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PIFFF 2015 - The Virgin Psychics

Ici, on aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie Sono Sion. On l’aime tellement qu’on a envie de lui dire « stop ». On souhaite le voir prendre quelques congés, s’écarter du cinéma pour un petit moment, se ressourcer et nous revenir en forme. Parce que sa frénésie filmique de 2015 ne lui a pas fait du bien. Cette année a vu Sono sortir pas moins de cinq films, ce qui donne une moyenne d’un film toute les dix semaines. C’est trop, beaucoup trop, surtout lorsque la qualité s’en ressent. On a connu Sono Sion exigent, pointu, pointilleux, novateur, on le découvre boulimique, yes man et indigne de son nom, de sa signature, de son talent. A ce rythme-là, on va le retrouver à mettre en scène une panouille avec Christian Slater qui finira dans les bacs à soldes de chez Cash Converter.

The Virgin Psychics ressemble à du Miike. Le Miike agaçant, celui qui laisse tourner sa caméra pendant des plombes et va se boire un petit noir au bar d’en face avant de revenir couper pour passer à la scène suivante. Virgin Psychics, c’est la même rengaine : un concept fou qui perd toute sa saveur car étiré sur près de deux heures. Sur le papier, Eiga Minna Esupâ Da Yo (son titre original) possède tous les atouts du chef-d’œuvre : « Un lycéen encore vierge se découvre des dons télékinésiques. Mais il n’est pas seul et va être rejoint par d’autres « super-puceaux et pucelles » prêts à faire exploser leurs pouvoirs et... leur libido ! » Adapté du manga de Kiminori Wakasug, auteur de Detroit Metal City, le film promet un délire érotico-comique dans la plus pure tradition du V-Cinéma nippon. Et la première heure de film est à l’avenant, toutes les promesses sont tenues tandis que les actrices sont, elles, en (très) petites tenues. On se trouve face à un déluge de fan service et de panty-shot. Sono se fait plaisir et nous fait plaisir en filmant des culottes, des soutiens-gorges, des fesses rebondies et des poitrines généreuses. Les sourires se dessinent sur nos visages joufflus de petits coquins à la vue de ce festival de joufflus féminins juste couverts d’un bout de coton immaculé.

Malgré une facture technique très pauvre, la mise en scène est inexistante, la photographie plate, digne d’un drama bas de gamme et le casting constamment en surjeu outré, la bonne humeur ambiante, la lubricité bon enfant et la loufoquerie de l’ensemble emportent la mise. On lâche prise et on repose ses neurones face à ce plaisir coupable aux allures de Benny Hill lycéen qui s’adresse à nos plus bas instincts. Oui on rit beaucoup devant les mésaventures de ces X-Men frippons nippons. On en prend plein les yeux grâce au casting qui rassemble la crème des idoles à la fesse leste et autres av stars du moment à la poitrine lourde. Que les plus prudes se rassurent et que les plus pervers se désespèrent, le métrage baigne clairement dans l’esprit shônen basique, une pluie de sous-vêtements s’abat sur notre héros mais pas un bout de tétons ne sera dévoilé de toute l’œuvre.

Cependant l’humour et l’érotisme soft finissent par lasser, surtout lorsque le film se traîne et tire sacrément en longueur lors de sa deuxième partie. Sur une grosse heure, The Virgin Psychics aurait pu faire l’effet d’un excellent divertissement coquin et fou mais, étiré sur près de deux heures, il en dévient lourdingue et pénible. Surtout que plus le temps passe moins Sono Sion semble concerné, certainement déjà occupé à bosser sur son prochain film. Le spectateur finit par subir ce qui lui est donné à voir, assommé par la longueur, l’indigence de l’ensemble, l’absence totale de rythme et d’implication de son metteur en scène.

Avec Eiga Minna Esupâ Da Yo, Sono Sion bande mou et joue les allumeurs qui se dérobe au moment de conclure. Pourtant les actrices donnent de leur personne et offrent tous leur atouts de poids mais rien n’y fait. S’il vous plait, reprenez le Sono Sion de 2015 et rendez-nous celui de Love Exposure, de Guilty Of Romance, de The Land Of Hope, de Why Don’t Yoy Play In Hell ? ou de Tokyo Tribe. En l’état, The Virgin Pyschics n’est rien de plus qu’une belle débandade

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