PIFFF

PIFFF 2015 - Le Complexe de Frankenstein

Lors des précédentes éditions du PIFFF, on avait eu droit à un premier trailer, puis quelques extraits diffusés, enfin, pour cette cinquième édition on aura eu l’honneur d’être les premiers spectateurs dans le monde à voir le deuxième documentaire, consacré encore une fois aux monstres des effets spéciaux, d’Alexandre Poncet et Gilles Penso.

Ce qui frappe dès qu’on sort de la salle, en fin de projection, c’est la passion qui suinte de chaque image, de chaque mot, de chaque note de ce film. Le Complexe de Frankenstein est un documentaire d’amoureux des monstres sur des amoureux des monstres. Le genre d’oeuvre qui donne envie à chaque spectateur d’inventer, créer, gribouiller, dessiner, colorier, pétrir, modeler, sculpter, bricoler, animer, retoucher, rotoscoper. On est face à un véritable plaidoyer pour les effets spéciaux et les artistes, insistons sur le terme, qui les créent.

Ces artistes qui se succèdent devant la caméra du duo sont tout aussi passionnés que les réalisateurs qui les filment. Loquaces, amoureux, passionnants, on les sent heureux d’être mis en lumière afin de pouvoir enfin s’exprimer devant un objectif, non pas pour se mettre eux-mêmes en valeur mais pour mettre la lumière sur leurs créations, leurs monstres, leurs créatures, leur travail, leur passion. Ils sont intarissables et balancent de nombreuses anecdotes de tournages inédites et souvent cocasses. Leur regard brille comme celui d’un enfant qui découvre un dinosaure vivant sur un écran de cinéma pour la première fois. Car là est leur métier : créer la vie, rendre l’impossible possible. Les effets spéciaux sont la base, le socle sur lequel se repose le cinéma fantastique. Sans les premiers maquillages de Lon Chaney, rien de tout ceci n’aurait été possible. L’homme aux mille visages qui se chargeait lui-même de son maquillage a débroussaillé la route et permis de vraiment faire entrer le fantastique et l‘horreur dans la monde du cinéma et inversement.

S’il transpire la joie et distille une bonne humeur communicative, en grande partie grâce à certains des intervenants « on fire », Le Complexe de Frankenstein souffre également de ce trop-plein. On se doute qu’il a dû être incroyablement difficile de couper dans ces dizaines d’heures de rushs pour en tirer un montage cohérent mais le documentaire souffre d’une absence d’écriture et de rigueur, comme si le duo Poncet/Penso n’avait pas su tenir la barque et laissait le gouvernail aux divers intervenants qui, finalement ont littéralement fait de ce documentaire leur chose. Ce sont eux, et pas les réalisateurs, qui dictent le rythme global du métrage. La masse d’informations et d’anecdotes est certes conséquente et on serait bien ma lvenus de faire la fine bouche mais il faut reconnaître que Le Complexe souffre de quelques longueurs et d’un manque de structure lors de sa deuxième heure et tarde à retrouver un second souffle.

On sent que les metteurs en scène ont souhaité laisser libre cours à l’inspiration et au flow des protagonistes et certains en profitent pour voler le show mais on ne leur en tiendra pas trop rigueur. Ceci dit, au vu du casting qui défile devant la caméra (Phil Tippett, Rob Bottin, Rick Baker, Steve Johnson, Guillermo Del Toro, les frères Chiodo, Joe Dante, John Landis…) et des créatures présentées, Le Complexe de Frankenstein en fournit au spectateur pour son argent et n’a certainement pas envie de rendre la monnaie de leur pièce aux réalisateurs.

Le Complexe est une œuvre plus que généreuse, ultra-communicative et nécessaire car elle donne la parole à des génies et des artistes souvent dans l’ombre et beaucoup trop méconnus alors que, sans eux, beaucoup de nos films de chevets ne posséderaient pas cet impact. Comment, par exemple, imaginer The Thing de Big John sans la créature de Rob Bottin ou Gremlins sans les monstres de Rick Baker ? Alexandre Poncet et Gilles Penso leur rendent hommage de la plus belle des manières. On sent le duo passionné et amoureux, peut-être un peu trop d’ailleurs, de son sujet et de leurs intervenants, ce qui est à la fois la plus grande qualité et le plus gros défaut du film. Mais on a connu pire défaut qu’un excès d’amour, non ?

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