PIFFF

PIFFF 2012 - Bilan

Pifff is the end…my only friend, the end.

Voilà, c’est fini. C’est la fin d’un monde. La fin de la seconde édition du Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF). On ne sait pas si les Mayas l’avait prévue ou pas mais, quoiqu’il en soit, pour tout cinéphage fantasticophile qui se respecte, c’est tout aussi déprimant que l’extinction complète de l’Humanité. Pourquoi ? Parce que le Pifff, c’est une programmation de qualité, une organisation presque parfaite, une équipe au taquet et surtout, c’est l’occasion de bouffer des films entre passionnés, de revoir les potes, de serrer des mains, de claquer des bises et de se faire plaisir. Mais bon on ne va pas se chatouiller le petit frère plus longtemps, et on va aller droit au but : elle était sacrément belle cette seconde édition.

Elle commençait d’ailleurs sous les meilleurs auspices avec une cérémonie d’ouverture tout en humilité et en simplicité. Mais avec sérieux. John Dies At The End a ravi les spectateurs et placé le festival sur les bons rails. Loufoque, cintré mais maitrisé et toujours cohérent, le film de Coscarelli est porté par un bel état d’esprit qui plonge le spectateur dans un état d’euphorie assez jouissive. Tout le monde est rentré chez lui avec la banane. Bordel, il commence bien ce festival. Le lendemain démarre mal avec un Here Comes The Devil foiré dans les grandes largeurs mais la séance permet toutefois de remarquer que le festival grandit car il a investi une salle plus grande que lors de la précédente édition. Si la salle est plus grande, l’organisation est aussi plus fluide, plus souple. Tout le monde sait où il va, ce qu’il doit faire et le fait avec le sourire. Point de doute, le PIFFF est une affaire qui roule.

On enchaine ensuite avec une des séances très attendues du festival, l’anthologie ABC’s Of Death. On déplorera simplement la fastidieuse routine consistant à laisser son portable au vestiaire afin de ne rien enregistrer de la séance, condition sine qua none imposée par la production américaine. Mais une fois ce petit désagrément passé, on savoure le film pour ce qu’il est : un buffet garni de l’horreur. Y a du bon, de l’excellent, du moins bon et du carrément dégueulasse mais tout le monde trouvera au moins un plat à son gout. Dimanche, jour du Seigneur, on est de retour et d’attaque pour assister à l’une des plus belles surprise du festival : The Cleaner, un tout petit film réalisé par un gamin de vingt-trois ans qui fait preuve d’une maitrise de son sujet, d’une intelligence d’écriture et d’une science du cadrage hors pair. Adrian Saba, retenez ce nom car on devrait vite en entendre parler. D’ailleurs, le film sera très justement récompensé par une Mention Spéciale du jury. Mon coup de cœur du festival. A peine le temps de discuter avec les collègues pifffeurs qu’il faut se rendre à la projection exceptionnelle, dans une copie qui l’est tout autant, de Quatre Mouches de Velours Gris, le film le plus rare de Dario Argento. Un très beau coup de la part de l’organisation. La journée se poursuit dans l’excellence avec Citadel et la projection, en 3D s’il vous plait, du dernier film du sifu Tsui Hark : Dragon Gate, la Légende des Sabres Volants. Un bon film du père Hark mais qui manque un peu de la folie visuelle et créatrice de ses plus grandes réussites.

Après ce week-end de folie, on retrouve un rythme plus humain, deux films par jour, en soirée, à la cool. De ce lundi, on retiendra Side By Side (bon, en fait, c’est le seul film que j’ai vu ce jour là…) un très bon documentaire, retraçant la révolution numérique dans le cinéma américain, des balbutiements de la DV aux toutes dernières cameras HD. J’en profite pour vous narrer l’anecdote fort ironique de la soirée. Le seul vrai gros pépin technique (une demi-heure de retard tout de même) du festival aura eu lieu avant la projection, en format DCP numérique donc, d’un documentaire ventant les mérites du numérique. Meilleur timing, tu meurs. Mardi c’est relâche pour ma part et la dernière séance du mercredi va se révéler totalement inattendue. Au programme, Universal Soldier : Day Of Reckoning, quatrième volet officiel de la saga. Je m’attendais à voir un dtv d’action sympa avec Jean Claude et Dolph se mettant sur la gueule mais, au final, j’ai vu un des meilleurs films du festival, voire plus. Une vraie grosse surprise réalisée par John Hyams, un mec avec des cojones grosses comme ça qui, signe un actioner d’auteur expérimental. Le Apocalypse Now de JeCVD que l’équipe du festival nous a permis de découvrir en version longue. Encore un joli coup à leur actif.

