Ose court

OSE COURT - Spirale

18 mars 2010 | Par : Gore Sliclez

Meunier tu mords, ton Moulin tourne pas rond...

Réalisé il y a quatre ans déjà, Spirale est le cinquième film du réalisateur Michael Guerraz auteur notamment de Building Blues, La Méthode douce ou encore Les Ordures. Ce nouveau court métrage se présente comme une fable morbide racontant l’histoire de Virginie qui par une belle journée d’été rejoint son amant, Alexandre, recherché par les gendarmes et qui se cache dans un moulin en ruines. A peine ont-ils le temps de profiter de leurs retrouvailles qu’un sombre corbeau venu se poser sur les ailes du moulin déclenche une sinistre malédiction. Le jour fait place à la nuit et sort alors de la pénombre l’inquiétant occupant des lieux : le meunier.

Magnifiquement photographié, Spirale est un de ces courts métrages que l’on souhaite devenir longs, histoire de prolonger le plaisir de visionner une œuvre noire, gore et délicieusement fantastique. Le film est un bel hommage aux classiques du genre via de très beaux plans maîtrisés et qui fait preuve de nombreuses qualités sans jamais sombrer dans le "prétentieux maladroit" malheureusement parfois inhérent aux œuvres amateurs. Certes la présence de la belle Alice Vial assure la qualité de l’interprétation mais la réalisation de Spirale est tout simplement réussie. Notons enfin que le court métrage est produit en partie par la société Tek Ker et Forge Productions dont on connaît la passion du cinéma de genre de qualité en France.

Assez écrit, place à l’interview fleuve de notre ami Michael Guerraz dont les ailes de son moulin semblent tourner encore et encore par le vent de l’imaginaire...

- Avec Spirale, c’est la première fois que vous touchez au film d’horreur. Vos œuvres précédentes se situaient plutôt dans le thriller, le drame ou encore la comédie. Pourquoi ce changement ?

Effectivement, les autres courts-métrages que j’avais réalisés n’avaient aucun lien avec l’horreur et pourtant je suis fan de films fantastiques et horrifiques. Cela dit, regarder régulièrement ce type de films a peut-être fini par m’inhiber un peu : lorsqu’une idée me vient à l’esprit, bien souvent, elle a déjà été abordée sous différents angles. Pas facile donc de trouver une idée vaguement originale et de réussir son film tant la barre est haute, à mon sens.

Même s’il ne s’agit pas de co-réalisation, Nathalie Lao, ma compagne, est aussi une pierre angulaire de ces projets. Elle en assure les fonctions de chef op’ mais elle suit les projets de près avec moi depuis l’écriture du scénario jusqu’à la fin de la post-production. Son avis compte énormément et forcément, cela implique que l’on trouve des sujets qui nous plaisent à tous les deux.

Enfin, faire un film d’horreur ou fantastique engage un minimum de frais pour les maquillages, les accessoires etc… Avant de me lancer sur ce type de projets, je souhaitais faire quelques essais sur des courts plus classiques, à un coût moindre. Je n’étais pas sûr de parvenir à raconter une histoire visuellement.

J’ai donc pris mes marques avec les deux premiers courts : « Building blues » un thriller et « Gare à l’amour » une comédie tournée à la manière d’un western-spaghetti. Quelques prix dans des festivals m’ont donc un peu rassuré pour me lancer dans un 3e court, cette fois dans le genre horrifique qui devait d’ailleurs être assez très simple aussi. Enfin, au tout départ…

- Quel est votre parcours jusqu’ici ?

J’ai fait des études en arts plastiques. Gros cinéphage, je suis venu sur Paris suivre les cours d’une école privée de cinéma où j’ai appris comment fonctionnait une équipe, comment on écrit un scénario etc… Cela a répondu à pas mal de mes questions d’ordre pratique

J’ai ensuite travaillé en télévision comme électricien. J’ai participé à plusieurs courts-métrages, à différents postes ce qui m’a beaucoup plu et aussi permis de rencontrer des personnes qui allaient, petit à petit, former le noyau dur de notre équipe.

