Ose court

OSE COURT - Souvenirs de vacances

20 avril 2012 | Par : Chroniqueurs

Souvenirs, souvenirs

Par Christophe Triollet

Face à sa caméra, Teddy (Jo Prestia) décide de nous raconter sa vie et de nous parler des femmes qui l’ont traversée. D’une voix posée et sur le ton de la confidence, il prend le temps d’expliquer son amour inconditionnel pour les jeunes et jolies filles tout en décrivant avec résignation ses actes lorsqu’il cède à ses pulsions meurtrières. Il filme et assassine très naturellement celles qu’il a choisies sans se soucier un seul instant des conséquences de son emportement. Teddy est un serial killer, et c’est bien là tout son problème...

Avec Souvenirs de vacances (2011), Olivier Strecker réalise un court-métrage étonnant qui lui permet de satisfaire sa soif de cinéma, sa passion pour les effets spéciaux et son intérêt marqué pour les tueurs en série. Ses rencontres avec Stéphane Bourgoin – auteur du best-seller Serial killers, enquête sur les tueurs en série – et l’acteur Jo Prestia – La Vie rêvée des anges (1998) d’Erick Zonca ou encore Irréversible (2002) de Gaspard Noé – vont définitivement le convaincre de mettre en scène la contradiction flagrante qui existe entre le raisonnement troublant d’un tueur psychopathe et le résultat froid et sans appel de son comportement criminel.

Le résultat est saisissant, d’abord grâce à la performance de Jo Prestia lequel, assis sur une chaise, presque immobile, parvient à nous faire entrer progressivement dans la tête de Teddy. Tout à la fois sympathique et effrayant, Jo Prestia nous met mal à l’aise lorsqu’il passe d’une émotion à une autre, toujours en décalage avec la violence des images illustrant son récit. Olivier Strecker s’appuie avec réussite sur son expérience de maquilleur autodidacte pour nous offrir des victimes plus vraies que nature. Un savoir-faire acquis aux côtés de Benoît Lestang – le créateur trop tôt disparu des maquillages incroyables de Martyrs (2008) de Pascal Laugier – qu’il découvre en janvier 1982 dans le 22ème numéro du magazine Mad Movies.

Mais Olivier Strecker n’est pas qu’un créateur d’illusions comme il se définit lui-même, c’est également un réalisateur avide de progresser. Habitué à mettre en scène ses propres effets spéciaux depuis très longtemps, il a tout naturellement su intercaler et valoriser les séquences illustrant les souvenirs de Teddy. Même s’il a tendance à montrer un peu trop complaisamment les maquillages réalistes qu’il a créés, on lui pardonne bien volontiers eu égard aux nombreuses qualités de ce premier vrai court-métrage sélectionné pour le Short Film Corner organisé durant le Festival de Cannes du 16 au 26 mai 2012. Rien que ça...

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