J’attendais la journée de jeudi, j’arrive donc bien à l’avance histoire de discuter avec les habitués, les amis de festival, les têtes connues, de prendre la température auprès des bénévoles et ainsi de suite. Cette proximité est l’un des gros points forts du festival parisien. On trouvera toujours quelqu’un en début ou en fin de séance pour discuter, échanger ou débattre. Doomsday Book constituera une nette déception, on sent que le projet était bancal dés le départ et que le production fut mouvementée. Les deux réalisateurs moyennement concernés tentant vaille que vaille de se rattraper aux branches afin de livrer un film tout juste correct. Le temps passe quand on s’amuse et nous voila déjà en fin de semaine. L’évènement du jour est la projection en copie 35mm de Bad Taste. Oui Bad Taste, le Bad Taste de Peter Jackson. Au cinéma. En 35. Quelle plus belle manière de découvrir le film…car oui je l’avoue, jusqu’à ce vendredi 23 novembre 2012, je ne l’avais jamais vu. Mais chaque chose en son temps et le temps est, pour le moment à Modus Anomali, un petit film indonésien, tourné en huit jours, que j’attendais avec une grande impatience. Et cette impatience fut plus que récompensée tellement le film met la pression grâce à une mise en scène hyper immersive, une photographie naturaliste et un design sonore aux petits oignons. Enfin tout ça vaut pour la première heure du film de Joko Anwar car le dernier tiers vient remettre le film en perspective et annihile une bonne partie de la force des événements passés. Maintenant à nous deux bandes de P’tits Connards. J’ai découvert Bad Taste et comme on dit chez les jeunes : « Sa reum, j’ai kiffé ma race ». La meilleure ambiance du festival avec rires, applaudissements, vannes et tout ce qui va avec. Un bien belle séance culte qui, pour le coup, était vraiment culte.

Nouveau week-end ! On ouvre le samedi avec les courts-métrages français. Si l’année dernière, la sélection était de très bonne qualité, ce ne fut pas le cas pour cette année avec un niveau global très moyen d’où émergeait très aisément Nostalgic Z qui, c’est bien simple, repartit avec tous les prix (Jury, Public et Ciné+) ne laissant à Foodelle qu’une mention du jury. Un plébiscite mérité que personne ne remettra en cause tellement il était évident. Place à Clive Barker avec en ouverture de sa nuit Night Breed : The Cabal Cut. Pour moi, c’est LA séance du Pifff 2012, une vraie exclusivité, un véritable évènement. La version longue de CABAL, est quelque chose de vraiment monstrueux, dans tous les sens du terme : des bouts de vhs dégueulasses rajoutées au montage original, un film trop long (2h25) mais une puissance épique, amoureuse et visuelle de folie prenant le parti des monstres doublé une superbe histoire d’amour. Vivement la restauration bon sang ! Après le film, nous aurons droit à une séance de question réponses avec Russell Cherrington, restaurateur de cette version longue et Nicolas Vince, interprète de Kinki. Hellraiser sera introduit par Forbidden, un court métrage experimental de Barker et par le duo Pascal Laugier/Julien Maury qui narreront des anecdotes complètement folles sur le développement du film et leurs rencontres avec Bob Weinstein. Je suis rentré chez moi après ça parce que demain je ré-attaque de bonne heure avec la sélection des courts-métrages internationaux proposant des films d’une très bonne qualité parmi lesquels l’intriguant A Formal, l’esthétiquement étrange Crown, l’élégant Exit (qui sera récompensé par le jury) et le subtil Record/Play. Je profite de la pause entre les séances pour aller boire un petit café au Starbucks juste en face. La situation du cinéma Gaumont Opera est l’un des autres gros avantages du PIFFF, en plein centre de Paris, on a tout ce qu’il faut pour se déplacer, se restaurer et se désaltérer dans un rayon de 100m. C’est important lors des longues journées. Plus qu’un film avant la clôture, ce sera Horror Stories, film aàsketches coréen basé sur le principe des Mille et Une Nuits. Le film propose quatre segments tous très différents et présentant une facette différente de l’horreur à la coréenne.

