Ose court

OSE COURT - Prends ta bible et tire-toi

16 octobre 2012 | Par : Samuel Tubez

Septembre 2012. Des infectés et des zombies déambulent dans les rues et parcs de Ham en région picarde. Un avant-goût des fameuses prédictions apocalyptiques prononcées par les mayas ? Une mauvaise blague des gamins du coin qui s’entraînent pour Halloween ? Non, le tournage du premier court métrage officiel d’Alexis Wawerka, intitulé Prends ta bible et tire-toi. Ce fou de la caméra a déjà signé quelques capsules délirantes visibles sur le net comme Hot Hell ou d’autres joyeusetés qu’il déballait régulièrement sur son blog perso, mais ce film-ci est son premier projet d’envergure, entièrement auto-produit, et sur lequel il a fait les choses un peu plus « sérieusement ». Le gars est évidemment un fou du fantastique, qui a grandit devant Le Retour des morts vivants, Hardware ou Le Loup-Garou de Londres, trois de ses films fétiches. Des films fous et à l’esprit punks qui résonnent dans son court, qui nous décrit une invasion d’infectés suite au crash d’une météorite à proximité d’un groupe de reclus, des sans-abri composés d’un prédicateur raté, de son étrange acolyte, d’une prostituée et trois autres gus qui ne feront pas long feu. Ce n’est là que le début des réjouissances, car la suite des évènements verra apparaître des cannibales enragés, des zombies fraîchement sortis de terre, une éminente protectrice de sépultures et, bien sûr, une bonne dose d’éviscérations et d’éclaboussures de sang. Le ton est clairement à la gaudriole, au z assumé et au système D dans toute sa splendeur. Entouré d’amis passionnés et de jeunes professionnels, le réalisateur a pu composer une équipe technique dynamique et tenace, de figurants dévoués et de comédiens appliqués. Citons Urfé Koupaki (Le baiser mortel du dragon, Aux yeux de tous), Flore Labrot (Nos désirs font désordre), Pascal Jarlat (L’exercice de l’état, Les Seigneurs), Joelle Hélary (Eject, Le dossier Toroto), Fabrice Colson (Les insomniaques, Dans la maison), Alexis Wawerka lui-même ou encore Eric Ducron, le superviseur des fx maquillages. Même votre serviteur à été prêter sa silhouette à cette grosse déconnade qui vaudra sûrement son pesant de cacahuètes.
Rencontre avec le réalisateur pour en savoir un peu plus sur ce fameux Prends ta bible et tire-toi, au sortir de son tournage éreintant.

Alors…heureux ?

Oh que oui ! Et ce, malgré la fatigue…je ne m’attendais pas à être aussi crevé. Et autant dire que j’en connais pas mal qui doivent l’être tout autant, si ce n’est plus ! J’ai nommé les membres de mes deux équipes techniques, car le tournage s’est déroulé en deux fois. Mais oui, en gros, je suis très heureux. C’est mon premier vrai court métrage où je ne faisais pas l’homme-orchestre à tous les postes en même temps. Ce tournage m’a permis de réellement comprendre les aléas des tournages, et autant dire que j’ai pas mal appris. Une chose est certaine, je ne suis pas prêt de me relancer dans une entreprise aussi grosse avec si peu d’argent. Je commence même à avoir envie de tâter à d’autres genres, et surtout des films avec moins de SFX. Mais bon, je ne peux pas dire qu’on ne m’avait pas prévenu. Mais je ne me rends jamais compte de rien tant que je n’ai pas mis les pieds dans le plat (rires). Et autant dire que là, ils y ont été.

Au départ ton court ne s’intitulait pas Prends ta bible et tire-toi, pourquoi avoir finalement opté pour ce titre ?

Au départ le film s’intitulait « Les oubliés » et se trouvait être un drame horrifique au sujet d’expérimentations médicales, de sans-abris et de cannibalisme. Mais les premières versions du script n’étant pas satisfaisante et mon don pour les traitements dramatiques loin d’être au point, j’ai finalement opté pour un ton beaucoup plus proche de moi. « Les oubliés » reste un titre que je garde pour un sujet sur les SDF, mais qui ne sera aucunement fantastique. Du coup, c’est ma compagne Sylvie qui a suggéré ce titre qui sied parfaitement à la situation et à l’esprit bis rital de mon film.