Ensuite, j’ai bifurqué vers le montage, essentiellement de documentaires, métier que je pratique aujourd’hui depuis 7 ans. Plus récemment, je me suis lancé dans la co-réalisation de documentaires, avec Guillaume Albert, un ami réalisateur (rencontré justement par le biais du court-métrage) dont j’ai monté les précédents documentaires.

- Vous êtes très fidèle dans le choix de vos acteurs : Bertrand Constant mais aussi Frédéric Bour et Alice Vial. Qu’appréciez-vous tant chez ces deux derniers acteurs que l’on retrouve d’ailleurs dans Spirale ?

Pour l’instant, j’ai toujours eu de la chance avec les comédiens avec qui j’ai tourné. J’ai rencontré Bertrand sur « Building blues ». Il n’apparaît pas à l’écran, mais a prêté sa belle voix grave, pour une scène cruciale du court. On avait beaucoup aimé son investissement et son professionnalisme pour une si petite participation. Lorsque l’on a écrit « Gare à l’amour », Nathalie et moi, nous avons naturellement pensé à lui. Sur le tournage, j’ai apprécié la manière dont il abordait son rôle, n’hésitant pas à intervenir sur mes choix et faire des propositions. Je trouve qu’il a une belle présence physique à l’écran et sa voix. Alice et Fred, je les ai rencontrés en faisant le casting de « Spirale ».

Dès que j’ai vu Fred arriver vers moi, sa démarche, son attitude, je savais que ce serait lui qui aurait le rôle d’Alexandre. C’est un acteur qui adore l’aspect physique des rôles et qui donne tout sur le plateau. J’aime bien son côté « jeune loup », il a une présence magnétique, je trouve. J’espère lui offrir un rôle un peu plus important. Ses personnages ont toujours tendance à finir assez mal dans nos courts, c’est presque devenu un « running gag » involontaire.

Pour le rôle de Virginie dans « Spirale », je cherchais un profil physique très différent du sien. Mais quelque chose m’intriguait dans la photo de son visage, reçue par mail. On l’a donc rencontré, Nath et moi, et ce qui nous a sauté aux yeux, c’est son mélange presque contradictoire de fragilité et de ténacité, qui collait bien au rôle. Le projet se revendique ouvertement des films d’horreur gothiques européens et surtout italiens des années 60, je trouvais qu’Alice avait un physique qui collait parfaitement à cet esprit. Quelque part, elle me rappelle un peu la sublime Michelle Mercier, en brune, dans le premier segment des « Trois visages de la peur » de Mario Bava.

Elle n’avait pas peur de l’aspect physique de son rôle, ce qui était très important aussi car il allait falloir courir en pleine forêt, dans le froid et en petit robe, faire des petites cascades, se prendre des coups, ne pas avoir peur d’être filmée pas forcément à son avantage etc… Notre collaboration s’est très bien déroulée. J’ai apprécié la vitesse à laquelle elle arrivait à se plonger dans le rôle ainsi que sa force de proposition.

Tout naturellement, lorsqu’on s’est retrouvé à préparer « La méthode douce » et « Les ordures » deux courts fait en 48 h, pendant la post-production de « Spirale », j’ai donc fait appel à ces trois comédiens pour prolonger le plaisir de travailler avec eux.

- Le scénario est écrit par Olivier Dreux. Travaillez-vous ensemble sur l’écriture d’un scénario ?

Olivier et moi, nous sommes rencontrés, il y a plusieurs années sur le court-métrage d’un ami dont il avait écrit le scénario. Le feeling est passé instantanément. Nous avions, en plus, les mêmes envies de cinéma. Très rapidement, on s’est mis à écrire ensemble plusieurs scénarios qui n’ont malheureusement jamais vu le jour avant de faire celui de « Spirale ».

Enfin, quand je dis « on », c’est plutôt Olivier qui écrit, concrètement. Bien sûr, le résultat est toujours le fruit d’un échange d’idées entre lui et moi, mais je lui cède volontiers la place de « l’auteur » des scénarios. Les scénarios des courts que j’ai réalisés ne sont certainement pas parfaits mais ils sont certainement bien meilleurs que si je les avais écrits tout seul. J’adore sa façon de structurer les scénarios et c’est un scénariste sait traduire visuellement des idées, quelque soit le genre abordé.

- Depuis sept ans et votre premier court “Building Blues”, c’est la même bande à peu près : Nathalie Lao, Olivier Dreux, Sébastien Milhou, Claire Arnou et j’en passe beaucoup d’autres. Cette fidélité remonte aux études ?

Comme je le disais, il s’agit de personnes rencontrées au gré des tournages. Lorsque cela se passe bien avec quelqu’un, l’envie de retravailler avec lui se fait forcément sentir. Je n’imagine plus un tournage sans l’ingénieur du son Stéphane Isidore, ni même la maquilleuse Claire Arnou ou encore les musiciens Clémence et Louis qui sont tous des éléments clés dans l’élaboration de ces courts. Cette fidélité permet de travailler plus rapidement et surtout dans une ambiance détendue.

Sébastien Milhou et Cédric Hachard sont des amis de longues dates, je les ai rencontrés à l’école de cinéma. Ils ont un talent et une gentillesse énormes et ne sont jamais bien loin de mes tournages.

- Vous êtes actuellement produit par Cédric Hachard de chez Forge. Un beau coup de pouce vu la qualité de leur catalogue ?

Au départ, j’avais envisagé « Spirale » comme un petit slasher tourné rapidement et en dv. Un tueur masqué à la perceuse courrait après une jeune femme en détresse mais de fil en aiguille, le projet a pris de l’ampleur. Olivier a eu de nouvelles idées comme de situer le film dans un moulin et de transformer le tueur en meunier, de remplacer la perceuse par le fléau…

Avec Nath, quand on a compris que si on voulait mettre en image ce scénario qui comprenait cascades, maquillages, effets spéciaux physiques et virtuels, costumes, décorations etc… il allait falloir être épaulé par quelqu’un d’expérience et une boîte de production assez folle pour nous aider à gérer tout ça.

Nath et moi avions participé aux courts de Forge et Cédric nous avait donné un coup de main sur « Building blues ». Nous sommes donc allés voir Cédric avec le projet de « Spirale » sous le bras en 2005. À l’époque, il sortait de deux gros tournages « Surface sensible » et « Le jour du festin ». Ce dernier comportait des difficultés de tournage à peu près similaires à « Spirale ».

Il s’agit d’une auto production mais le film a néanmoins bénéficié d’un apport privé de la part de Thierry Kermorvant via sa société Tek-Ker, co-producteur du film. Nous avons eu des aides en apport industrie de la part de Activ’attitude sur le plateau et de Toggle production sur la post-production. Enfin, l’agence immobilière Agencity, pour qui nous avions réalisé une pub, via Forge, nous a sponsorisé.

Le film a été extrêmement difficile à faire, surtout que l’on passait de « Gare à l’amour » un film assez simple et tourné, en équipe ultra réduite, à un tournage conséquent en deux parties de 15 jours au total et avec une avalanche de problème à régler. Le talent et le savoir faire de Cédric Hachard et Sébastien Milhou ont bien évidemment été bénéfiques pour le projet et je ne les remercierais jamais assez d’y avoir consacré autant de temps et d’énergie.

- Quelle chance d’avoir la voix de Benoît Allemane pour la voix off...
Le film ressemble inévitablement à un comte macabre. Pourquoi ce choix délibéré ?

Avec Stéphane, l’ingé son, on a tout de suite pensé à Benoît Allemane pour le prologue, avant même le tournage. C’est un conteur-né. Je savais qu’il avait participé à des courts-métrages de genre, en tant qu’acteur ou narrateur, j’ai donc tenté ma chance. Et il a accepté. C’est un beau cadeau car sa voix permet tout de suite une immersion dans un conte et donne un cachet supplémentaire au film. C’était nécessaire car le film ne démarre vraiment qu’au deuxième tiers et donc il fallait mettre le spectateur en condition.

Le film est ouvertement un conte macabre. On souhaitait inscrire ce court dans cette tradition de film d’horreur des années 60, qui paraissent sûrement un peu désuets pour le public d’aujourd’hui, mais qui possèdent un charme incroyable. Un type d’horreur, un peu gentille loin des films contemporains très durs comme Hostel et les suites de Saw.

- Comment s’est passé le tournage en forêt avec la Steadicam ?

Le tournage en forêt s’est avéré cauchemardesque. Nous avons surnommé cette période, « le Vietnam » et pour cause.

Je souhaitais une forêt à la « Blanche neige et les sept nains » avec des arbres nus et graphiquement menaçants. C’est pour cela que nous avons donc choisi de tourner à la toute fin de l’hiver, fin mars. Mais il faisait encore très froid. La nuit, en forêt, on ne voit absolument rien, ce qui ne facilite pas un tournage sans parler de la pluie qui nous a littéralement paralysé à plusieurs reprises… On faisait de très gros horaires. Parfois le matin, les camions s’embourbaient, le nettoyage du matériel, boueux à souhait, à été un véritable calvaire. Alice, dans sa petite robe d’été, est tombée malade au milieu du tournage. Didier Nobletz a pas mal souffert lui aussi, entre la pose du maquillage qui était complexe donc assez longue, des lentilles qui lui faisaient un mal de chien et son costume le protégeait à peine plus que la robe d’été d’Alice.

Bref, nous avons terminé sur les rotules. J’avais même honte d’avoir embarqué toute une équipe dans cette galère et je me suis même demandé où j’allais trouver la force de rempiler un mois plus tard pour dix jours supplémentaires.

Le steady cam a été surtout compliqué, physiquement parlant, pour Sébastien Milhou et Benjamin Fatras mais en terme de tournage pas plus que ça. Cela dit, il n’y a pas beaucoup de plan de ce type dans le film car je préfère en général la linéarité des travellings.

- Le choix de tournage à Laboissière-en-Thelle était-il évident ?

On a tourné dans une forêt vers Laboissière-en-Thelle, dans l’Oise, car à la fois nous pouvions avoir un pied-à-terre et un gros coup de main de Stéphanie, la sœur de Nath et de son mari, Arnaud, qui nous ont toujours aidé sur nos tournages. C’est aussi la seule forêt qui nous convenait et dont le garde nous autorisait à tourner à l’intérieur.

- C’est la première fois que vous utilisiez les effets 3D et les illustrations pour un court métrage ? Comment s’est passé le travail ?

Effectivement, c’était la première fois que je travaillais avec des éléments 3D. Au départ, tout devait être fait par un seul graphiste mais devant l’ampleur de la tâche, on a progressivement divisé le travail 3D en trois. Benjamin Deschamps se chargeait du moulin en synthèse et des effets atmosphériques et Laurent Ferrière d’un effet spécial sur le meunier et d’une animation de particules. Enfin, Fred Burdy s’est occupé du corbeau en synthèse. Ce qui est drôle, c’est que je n’ai jamais rencontré Fred puisqu’il vit dans le sud. Nous avons tout fait grâce à la magie d’Internet.

J’ai passé aussi de nombreuses nuits blanches sous after effects pour combiner la plupart de ces éléments et faire d’autres effets dont les animations du prologue. Ce dernier est co-réalisé et dessiné par la talentueuse Véronique Hauller qui a aussi story bordé le court et a travaillé dessus en tant que scripte. Au final, comme c’est naturellement le cas en court-métrage, tout le monde travaille sur le projet dans leurs moments libres et la post-production aura donc pris plus de 3 ans.

- Certaines scènes sont très gore. Vous aimez les films d’horreur en général ?

J’adore le cinéma d’horreur depuis que je suis môme. Il n’y a pas un mois, voire une semaine sans que je regarde ou revois au moins un film d’horreur ou fantastique. J’aime le gore qu’il soit crade ou qu’il cherche à faire rire mais j’aime aussi les films qui privilégient les hors champs, l’ambiance.

On a d’ailleurs cherché à faire mélange des deux approches. Sous l’impulsion d’Olivier, il nous est rapidement apparu qu’il valait mieux n’avoir qu’une seule scène gore pour maximiser son impact. En projection, la scène semble bien fonctionner à ce niveau-là.

- Alors le Belzébuth... monté sur échasses ou pas ? D’où vient-il d’ailleurs ?

Il est passé par là, certainement attiré par la table régie ! (rires). Mais il n’est pas monté sur des échasses. En réalité, il s’agit d’un système assez astucieux crée par le maquilleur Laurent Zupan et ses deux assistants, Mathieu Roszack et Mathieu Germain. C’est une sorte de variation des pattes de loup garou crées par Patrick Tatopoulos sur le premier « Underworld ». L’acteur / maquilleur, insère ses pieds dans un système à ressort qui le surélève. L’effet était impressionnant. Les pattes étaient recouvertes d’une fourrure en poil de yak si je ne dis pas de bêtises. Je regrette encore de ne pas avoir pu filmer l’arrière des sabots où était gravée une belle spirale. Le personnage est très beau visuellement je trouve. C’est le résultat d’un travail de maquillage et de costume réalisé par Marguerite Lantz. Je ne suis pas sûr d’avoir rendu justice à la beauté du personnage d’ailleurs.

Quant à savoir d’où il vient, j’ai bien sûr ma réponse, mais je la garde pour moi !

- Les maquettes, le maquillage et les accessoires semblent n’avoir motivé que des filles...

C’est un peu du hasard, mais j’adore travailler avec les filles. Je les trouve en règle générale, très consciencieuses, minutieuses et franches et n’hésitant pas à proposer des choses un peu décalées. Avoir des filles sur le plateau, je trouve que cela amène une sorte d’équilibre, une sorte de Yin & Yang.

Dans le métier, il y a une sorte de machisme ambiant latent. Je trouve qu’il n’y a pas assez de réalisatrice, de chef op’ femmes, d’electro, machino femmes etc… Aux césars cette année, il n’y avait que des mecs nommés à la mise en scène et la lumière par exemple. Je trouve pourtant que le travail de Zabou Breitman sur « je l’aimais » était remarquable, par exemple. Quant aux maquillages… et bien la profession n’est même pas reconnue par l’Académie alors qu’il y a un nombre considérable de films qui nécessite des maquillages aujourd’hui et pas forcément que dans des films de genre.

- La lumière, malgré des conditions de travail qui ne devaient pas être évidentes, est très belle. Qui se cache derrière celle-ci ?

Belzebuth ! (rires). Il s’agit d’un travail un peu spécial. Nathalie devait partir travailler comme assistante opérateur sur un long-métrage qui tombait pile poil dans nos dates de tournage. Du coup, il a été convenu que Sébastien, par ailleurs cadreur sur le court, prendrait le relais à la lumière une fois que Nathalie partirait. Ils se sont mis d’accord sur la continuité visuelle (couleurs des gélatines, direction de lumière, contrastes etc…) et cela s’est très bien passé.

En clair, Nath a éclairé les extérieurs nuits en forêt, les séquences à l’intérieur du moulin de jour et plusieurs scènes de nuit. Sébastien est en charge de l’image pour la première séquence en extérieur jour et tout le dernier acte du film depuis le moment où Virginie revient d’elle-même dans le moulin jusqu’à la fin du film.

Éclairer la forêt a été assez compliqué pour Nath qui n’avait pas beaucoup de projecteurs et de puissance. De plus, la gélatine qu’on utilisait pompait beaucoup de lumière du fait de sa densité. Elle s’en est bien sortie au final. Aussi, l’utilisation de la fumée a été carrément bénéfique pour créer l’atmosphère recherchée.

- Combien de temps a duré le tournage ?