Place maintenant à la cérémonie de clôture, animée par Naï La (pour toujours la toute première Scream Queen officielle de Cinemag Fantastique, on en est très fier) en grande pompe avec décoration inspirée par l’univers de Silent Hill, invités et tout le tintouin. On apprend que le festival a doublé sa fréquentation par rapport à l’année dernière, preuve en est que le Pifff est une affaire qui roule. Je suis heureux et un peu ému aussi de voir qu’un festival que j’ai vu apprendre à se tenir debout l’année dernière marche désormais seul vers un avenir radieux. L’équipe organisatrice aura mis les petits plats dans les grands pour une belle dernière soirée. Après avoir découvert le palmarès du festival, nous aurons survécu à une invasion d’infirmières démoniaques et au jeu d’acteur de Cyril Despontin prouvant une fois de plus qu’on peut concilier bon esprit et professionnalisme. La soirée de clôture, basée sur l’univers de Silent Hill sera franchement réussie et spectaculaire ce que n’est pas le film. Silent Hill Révélations est pour rester courtois et poli un bon gros navet. C’est un peu dommage de finir de cette façon mais ça n’a que peu d’importance finalement car l’essentiel était dit : cette deuxième édition du festival parisien est un vrai et franc succès. En l’espace de douze mois le Pifff s’est rôdé, professionnalisé, amélioré sur tous les points. L’organisation est plus fluide, la sélection aventureuse, éclectique et de qualité, l’ambiance générale est sympathique mais studieuse, ce n’est ni l’esprit potache du Bifff ni l’ambiance un peu guindée de l’Etrange Festival. La qualité de projection est excellente, les salles confortables et les bénévoles efficaces. Le seul point un tant soit peu négatif vient du fait de partager un cinéma « grand public » qui empêche l’esprit « festival » mais mis à part ça le Pifff à tout ce qu’il faut pour devenir un incontournable de la scène européenne.

Avis Chiffrés.

JOHN DIES AT THE END : 4/5

Un film loufoque, qui part dans tous les sens mais parvient toujours à retomber sur ses pattes.

HERE COMES THE DEVIL : 1/5

L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Tu l’a dis bouffi.

THE ABC’S OF DEATH : 3/5

Du bon, du très bon, du mauvais du très mauvais. A boire, à manger, y’en a pour tous les gouts.

THE CLEANER : 4/5

Un petit film intimiste et poétique porté par une mise en scène et une finesse incroyable. La belle découverte du festival

QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS : 3/5

Un giallo psychologique montrant la décomposition d’un couple. Beaucoup de défauts mais des moments de pure grâce

CITADEL : 4/5

Une histoire puissante, une tension palpable, une mise en scène qui met la pression, un personnage magnifique. Un grand film sur la peur et les peurs. Impressionnant.

DRAGON GATE : 3/5

Un bon Tsui Hark plein de fun mais qui manque de folie et d’inventivité visuelle. Un film trop calibré Chine Populaire pour être tout à fait honnête.

SIDE BY SIDE : 3/5

Un documentaire très intéressant mais un peu trop scolaire et porté sur l’aspect technique au détriment des considérations artistiques.

UNIVERSAL SOLDIER DAY OF RECKONING : 4/5

Un dtv d’action experimental d’auteur. LA surprise du festival.

DOOMSDAY BOOK : 2/5

Un film bancal, hétérogène et dilettante. Déception.

MODUS ANOMALI : 3/5

Une première partie incroyable de tension, une dernière partie beaucoup moins réussie.

BAD TASTE : 4/5

J’arive bande de P’tits Connards. Culte à mourir.

NIGHTBREED, THE CABAL CUT : 4/5

Un film monstrueux dans tous les sens du terme.

HORROR STORIES : 3/5

Quatre visions de l’horreur à la coréenne. Classique mais maitrisé et efficace.

