Ose court

OSE COURT - Tournage : Le Zombie au vélo

2 août 2014 | Par : Damien Taymans

Vendredi 1er août, 11 heures tapantes, soleil tapant. Quelques gouttelettes de sueur ruissellent le long du nez. Mais ce n’est rien en comparaison du faciès d’Olivier Bonjour, acteur principal du court, aperçu entre autres dans les œuvres de Maxime Pasque, supportant maquillage et dentier sous cette chaleur torride. Pourtant, le comédien, contrairement au terrain sur lequel se déroule ce dernier jour de tournage, ne fait pas de vague. Professionnel jusqu’au bout des ongles (noirs), il interprète sans défaillir un zombie imposant, drôle et émouvant. C’est que Le Zombie au vélo de Christophe Bourdon est avant tout un drame social semblable à ceux des frères Dardenne qui, comme son nom l’indique, met en scène un mort-vivant cycliste. Un être décharné contraint de trouver un emploi, un individu asocial qui se cherche une place dans la société.

Le terreau du film social accueillerait-il une mauvaise graine ? Ce serait remettre en doute l’intégrité et l’honnêteté de son auteur qui, s’il s’amuse à détourner quelques passages des films les plus célèbres des Dardenne, ne rend pas moins hommage à leur cinéma à travers son œuvre. Loin d’être un pastiche sans saveur ou un quelconque règlement de comptes, Le Zombie au vélo est aux films des frangins belges ce que le Spaceballs de Mel Brooks était à Star Wars : un mille-feuilles caustique et drôle qui privilégie l’effet gagesque mais jamais au détriment de l’histoire ni de la forme, très proche du cinéma bâti par les auteurs de L’Enfant (caméra à l’épaule, cadre épuré et délabré d’où ressort une certaine beauté, violence des échanges). Une histoire dont les prémices naissent dans un lieu singulier : alors qu’il discute avec un des organisateurs du BIFFF du cinéma belge au sortir de la séance de Zombadings (un film philippin traitant d’une zombification homosexuelle), Christophe imagine faire figurer cette créature dans un film purement social alors qu’elle était jusque-là plutôt sujette à la métaphore sociale en filigrane de l’horreur.

Au fil de la journée, nous observons en retrait le microcosme qui habite ce terrain vague de l’île Monsin sur lequel a été débarqué une caravane en sale état, repaire du mort-vivant. Le plateau fourmille, on prépare de nouveaux plans, le décor est peaufiné tandis que le comédien principal, dont les déplacements nécessitent une ombrelle à cause du climat accablant, reçoit les dernières retouches sous les pinceaux de Lionel Lê et de son équipe de Dinh Van Fx (quel travail !). Christophe Bourdon, derrière son combo, règle les derniers détails du cadrage, dirige son acteur et son équipe technique ; il semble tout contrôler mais aime trop l’improvisation que pour l’étouffer. Le réalisateur se montre aussi intransigeant que bienveillant, allant même jusqu’à réclamer des applaudissements pour la poule qui vient de signer une prestation méticuleuse, marchant sur des œufs, pour l’une des scènes-clés du film. Notons à ce propos qu’une créature (ni zombiesque ni animale) n’a été maltraitée durant le tournage.

Reste à patienter quelques mois avant de découvrir le résultat final sur grand écran (au BIFFF où l’idée a germé pour la première fois ?) et de s’émouvoir pour le destin de ce mort-vivant paumé qui mériterait tous les plans Rosetta de notre chère Belgique...

photos : Samuël Tubez


Commentaires

Ca donne plus qu’envie de le découvrir ! Impressionnant !

3 août 2014 | Par topaze

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