Operacion Deluge Atomique

7 mai 2012 | Par : Seb Lecocq | Des bulles

Titre Operacion Déluge Atomique

Scénario Green Tiburon

Couverture Willy Favre

Année 2012

Editeur Le Carnoplaste

Note 9/10

L’air du temps est propice aux super-héros en tous genres : Homme-araignée, homme-chauve-souris, femme chatte, mutants infestés de rayon gamma, j’en passe et des meilleures. Tous ces gens-là sont très compétents, très puissants, très forts voire même très intelligents et très riches pour certains. Mais à tous, il leur manque l’élément primordial, le plus important de tous. Celui qui les fera véritablement entrer au panthéon du super-héroïsme. Au Hall Of Fame de la castagne. Il leur manque la classe. L’élégance. La stature. Le charme. Le sex-appeal. L’élément qui impressionne les gros bras et fait tomber les filles. Celui qui vaut tous les super-pouvoirs du monde. La classe on l’a ou on ne l’a pas. On ne l’attrape pas en se faisant piquer par une araignée radioactive, en recevant un marteau magique ou en se construisant une armure en ferraille. Cette classe, Green Tiburon en déborde. Il est, en tant que successeur des Santo, Blue Demon et autres Mil Mascaras, la nouvelle incarnation de la classe (super)héroïque. Et, sans que vous ne vous en rendiez compte, il vient de vous sauver les miches et accessoirement la Terre entière. Par deux fois.

Qui est Green Tiburon ? Il est champion du monde de lucha libre, porte un pantalon en écaille, un masque de requin souriant et est le héros de ses propres aventures rédigées par ses soins entre deux huracanrana et éditées en fascicules d’une quarantaine de pages chacun par Le Carnoplaste. Si c’est le second volume qui nous intéresse aujourd’hui, il est utile de revenir sur la toute première aventure du plus funky des héros masqués qui avait la grande qualité de nous présenter, en quelques pages, le héros, ses acolytes et son habitat naturel. Green Tiburon vit sur la petite archipel de Los Murcielagos, au large de la fameuse Espirale Grande, sorte de porte donnant sur d’autres dimensions par laquelle toute une faune croquignolette déboule sans crier gare afin, souvent, de détruire la Terre. Mais c’est bien entendu sans compter sur le vengeur au masque de requin. Dans le premier volume, Green Tiburon, bien secondé par plusieurs de ses collègues masqués, mettait fin aux agissements de la répugnante Pieuvre Carnivore de Santa Zanya. Dans cette nouvelle aventure, il bataillera contre un savant fou, des martiens amphibiens, des soucoupes volantes et de mystérieuses agentes secrètes du KGB… Dans cette aventure, il sera bien aidé par un mini (ndlr : un lutteur nain) répondant au doux nom de Guerrarito de Platino et par Atomico Cerebro, son allié de toujours.

Il est désormais temps de rentrer dans le vif du sujet de cette seconde aventure et de parler du formidable travail d’écriture effectué sur celle-ci. Ce qui frappe d’entrée de jeu, c’est l’amour véritable et inconditionnel que l’auteur porte au monde de la lucha libre. Souvent moqué, mal compris et pris au second degré par les profanes soucieux de la mode (le monde de la lucha libre est très « in » depuis quelques temps), l’auteur aborde cet univers au premier degré avec respect et déférence mais non sans humour. Il traite son héros et son combat comme la chose la plus sérieuse du monde. Le style d’écriture est vif comme un atemi, percutant comme un D.D.T et souple comme une german suplex. Les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné sans toutefois virer à la confusion. L’histoire et son déroulement restent limpides en toute occasion. Concision et clarté sont les deux maitres-mots de l’écriture. Les rebondissements sont nombreux, variés et construits selon un crescendo savamment orchestré. On tourne les pages avec gourmandise, impatient de découvrir la suite des aventure du Requin Vert. L’écriture est d’ailleurs très cinématographique, les images se forment dans notre esprit à la lecture et on imagine aisément l’histoire sous forme de film. C’est un des nombreux points forts de ces aventures, renouant avec l’esprit des serials d’antan qui misaient tout sur le mystère, l’aventure et l’imaginaire.

Du mystère, de l’aventure et de l’imaginaire, Operacion Deluge Atomique n’en manque pas et contient tout ce qui fait la charme de la luchasploitation, un genre qui se situe quelque part entre la série B et le pur Z dans lequel le gentil héros, ami des enfants et séducteur en diable, se bastonne contre tout un tas de monstre croquignolets pour sauver une petite pépée ou la Terre entière. Et parfois, les deux en même temps. Et les fascicules édités par La Carnoplaste respectent ces codes à la lettre en ajoutant toutefois une touche de modernité au niveau du rythme et des dialogues. Esthétiquement (façon de parler puisque les aventure de Green Tiburon paraissent sous forme de nouvelles éditée au format A4), on se situe entre le comic book, le film noir, la SF parano fifities, le gothique latin et anglais, le tout dans un esprit débridé proprement mexicain mais un premier degré essentiel car au Mexique, on ne déconne pas avec les légendes. La lucha libre est la chose la plus sérieuse du monde. D’ailleurs, l’auteur a parfaitement capté cette vibe en retranscrivant les états d’âme des héros qui ne s’étonnent de rien. Des soucoupes volantes atterrissent à Los Murcielagos ? Pas de problème. Des martiens amphibies essaient de torturer Green Tiburon ? Normal. Rien ne semble louche dans cet univers baignant dans une telle étrangeté et tout se règle grâce à la bagarre et parfois, quelques astuces scientifiques de derrière les fagots.

Green Tiburon – Operacion Déluge Atomique se veut une histoire d’aventures, entraînante, funky et pleine d’exotisme. Elle plaira aux amateurs de feuilleton, serials et autre récits de SF des années 40 et 50. Univers riches, galerie de personnages originale et attachante, rythme trépidant, action, mystères, complots, bastons et petite pépée, les aventures de Green Tiburon réservent leur lot de surprises en tout genre. Très bien écrit par un auteur respectueux du genre et de la tradition, Operacion Deluge Atomique ravira tous les luchadores professionnels et amateurs ainsi que les minis de 7 à 77ans. Des aventures trépidantes à partager en famille, avec un cigare, une verre de rhum et une petite pépée a chaque bras. La classe, ça ne s’achète pas.

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