Ose court

OSE COURT - The blood

12 novembre 2010 | Par : Damien Taymans

Made in Japan

Signataire de Survival, un court que nous vous avions présenté dans le cadre de cette même chronique et depuis distribué en DVD via le French Démence d’Oh my gore !, Guillaume Tauveron produit depuis quelques mois The blood, un nouveau court-métrage tourné en intégralité au Japon avec des acteurs japonais et en langue japonaise. Plutôt burné comme projet, non ? C’est pas tout puisque le sieur s’apprête à donner naissance à un long par la suite. Il a désormais besoin de vous pour le soutenir dans ces projets pharaoniques. Explications ci-dessous...

Bonjour Guillaume. Peux-tu nous dévoiler en quelques lignes le synopsis
de The blood ?

The Blood est l’histoire d’un salaryman japonais banal, Shinji, qui
passe son temps à bosser, et ne fais pas très attention à sa femme,
Akemi. Jusqu’au jour où celle-ci est assassinée et revient en fantôme
pour demander à Shinji de la venger. Le sujet de l’histoire n’est donc
pas une histoire de fantôme puisque ce n’est qu’un petit élément, comme
le fantôme du père dans Hamlet, mais une quête « négative » d’un homme
plutôt gentil et tranquille qui va découvrir en lui et dans les autres
différents aspects monstrueux que peuvent cacher les humains et qui
coulent dans leur sang.

Pourquoi décider de tourner au Japon en langue japonaise ?

Le Japon est un pays que j’aime depuis des années autant pour sa culture
que pour ses gens. Je me suis mis à apprendre le japonais il y a des
années de ça dans l’idée de tourner au Japon un jour. J’ai depuis
travaillé plusieurs fois avec un réalisateur japonais, Hiroshi Toda,
soit en tant qu’acteur soit en co-réalisation, et j’ai aussi tourné 2
clips au Japon, donc je suis déjà habitué à travailler là-bas. Au départ
j’ai voulut faire un hommage au cinéma asiatique en général, et l’idée
de transférer ça dans un univers japonais est tout de suite venu comme
une évidence. Il y a parfois quelque chose de trop lisse au Japon, j’ai
l’impression de temps en temps d’être un peu à Disneyland avec toutes
ces couleurs vives, tout le monde très poli, un service toujours au
millimètre près selon le client… Et en même temps si on fouille un peu
(et même sans d’ailleurs) le Japon est rempli de faits divers
extrêmement violents et parfois vraiment barrés. Donc pour cette
histoire de plongée dans les noirceurs de l’âme humaine, déjà un brin
abordé avec le clip Come Down que j’avais tourné au Japon, je trouvais
ça d’autant plus intéressant de situer l’action avec des personnages
japonais qui ont souvent peu d’expressivité au départ ce qui rend les
explosions d’émotions d’autant plus fortes. Et étant amoureux des
langues étrangères, il ne me serait pas venu à l’idée de faire doubler
le film en français par la suite ou de faire jouer les acteurs en
anglais, car toute la nuance et la subtilité d’une culture se retrouve
aussi dans sa langue.

Quelles sont tes références en termes de cinéma nippon ?

Les deux réalisateurs principaux qui m’ont mis une grande claque et
m’ont amené à m’intéresser de plus près à la culture japonaise, et qui
ont finalement changé ma vie, sont Akira Kurosawa pour son humanisme
(Ikiru, Les bas-fonds, Les 7 samouraïs, Entre ciel et Enfer…), et Kitano
pour son génial mélange de violence et de poésie (Hana-Bi, Sonatine,
L’été de Kikujiro). Il y a aussi tout un tas d’autres grands noms de
l’âge d’or du cinéma japonais : Masaki Kobayashi (Harakiri), Kihachi
Okamoto (Le sabre du mal), Seijun Suzuki (La barrière de la chair),
Shôhei Imamura (Pluie Noire, La ballade de Narayama), Kaneto Shindô
(Onibaba)… Difficile de tous les nommer tant il y a de chefs d’œuvre
durant cette période. Mais j’aime aussi certains films barrés et
iconoclastes de réalisateurs modernes comme Shinya Tsukamoto (Tetsuo,
Tôkyô fist…) et Takeshi Miike (Visitor Q, Audition, Happiness of the
Katakuris). Puis évidemment deux films de fantômes japonais : Ring de
Hideo Nakata, et Kaïro de Kiyoshi Kurosawa. Et enfin, un film qui a une
certaine influence pour The Blood : Une adolescente de Eiji Okuda. Avec
quelques animés comme Akira, Princesse Mononoké ou Sen to Chihiro, cela
représente la grande variété d’influences héritée de ce cinéma très
riche, du moins qui l’était, car les productions japonaises modernes
ressemblent plus à des téléfilms sans saveurs qu’à des films ayant
quelque chose à dire.