Le tournage a duré 15 jours en tout : 5 nuits en forêt en mars et 1 journée en extérieur jour et 9 jours en « studio » en avril. C’est bien sûr beaucoup pour un court-métrage, néanmoins chaque jour comportait son lot de plans difficiles à mettre en boîte.

- Et pour la musique ? Celle-ci est très originale et partie prenante du suspens ce qui est plutôt difficile dans un court par manque de budget très souvent. Comment s’est fait ce travail du tandem Clémence Fabbricotti et Louis Rouah ?

La post production fut assez longue en rapport à la masse de travail à fournir en terme d’effets spéciaux, bien sûr, mais aussi à une bande son qu’il a fallu intégralement créer, un peu à la manière d’un film d’animation : post synchronisation, bruitages, sound design etc... Ce qui est un travail considérable.

Pendant ce temps-là, Clémence et Louis, qui avaient signé la musique de « Gare à l’amour », ont utilisé tout ce temps pour fournir un travail énorme et minutieux eux aussi et livrer cette musique très orchestrée. Ils avaient la fabuleuse musique de Kilar pour le « Dracula » de Coppola en référence, ce qui plaçait donc la barre assez haute. Et je suis très content du résultat. Ils fourmillent d’idées, sont très pointus en matière de bandes sons et peuvent passer d’un genre de musique à un autre avec une facilité déconcertante parfois.

Il faut dire que pendant la longue post-production, nous avons fait ensemble un autre court, « Contacts », un drame intimiste teinté de fantastique où la musique – tout comme le film – est l’exact contraire de « Spirale ».

- Avez-vous, comme votre technicien Sébastien Milhou, travaillé sur “Le Jour de la Comète” ? Où en est le projet ?

Oui, Nath et moi avons donné un petit coup de main sur le tournage. Nous sommes amis et forcément, nous nous entraidons autant que possible. Ensuite, j’ai monté une partie de l’histoire de Cédric.

La post-production du film avance bien et j’ai vu quelques nouvelles images qui laissent augurer un film qui envoie du lourd ! Comme beaucoup, je suis très curieux de voir le résultat.

- Forge défend le court métrage de genre en France. Quel est son avenir selon vous ?

Je pense qu’il va y avoir de plus en plus de courts-métrages de genre. La démocratisation des logiciels de montage et les caméras vidéos devenant de plus en plus pointues et abordables ont permis un développement conséquent de ce type de courts. L’informatique permet aussi des prouesses en termes d’effets spéciaux.

Grâce à Internet, il est très facile d’entrer en contact avec des personnes motivées pour un projet commun, quelque soit sa région. Internet permet aussi une plus grande visibilité. Des films courts qui oeuvrent, avec sérieux, dans le fantastique, l’horreur, le thriller, la sf ou l’action pullulent sur la toile et ils sont de plus en plus aboutis. Malheureusement, ils sont aussi généralement autoproduits car aucun système d’aides n’accepte de financer ce type de projets. Sur ce point, je reste assez pessimiste pour l’avenir.

En même temps, c’est aussi un bon moyen de tester la motivation des réalisateurs et de constater leur ingéniosité. Il suffit de voir « Surrender », « Ekolopathe », le fanfilm « Batman : ashes to ashes » ou encore « Precut Girl » pour s’en convaincre.

-Quels sont vos projets pour le futur ?

Je m’apprête à réaliser un petit court de 5 min a tendance horrifique pour un concours de court-métrage lancé par le SMIHFF. Ce sera une variation autour du giallo.

Olivier et moi avons signé un contrat avec une boîte de production pour développer le court-métrage « Argile ». Il s’agit d’une relation un peu étrange entre une vieille sculptrice aveugle et un jeune homme. C’est un film classique, même si l’ombre du fantastique n’est pas loin.

Je travaille avec Olivier sur un scénario de long-métrage fantastique.

Enfin, je termine actuellement la co-réalisation, avec Guillaume Albert, d’une série de 10 documentaires de 13 minutes consacrée à des réalisateurs français de films de genre en France et qui sera diffusée très prochainement sur Orange Tv.

TRAILER

Spirale (teaser) from Michael Guerraz on Vimeo.

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