Pourquoi s’échiner à vouloir faire du film d’horreur en étant dépourvu de véritables moyens financiers ?

Car sinon personne ne s’échinera à ma place pour me permettre de produire un tel bouzin. Non seulement la France n’est pas friande de série B, ou alors il faut qu’elle soit anglo-saxonne, et mes idées parfois assez débiles et barrées feraient fuir les producteurs. J’ai donc avec l’aide de site de crowfunding comme http://fr.ulule.com/ réussi à engranger dans les 2000 euros et les 2500 restants sont mes propres économies d’éboueur, car je suis éboueur dans la vie, un job qui me permet d’avoir assez de temps pour me consacrer au cinéma et de gagner ma vie correctement. Je me suis donc retenu de claquer mon pognon dans divers DVD et autres goodies de geeks, et autant dire que ça m’a appris le sens du mot économie.

Quel a été ton meilleur moment et ta pire crainte durant ce tournage ?

Mon meilleur moment fut le tournage lui même, car m’apercevoir du fait qu’autant de gens m’aient suivis sur un tel projet m’a vraiment beaucoup touché. Mais je dois avouer que c’est le dévouement des gens de Ham et de ses environs qui m’a vraiment bouleversé car certains figurants sont restés durant tout le tournage et ont même parfois outrepassés leurs fonctions de figurant et ce, à bon escient (en aidant l’équipe technique par exemple). Ce que l’on dit sur les gens du nord est vrai, ils sont vraiment incroyablement généreux. Je ne supporte pas ce type de phrases toutes faites, mais dans ce cas-ci c’est incroyablement vrai.
Ma pire crainte fut lorsque je me suis rendu compte que c’était moi le réal ! (rires) Non, ce fut quand la pluie nous est tombée dessus et que je me suis rendu compte que nous serions grave en retard sur le planning. Mais j’avoue avoir eu beaucoup de chance, car j’avais une équipe efficace et extrêmement tout terrain qui s’est cassée en deux pour me permettre de terminer dans les temps et qui s’est dévouée pour revenir sur place trois jours de plus pour des reshoots de plans qui manquaient. Les conditions de tournage, étant donné qu’on tournait en forêt, en ville et le tout en extérieur, ont été fastidieuses car la lumière changeait sans cesse, ce qui va donner un côté grindhouse et loufoque à la chose. Ca risque d’être folklorique question raccords lumière. Et ce, malgré le formidable travail de ma scripte et de l’équipe technique. J’ai juste décidé de tirer profit de ces situations météorologiques gênantes et d’éventuellement les inclure dans le film qui est déjà pas mal truffé de références cartoonesques.

Le film comprend en son sein une grosse baston entre infectés bondissants et zombies claudicants. On a rarement vu ça, pourquoi as-tu voulu filmer une telle confrontation ?

Oui, enfin ! Ca, c’est supposé être le clou du film. Il ne faut pas trop en parler à la base, mais oui. Cela faisait partie de l’un des concepts que je voulais garder. Je suis un vieux con réactionnaire en ce qui concerne la nouvelle génération du fantastique, qui cela dit contient de véritables perles, et je parle autant de films que de réalisateurs. Mais la mode des infectés et autres zombies qui courent commençait à me courir sur le système. J’ai donc voulu remettre au gout du jour les bon vieux morts vivants, ces êtres gluants et pathétiques qui ont hanté mon enfance lorsque j’ai vu « Le Retour des morts vivants » ou le clip « Thriller » de John Landis. J’avais envie que la vieille garde foute la pâtée à la nouvelle génération.

Tu rentres en phase de post-production, quel sera l’avenir du film, quand et comment pourra-t-on le découvrir ?

J’espère qu’il sera assez bien pour que je puisse le présenter en festival, ou en DVD. Mais il ne faut pas perdre de vue que ce sera un court métrage à petit budget et qu’il aura un esprit B et Z bien assumé. Donc, est-ce que cela plaira ? Je n’en sais rien, mais c’est ainsi que je l’ai voulu.


Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage