouverture : The Autopsy Of Jane Doe de Andre Ovredal.

Un film d’ouverture se doit de donner le ton d’un festival et doit parvenir à rassembler les spectateurs sans s’aliéner la partie la plus hardcore de son public. La mission est accomplie haut la main grâce au très réussi The Autopsy Of Jane Doe, une œuvre intelligente et fine qui parvient à brouiller les pistes pour emmener le spectateur là où il ne l’attend pas. Une trame simple, un corps non identifié est trouvé sur une scène de crime et amené dans une petite entreprise familiale de pompes funèbres afin d’être autopsié. Voilà de quoi occuper la première moitié du film qui prend des allures de huis-clos dans la salle d’autopsie où le père et son fils, respectivement interprétés par Brian Cox et Emile Hirsch, officient en musique, dans une ambiance détendue. Cette première moitié de métrage oscille entre tension, malaise et l’humour. A froid évidemment. Les enjeux et les personnages sont posés et caractérisés avec une finesse et une justesse venues d’une écriture toute en légèreté, chose rare pour le genre horrifique.

Assez rapidement, le récit s’ouvre et la salle d’autopsie se transforme en succursale infernale présidée par cette mystérieuse Jane Doe dont les circonstances de la mort sont fort mystérieuses. La tension grandit peu à peu grâce à la mise en scène ultra propre et toujours maîtrisée d’Ovredal qui, s’il ne résiste pas à utiliser quelques grosses ficelles et autres jump scares un peu trop prévisibles, se garde bien de dévoiler toutes ses cartes d’entrée de jeu, préférant jouer la subtilité afin d’amener progressivement une montée en puissance de l’horreur. The Autopsy Of Jane Doe est une belle tentative de modernisation d’un des plus grands mythes fondateurs de l’horreur américaine que je ne dévoilerai pas ici.

Très inspiré des écrits de Stephen King, dont l’esprit très années quatre-vingts flotte sur cette autopsie particulière, tant dans ses personnages que son déroulement, le film fait surgir l’horreur dans la vie de protagonistes en reconstruction ou à un carrefour important de leur vie personnelle. Comme dans les histoires du King, les héros vivent, se rappellent aux spectateurs et suscitent une identification quasi immédiate. Ses histoires sont tout autant des drames humains qu’une étude des mythes et légendes américaines. C’est le cas de ce Jane Doe qui fait naître le malaise avec rien. De simples plans fixes sur un corps inerte, un visage dénué d’expression mais qui paradoxalement exprime mille choses grâce à la force des cadres d’Ovredal et à l’interprétation, si je puis dire, stupéfiante d’Olwen Katherine Kelly qui parvient par je ne sais quel miracle à faire flipper en ne faisant pas le moindre mouvement. Une prestation encore jamais vue.

Dans le dernier acte, le Norvégien lâche les chevaux et permet à la teneur horrifique de se déployer pour livrer un final à la fois surprenant et logique en forme de bouclage de boucle qui nous rappelle la structure de la J-Horror. Une ouverture réussie dans une salle bien pleine qui place cette édition 2016 du PIFFF sur les bons rails. Reste maintenant à confirmer cette très bonne première soirée mais vu le programme et en particuliers certains films très attendus, on ne se fait pas trop d’inquiétude.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage