Ose court

OSE COURT - Sébastien Sonet, charcutier cinéaste

29 avril 2013 | Par : Chroniqueurs

Par Christophe Triollet

« La mémoire est un cancer... Même quand elle s’efface, elle laisse des marques, des griffures, des petites balafres qu’on s’empresse de transformer en regrets… » Ces premiers mots tirés du film plantent l’ambiance glauque et poisseuse d’Autopsie d’un porc (Pig Autopsy, 2013), le second court métrage de Sébastien Sonet, un talentueux graphiste que l’on connaissait déjà pour avoir fait l’objet d’un reportage remarqué dans « L’Écran Fantastique » en septembre 2009, mais aussi pour avoir réalisé les très belles affiches des troisième et quatrième éditions du « Bloody Week-end », le festival du film fantastique d’Audincourt, en 2012 et 2013.

Cette histoire pathétique d’un veuf (Christian Duengler) malade de son passé, sombrant dans la solitude, choisissant de prendre son destin en main d’une bien étrange manière , nous interpelle dès le départ. Le choix des plans et du noir et blanc renforcent le malaise que l’on éprouve face à cet homme rongé par la maladie et meurtri par une société qui n’en veut plus. Autopsie d’un porc nous fait irrémédiablement penser à ces films mettant en scène des hommes qui ont basculé, choisissant de vivre – ou non – en conspuant le système dans lequel ils ne se reconnaissent plus. Si Laurence R. Harvey disjonctait gravement en réalisant ses fantasmes les plus extrêmes dans The Human Centipede 2 (2011) de Tom Six, Christian Duengler, qui lui ressemble sous certains aspects, campe un homme qui finit par réagir en s’en prenant à lui même. Les ombres du passé l’assaillent et nous font parfois penser aux êtres torturés mis en scène par John Capone dans son court Mortem en 2010.

Autopsie d’un porc, projeté au dernier festival « Mauvais Genre » à Tours en mars 2013, sera présent à Cannes au « Short Film Corner » dans quelques jours. Sébastien Sonet aura alors 15 minutes pour convaincre la Croisette de son talent et de son goût prononcé pour la charcuterie comme ses réalisations précédentes nous l’avaient déjà démontré. On se souvient notamment de « Mon âme est une porcherie », une illustration inspirée d’un des romans de Gudule (Anne Duguël) dans Le Club des petites filles mortes publié chez Bragelonne en 2008, mais aussi et surtout de Dévorant, son premier court tourné en 2012 avec déjà l’inquiétant Christian Duengler et son acolyte Alexis Delacôte.

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage