Critique de film

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Orca

"Orca"
affiche du film

Lors d'une plongée, la biologiste Rachel Bedford est sauvée d'un requin par le Capitaine Nolan, alors que son compagnon de recherche échappe à la mort grâce à un épaulard. Nolan n'a alors plus qu'une idée en tête, attraper l'épaulard. Au large, il touche une femelle qui portait la vie. Mais l'orque a une mémoire redoutable, et il va devoir faire face à l'implacable vengeance du mâle...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Orca - L’orque de barbarie
Par : Wizzdumb

Sorti en 1977 – soit deux ans après le succès planétaire de Jaws -, Orca n’a pas échappé à l’inévitable comparaison avec son cousin à l’aileron gris, tandis que d’autres mauvaises langues n’ont pas hésité à taxer le film de prétexte à tiroir caisse pour le producteur Dino de Laurentiis. En même temps, c’est un peu le rôle de producteur, non ? Et ce vieux briscard de Dino, opportuniste en diable, cherchait bel et bien un successeur à un monstre célèbre, mais il s’agissait de King Kong (remake du film de 1933, revu et corrigé une fois de plus en 2005 par Peter Jackson), qui avait fait main basse sur le box office en 1976.

Alors, Orca pour le pognon ? Certes, mais au-delà de cette préoccupation d’exécutif, de Laurentiis a surtout bien su s’entourer pour donner un label de qualité au film : scénario écrit par Luciano Vincenzoni (Pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le truand), musique originale d’Ennio Morricone et réalisation confiée à l’anglais Michael Anderson, dont le pedigree est impressionnant : prétendant à la Palme d’Or en 1957 avec Battle Hell, nominé à l’Oscar la même année pour Around the world in eighty days et tout juste sorti du succès – à la fois critique et public – de Logan’s Run avant d’entamer son raout avec l’épaulard sanguinaire.
Refusant de rester dans l’ombre de Jaws, Anderson s’en affranchit dès les premières minutes avec une scène à la portée hautement symbolique : au large de Terre Neuve, un grand requin blanc s’apprête à faire de la zoologiste Rachel Bedford (une délicieuse Charlotte Rampling souvent mouillée) son casse-dalle de la journée lorsqu’un duo d’épaulards surgit pour désosser le squale en deux coups de cuiller à pot. Le débat est clôt, le message est clair : le grand blanc est désormais au chihuahua ce que l’orque est au lion…
Au-delà de cette boutade par film interposé, le monstre marin d’Anderson révèle une complexité à mille lieues du tueur froid et sans âme de Spielberg : personnage à part entière que l’on se surprend à aimer, à, plaindre puis à craindre, l’orque n’est plus un outil au service de la tension dramatique, mais bien son principal vecteur. Et cette dimension humaine du monstre – qui peut paraître de prime abord risible – apporte une densité époustouflante au duel qui va l’opposer à Nolan (Richard Harris). Ce dernier, en blessant mortellement un épaulard femelle sur le point de mettre bas (l’une des nombreuses scènes marquantes du film), va réussir à se mettre à dos les scientifiques, la communauté de pêcheurs du coin, les indiens natifs de la région et, bien sûr, le papa épaulard qui n’aura de cesse de le provoquer en détruisant les installations portuaires pour l’inciter à l’affronter sur son terrain : la haute mer.

Le film se construit ainsi autour d’un acte barbare commis par un homme (en contrepied avec tous les films de monstres marins jusqu’alors) et, au lieu de se poursuivre comme une traque manichéenne, le scénario préfère s’étoffer en s’intéressant à la peur grandissante de Nolan, à ses remords et à la résonance particulière de son acte (un chauffard ivre a tué sa femme et son fils). Au lieu de se démarquer de l’animal pour mieux le diaboliser, il s’en rapproche malgré lui et semble comprendre sa souffrance. Et ce lien invisible qui va les unir fait rentrer nos deux protagonistes dans une zone grise, où tous deux sont à la fois victimes et coupables, transcendant leur duel final dans les glaces polaires pour en faire une quête de la rédemption où l’issue ne peut être que fatale. Et là, on tutoie une émotion autrement plus noble que les panouilles kleenex de la franchise Sauvez Willy !

Orca n’est évidemment pas exempt de défauts : certaines scènes tournées au Marine World de Redwood City ne font pas illusion, et les approximations scientifiques concernant les orques sont orientées pour servir le scénario au détriment de l’exactitude, mais ces quelques scories ne suffisent pas à ôter le charme de l’œuvre et ses nombreuses prouesses techniques. À des années lumière des CGI foireux de Megashark vs Crocosaurus et autres purges de la maison Asylum, on retrouve ici ces bonnes vieilles animatroniques au réalisme incroyable (voir la scène dantesque de la banquise) qui, au moins, ne donnent pas la désagréable impression de voir un fond d’écran mal pixellisé bouffer une blondasse topless.
Pour finir, restons justement au rayon des blondasses, avec la présence pour la toute première fois à l’écran (officiellement, puisqu’elle avait Fantasies en 1973 sous le nom de Kathleen Collins) d’une certaine Bo Derek, dont le joli minois s’apprêta à faire des ravages parmi la gent mâle au début des années 80.

Oeuvre mésestimée et injustement considérée comme un spin-off paresseux de Jaws, Orca se révèle être bien plus subtil qu’une énième traque au monstre, réussissant à transcender le duel entre l’homme et l’épaulard qui n’est pas sans rappeler Le Vieil Homme et la Mer d’Hemingway. Rajoutez-y des scènes d’anthologies mises en musique par le maestro Morricone et – comme disait un écrivain de romans noirs – si vous aimez l’épaulard, Orca est justement plein de suspense !


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