SILENT HILL REVELATIONS : 1/5

Un bon gros navet. Des monstres croquignolets et un thème musical réussi le reste est à jeter à la poubelle.

Maureen Lepers

John Dies At The End – 3 étoiles

Retour du grand ponte de l’épouvante Don Coscarelli avec cette comédie horrifique gratinée, où l’absurde le dispute au grotesque, au génie, au portenawak apocalyptique. Il est impossible de résumer ou même de saisir en quelques mots le foisonnement que constitue John Dies At The End, tant les fulgurances de mise en scène, les retournements narratifs et l’extrême qualité d’écriture sont finalement bien peu au milieu de ce gros bordel. Maitrisé certes, assumé carrément, décomplexé encore plus, le film emprunte à chacun des genres qu’il côtoie ses codes les plus iconiques, et les réinvestit en un collage monstrueux dont la bizarrerie et l’opulence laissent coi.

In Their Skin – 2 étoiles

Premier long métrage du canadien Jeremy Power Regimbal, In Their Skin fait le traditionnel récit d’un couple en crise, partis se ressourcer avec leur fils dans leur maison de vacances et que des voisins peu commodes vont venir harceler et torturer. Un air de Funny Games et de Cape Fear et de tant d’autres films, me diriez-vous, et vous n’auriez pas tort. La minuscule autorité d’In Their Skin (initialement baptisé Replicas, de façon encore plus explicite) est cependant de substituer au couple de bourreau ou au tortionnaire une famille, en tous points identiques à la première dont il s’agit bien sûr de s’approprier les traits, les biens, le passé, l’identité. Cependant, et c’est précisément là où pèche le cinéaste, cette ombre de famille venue torturer les autres s’égraine finalement au profit d’un tourmenteur unique, la sempiternelle figure masculine dont les actes et décisions viennent rythmer le récit, reléguant en fond de champs les doubles de l’épouse/mère et du fils. En resserrant ainsi le cadre de son histoire sur une figure somme toute assez commune, Jeremy Power Regimbal cède sous le poids des modèles qu’il exploite, dont le spectre trop pesant hante chacune de ses images, et dont son film finalement, n’est qu’une bien pale réplique.

Side By Side – 3 étoiles

Documentaire très érudit sur les enjeux du passage au numérique pour le cinéma, en tant qu’art bien sûr, également en tant qu’industrie, Side By Side de Christopher Kenneally interroge quelques uns des très très grands d’Hollywood et d’ailleurs, qu’ils soient réalisateurs, chefs op, étalonneur ou acteur, de façon pertinente et éclairante. Emmené par Keanu Reeves que la situation visiblement passionne, le documentaire fait preuve d’une grande clarté et rend habilement compte des diverses positions et arguments des techniciens et artistes, dont les avis parfois tranchés font montre pour le cinéma d’une mutation dantesque, effrayante et fascinante, et dont les contours encore flous compromettent la totale lisibilité. D’un académisme certain, Side By Side, par souci d’intégrité et de clarté sûrement, souffre pourtant en creux d’un caractère un peu trop scolaire, qui vient entraver l’émerveillement que peuvent susciter les multiples possibilités du numérique. Ces dernières finalement ne sont que rarement mises en question par le réalisateur et son guide, qui recueillent moult témoignages et omettent de les mettre en miroir, de les faire dialoguer, condamnant le film à n’être qu’un simple compte rendu. Aussi, si les moins spécialistes (dont je fais partie) y apprendront forcément des choses, il n’est pas dit que les plus érudits y trouvent spécialement leur compte.

Crave – 4 étoiles

Issu du documentaire et du making-off (notamment pour Blade Runner), Charles de Lauzirika passe cette fois ci du côté de la fiction et livre avec Crave, un premier film qui se veut une relecture personnelle du cultissime Taxi Driver de Martin Scorsese. Photographe de scène de crime, Aiden est un jeune homme un chouia névrotique, fatigué de se faire marcher sur les pieds, de se considérer comme un lâche, et dont les pulsions de violence et de mort, tantôt contenues par son travail et le soutien d’un vieux roublard de flic, vont finalement se cristalliser jusqu’à l’explosion sur la jeune fille dont il tombe amoureux. Si Crave emprunte effectivement à Taxi Driver sa fascination pour la rue et le dégout qu’elle peut inspirer aux hommes les plus sensibles (certains diraient instables), force est cependant de constater que le film n’a finalement pas grand-chose à voir avec son modèle. Variation sur l’autodéfense, le long métrage s’impose surtout comme une variation sur le fantasme et ses concrétisations, et instaure un jeu bienvenu entre différents niveaux de narration.

The Butterfly Room – 1 étoile

L’italien Jonathan Zarantonello raconte ici l’histoire d’une grand-mère acariâtre, amoureuse des papillons, dont elle fait d’ailleurs collection au point de leur dédier l’une des pièces de son appartement. The Butterfly Room marque d’abord le retour à l’écran de deux géants de l’horreur, l’une gothique et fantastique, l’autre plus réelle, plus étrangement inquiétante dont la rencontre aurait du faire des étincelles. Autant le dire de suite, Barbara Steele et Ray Wise (Twin Peaks) ne transcendent du tout dans ce thriller d’épouvante hérité de Psycho, Vertigo et autres variations sur le maître, et qui joue un peu trop à se prendre pour Brian de Palma. Mal écrit, et pour la majeure partie, mal interprété, le long-métrage fait office, au milieu de la programmation du festival, de figure plate, dont l’arrogance tant graphique que dramatique n’a d’égale que l’extrême niaiserie. Film de femmes qui multiplie les clichés affligeants (mention spéciale au traumatisme de la fille du personnage principal), The Butterfly Room échoue à rendre compte du tout possible des figures féminines qu’il met en scène, et à traduire à l’image leur nature proprement épouvantable, en ce qu’elles fascinent et instaurent ainsi pour le regard un état paralysant.

Bad Taste – 4 étoiles

Plus que le film, c’est surtout l’histoire de la copie projetée qui laisse sans voix, et qu’a raconté l’émérite Professeur Thibaut. Retrouvée dans un entrepôt abandonné du côté de Toulouse au milieu de quelques autres 700 bobines de films qu’il a fallu reconstituer, la pelloche prend de fait d’emblée un statut d’objet culte, que viendra renforcer, pendant la projection, l’abominable double français. Objet geek d’une grande fantasquerie, Bad Taste serait, toujours selon le fameux Professeur, le premier film de fan boy, réalisé, à vingt ans près et dans des conditions similaires au génial La Nuit des Morts Vivants (1968). Ensemble, les deux films font état d’une mutation du cinéma de genre, qui passe de l’hyper politique à l’hyper référence. Outre son contexte et ses enjeux, Bad Taste est incontestablement moins percutant et effroyable que Meet The Feebles, mais s’impose néanmoins comme une série Z exemplaire qui transpire le fun et le nawak à plein nez, et dont les seuls objectifs sont finalement d’emmener le cinéma du côté du ludique, seulement du ludique.

The Body – 5 étoiles

Premier film en tant que réalisateur de l’espagnol Oriol Paulo (qui a notamment signé le scénario des Yeux De Julia), The Body réussit précisément là où The Butterfly Room échoue : dans le réinvestissement de motifs hitchcockiens avoués, sur le fil desquels dansent de bout en bout le long métrage. Avec une tenue et un classicisme fous, le film raconte l’histoire alambiquée d’un esprit brillant qui, ayant provoqué et mis en scène la mort de son épouse, se retrouve aux prises avec un inspecteur de police tenace alors que disparait mystérieusement le cadavre de la jeune femme. Thriller passionnant en ce qu’il offre à voir de maitrisé et de réfléchi, le film surfe sur l’essoufflement, voire la décadence de l’horreur à l’espagnol, et creuse également une brèche, un fossé presque, entre les genres et les temporalités : ce nouveau visage de l’horreur, il s’agit de le faire dialoguer avec des formes plus anciennes, héritées du film noir et de ses paires, dont on constate ainsi à la fois la mort, et l’indéniable persistance. Comme l’écrit James Ellroy dans Le Dahlia Noir, et comme le constate à ses dépends le personnage principal, qui cède au travers de la passion quant son plan, et le film au dessus de lui, n’exigeait que du contrôle, ‘nothing stays buried forever’. Nothing.


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