Le film est actuellement en phase de production. Comment se déroule
cette phase ?

C’est une très longue phase… Le projet est lancé depuis plus d’un an
maintenant. Comme nous tournons donc au Japon et en langue japonaise,
pas de subventions françaises, pas de pré achats non plus par des
chaînes, Motionsponsor ou Touscoprod n’ont même pas pris la peine de
répondre à nos mails donc pas possibilité d’inscrire le film sur des
sites participatifs… J’ai même pensé pendant un temps à transférer le
film en France en transformant un peu l’histoire, mais vraiment ce
n’était pas envisageable. Je voulais que le film soit fait tel que je
l’imaginais. Je connais aussi certains réalisateurs français, qui ont
tourné en France avec des acteurs japonais et dans des décors
suffisamment « impersonnels » pour que l’on puisse penser que l’histoire
se déroule au Japon, et cela fonctionne très bien. Mais pour The Blood,
Tôkyô est un personnage à part entière, avec beaucoup de scènes en
extérieur où l’atmosphère de la ville, de ses espaces surpeuplés et de
ses petites rues étroites, sont primordiaux pour le film. Donc on a
décidé avec Gauthier Lamothe (le producteur) de ne pas baisser les bras.

J’ai créé une page Facebook pour le film, et là les choses ont commencé
à bouger. J’ai reçu plein de dons et de soutien pour le film. J’ai
profité d’un séjour au Japon pour tourner un teaser avec les acteurs
principaux et cela a beaucoup aidé à promouvoir le projet. Et maintenant
le projet est sur le site participatif Ulule, où l’on continue à
recevoir des dons (chaque don recevant une contrepartie en fonction de
la somme : DVD, Affiche, etc…). Et je pense que l’on récoltera la somme
nécessaire d’ici fin Février (le tournage étant en Avril). Donc on peut
dire que ce film n’aurait pu exister sans le soutien du public et de
tous ces gens qui m’ont soutenu moralement et ou financièrement. Et cela
fait chaud au cœur de voir tous ces gens croire en ce projet, et ça me
met aussi une bonne pression, mais positive, pour aller au bout du
projet et surtout de le faire de la meilleure façon.

Tu as pour projet de réaliser un long métrage ensuite. Peut-on en
savoir davantage ?

Le long est déjà en écriture. Rien à voir avec l’histoire de The Blood,
si ce n’est le lien avec le Japon. C’est une très libre adaptation d’une
histoire courte du Dieu du manga : Osamu Tezuka, que j’avais adaptée
plus fidèlement il y a quelques années en court-métrage, j’étais même
allé chez Tezuka Productions et avait obtenu les droits, mais pour
diverses raison je n’avais pu faire ce projet. Mais comme il me tenait à
cœur, je l’ai entièrement repensé, dans ses grandes lignes, pour en
faire un scénario original qui aurait pour personnage principal un
peintre français vivant au Japon. Les 4/5è de l’histoire se déroulent au
Japon et le reste en France. En tout cas pour celui-ci, on espère bien
cette fois-ci bénéficier des aides françaises, comme le film sera tourné
à moitié en français et en japonais. Et tout ce que nous faisons avec
The Blood, carnet de contacts, tournage avec une équipe japonaise, etc…
servira de tremplin pour ce long, en prouvant que l’on a les épaules
pour tourner un film de longue durée au Japon. Il s’agira d’un film
fantastique mêlant plusieurs époques…

Quels retours as-tu eu de la distribution de ton court Survival via le
premier volume de la compilation French démence ?

Je n’ai pas eu de retours directs, je veux dire par là que personne ne
m’a contacté suite à ça. J’ai pu trouver quand même quelques chroniques
faites sur le film via certains sites. Mais c’est surtout le plaisir
d’être distribué aux côtés d’autres courts de qualité.

POUR SOUTENIR LE PROJET : http://fr.ulule.com/the-blood/

Commentaires

Merci infiniment à l’équipe de Cinémafantastique de mettre ce projet en lumière. Pour en savoir plus sur le sujet et comment le soutenir :

http://fr.ulule.com/the-blood/

12 novembre 2010 | Par Tauveron Films

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