Ose court

OSE COURT - Redrum

12 février 2009 | Par : Damien Taymans

Comment prendre son pied...

Redrum, un intitulé qui sonne indubitablement admirablement aux admirateurs du Shining de Kubrick et qui ne symbolise en réalité qu’une consonance classieuse aux oreilles de son réalisateur. Prenant ses sources dans une réalité tangible ("C’est en travaillant avec Noémie. Nous avions un ami en commun qui entrait la nuit chez les gens pour les voir dormir, …") pour le moins flippante, Redrum conte la descente aux enfers de deux filles venues admirer un inconnu durant son sommeil. Un fait divers glacial, une dépêche terrifiante imprimée en temps réel sur la pellicule qui déverse en quelques minutes les relations chaotiques de ce triangle maudit. Une voyeuse pure et dure, une pousse-au-crime élevée aux défis puérils, un innocent qui déguste la douce chair de Morphée, une équation d’avance bancale et impossible à résoudre. C’est de cette situation a priori simple que naît le drame. Un drame qui vire bientôt à l’horreur en réaction à l’imprévisible, à l’impensable. La planification méticuleusement échafaudée tombe à l’eau et laisse place à un plan B forcément désorganisé où ne règne qu’ une improvisation déstructurée amenant inexorablement vers la déconfiture des protagonistes piégés dans un rouage infernal.

A l’origine photographe issu du milieu du hip-hop pour lequel il a réalisé quelques clips (pour Zaho et Fonky family notamment), Florent Schmidt se lance dans le milieu cinématographique via Europa pour lequel il travaille dans la section publicitaire. Ce qui lui ouvre les portes du projet Zéro Deux, dont le principe est de mettre à l’honneur les talents de quelques cinéastes en devenir émanant de divers pays. L’occasion pour Florent de faire ses armes dans le domaine de la fiction avec Touché par la grâce. La maîtrise de l’image, du rythme et de l’émotion qui caractérisaient son précédent court, il les remet sur le travail pour Redrum qui connaît sa première projo officielle en programmation combinée avec le Angie d’Olivier Megaton, dont l’auteur se félicite de l’accueil reçu : "Je dirais qu’il a reçu son accueil, c’est un film qui ne laisse pas indifférent : on aime ou on n’aime pas. Certains sont entrés complètement dedans et d’autre moins, certains ont ri à des moments ou on n’est pas censé rire, d’autres étaient morts de trouille, mais en tout cas il y a eu des réactions, c’est ce qui compte, et ensuite ça parlait un peu partout…" Une première projo officielle en forme d’échauffement pour celle de Gerardmer en présence d’un public averti et converti au genre depuis longtemps. D’autant qu’à proprement parler, Redrum ne caresse le genre que par l’aspect viscéral de son intrigue davantage tournée vers le thriller que vers l’horreur. Ce qui n’empêche nullement le spectateur de prendre son pied devant cette saynète épileptique dont les seuls temps morts plongent dans un désarroi d’autant plus profond qu’ils évoquent l’automutilation à laquelle s’adonne l’héroïne du film pour exorciser ses angoisses.

Tantôt anxiogène, tantôt bouleversant, Redrum ne loupe jamais le coche et convainc relativement grâce à l’interprétation de la désormais reconnue Sara Forestier et à la maîtrise filmique de son auteur.

Ton précédent court, Touché par la grâce, faisait partie du projet Zéro Deux. Comment t’es-tu retrouvé dans cette aventure ? Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience singulière ?

Je me suis retrouvé dans cette aventure parce que, à l’époque, j’étais real chez Europa dans la section pub. Ma productrice Nelly Cohen, voulait me produire un court pour voir ce que je donnais en fiction. Trois ans plus tard, Europa a sorti Zero deux et j’étais dedans.

Tu as beaucoup œuvré dans le domaine des clips musicaux, spécialement dans le domaine du rap via les clips de Zaho, Don Choa ou Fonky family. Était-ce un choix de passionné ou plutôt une étape obligée ?

Je viens de la culture hip-hop depuis son début. A la base, je suis photographe, j’ai donc commencé à photographier mon environnement, graffitis et autres…Par la suite, j’ai fait des pochettes de disques, et mon premier clip en 1999, Svinkels. C’est là que ca a vraiment commencé, j’ai dû faire une vingtaine de clips, dont pas mal de rap. Le clip a été mon école de tournage, mais je suis content de m’en éloigner, parce que je n’y trouve plus mon intérêt. Les temps ont changé, les artistes ne se lâchent pas trop, ils veulent pour beaucoup une image « bling bling » et à force, ça me saoule, en plus les budgets sont trop serrés. Je préfère me consacrer à la fiction.

L’histoire de Redrum est fortement ancrée dans une réalité plus que potentielle, au point qu’il semble découler d’un fait divers macabre comme il en existe tant. D’où vous est venue cette idée ?

C’est en travaillant avec Noémie. Nous avions un ami en commun qui entrait la nuit chez les gens pour les voir dormir, …..

Quels ont été les différents stades d’écriture avec Noémie Delaparent ?

Noémie m’a proposé cette idée, j’ai rebondi. A la base c’était des mecs, j’ai proposé des filles, et puis à force de bosser, nous sommes arrivés à Redrum ! On voulait vraiment créer une descente aux enfers, une escalade, une situation qui ne s’arrête plus…

Quel était le budget de ce court et de quels moyens logistiques disposais-tu ?

22ke. Nous avons tourné en hd, un studio, des vrais moyens…une vraie équipe …

Sara Forestier multiplie les rôles dernièrement et on aura notamment la chance de la retrouver dans le Humains de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin et dans le futur Cibles d’Olivier Château. Dans Redrum, elle est proprement bouleversante, à la fois victime et bourreau. Comment l’as-tu découverte ?

J‘ai rencontré Sara à Cannes, en 2004 , et Stéphane mon producteur, venait de tourner un court, Angie avec elle…

L’intitulé renvoie forcément à Shining via les inscriptions laissées par le petit Dany. Pourquoi avoir opté pour ce titre particulier ?

Parce que je le trouve stylé !!! Et puis, il s’agit quand même d’un meurtre.

Le film a été présenté en avant-première avec Angie d’Olivier Megaton. Quel accueil a-t-il reçu ?

Je dirais qu’il a reçu son accueil, c’est un film qui ne laisse pas indifférent : on aime ou on n’aime pas. Certains sont entrés complètement dedans et d’autre moins, certains ont ri à des moments ou on n’est pas censé rire, d’autres étaient morts de trouille, mais en tout cas il y a eu des réactions, c’est ce qui compte, et ensuite ça parlait un peu partout…

Heureux d’être nominé pour le festival de Gerardmer 2009 ?

Oui je suis content d’être en compétition, même si je pense que mon film n’est pas dans la catégorie " fantastique" ...

D’autres projets pour la suite ?

Bien sûr mais tant que rien n’est signé, je ne parle plus…

(Interview réalisée par Damien)

Commentaires

pas fantastique mais très bon court vu à gerardmer. convaincant, rythmé. félicitations !

13 février 2009 | Par misterhell

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