Ose court

OSE COURT - Performance

15 juillet 2009 | Par : Damien Taymans

Ca flippe grave, dans le 11ème...

Après s’être fait la main dans la réal’ en tournant trois premiers courts et en tant qu’assistant sur les films d’autres, David Hourregue réalise Performance, une péloche d’horreur extrêmement efficace. Construite en trois tableaux renvoyant directement à l’univers théâtral (très présent dans le court, notamment via une séance de répétitions), l’oeuvre décrit un véritable cauchemar éveillé, vécu par les principaux protagonistes d’un film en préparation qui semble bel et bien maudit.

Capable de réaliser de vraies performances sur les plateaux (il peut bouffer un coeur pour préparer un rôle de cannibale), l’acteur Jacques Roman est désormais mis sur la touche du monde du septième art. Confiant dans les capacités du sieur à transcender la pellicule, un producteur vient lui proposer de le relancer, tout en espérant que Roman constituera pour son oeuvre une valeur ajoutée. Un rôle à la mesure de sa réputation puisqu’il s’agit de camper l’un des plus sanguinaires tueurs en série dont le monde ait engendré. Fidèle à ses principes, Roman entame sa mise en condition et répète avec une jeune actrice afin de prouver son incroyable capacité à se glisser dans la peau d’un personnage...

Le triptyque se referme doucement à mesure que chacune des séquences s’égraine, avec une minutie d’horloger. Le temps file, que défilent sous nos yeux un producteur vorace, un acteur incarné et une création divine au regard intense. La mort se fait sentir, le danger est imminent. Le choc point lors d’un final extrêmement jubilatoire qui montre une Julie DeLaurenti (sublime pépite, de surcroît) littéralement habitée par son personnage. La performance annoncée dans le titre lui revient incontestablement tant l’actrice, qui a subi une étonnante métamorphose, parvient à provoquer l’effroi, aidée en cela par une ingénieuse mise en scène et des effets sanglants crédibles, une nouvelle fois créés par le prophète des sfx hexagonaux, David Scherer. En clair, Performance est un vrai morceau d’horreur qui s’échine à installer lentement mais sûrement un véritable climax dont le point d’orgue se situe dans le dernier tiers, extrêmement troublant et définitivement réjouissant.

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Tu as d’abord opéré sur des courts et longs en tant qu’assistant-réalisateur puis en tant que producteur de courts métrages. Qu’est-ce qui t’a poussé à passer à la mise en scène ?

En fait, j’ai d’abord commencé par la mise en scène en tournant trois premiers films « LA FIN DU CONTE », « EVANESCENCE » et « L’ULTIME GRÂCE ». Mais vu la difficulté à trouver du travail en tant que réalisateur au vu du peu de places disponibles sur le marché, je ne pouvais pas me permettre de rester trop longtemps loin des plateaux. Travailler à la production ou comme assistant réalisateur reste le meilleur moyen d’engranger de l’expérience à une place décisive. On comprend d’autant mieux le lien étroit entre le pratique et l’artistique et du coup on l’appréhende davantage une fois de retour sur le plateau en tant que chef d’orchestre.

Performance appartient à la trilogie Hameka. Peux-tu nous expliquer en quoi elle consiste ?

Le concept est simple. Chaque histoire se passe dans le 11eme arrondissement (HAMEKA veut dire 11 en basque), chaque film tire vers le cinéma dit de genre et comporte au moins un mort. 80 techniciens, acteurs et partenaires nous ont accompagnés dans cette première trilogie tournée durant l’été 2008. L’expérience fut si exceptionnelle et les dernières projections si positives qu’une prochaine trilogie est actuellement en préparation (le 4eme, LE CRI DU PAPILLON de Sébastien GONZALEZ a notamment déjà été tourné via ASM PRODUCTIONS).

Le court contient quelques effets sanglants extrêmement bien foutus. Qui s’en est occupé ?

Il maestro David Scherer, himself. Un de mes grands coups de cœur de l’aventure HAMEKA. Au-delà de son talent, ce gars insuffle une énergie communicative à la hauteur de sa passion. On s’est tapé de sacrés fous rires sur le tournage de PERFORMANCE, dont notamment un où David, la tête entre les jambes d’une des actrices devait dans cette position peu orthodoxe asperger son assaillante via une seringue remplie de faux sang qui lui retombait systématiquement sur le visage. De l’art de donner de soi pour le 7ème art.

De quels moyens financiers et logistiques disposais-tu pour ce court ?

Le film fut tourné sur deux journées et demie, via une HVX 200 + un kit pro 35mm généreusement offert par notre partenaire BERRYWOOD FILM. Julie DELAURENTI, l’actrice principale et moi-même l’avons produit à 80 % et l’association TERRA BIANCA a financé le reste.

Julie DeLaurenti, après s’être montrée excessivement sensuelle, subit une vraie métamorphose et suscite finalement l’effroi. Une véritable performance en somme. Comment s’est-elle préparée à ce rôle ?

De façon pour le moins extrême. Chaque personne présente sur le plateau le jour du tournage de la troisième séquence vous le dira, l’attitude de Julie, en larmes hors plateau toute la journée était assez perturbante. Du coup, le plan du générique final ayant été le dernier mis en boite, ce fabuleux cri qu’elle nous lâche fut ressenti par toute l’équipe comme une sacré libération. Une fabuleuse comédienne investie à 100 % et pro jusqu’au bout des ongles.

Comment Philippe Perrusel s’est-il conditionné pour son interprétation ? A la manière de Jacques Roman ?

Ce serait amusant mais je crois plutôt que Philippe a préparé son rôle avec toute la classe et le talent qui le caractérise, avec minutie et application. Il fait parti de ces comédiens qui comprennent instantanément ce que vous leur demandez et se tient toujours prêt à vous proposer différentes nuances. Un régal même si j’aurai aimé aller encore plus loin avec lui et son personnage.

Le court est construit en trois séquences avec à chaque fois un personnage qui glisse de l’une à l’autre pour accéder finalement à un dénouement vraiment jubilatoire. Est-ce une référence à la construction théâtrale qui suit un cheminement identique ?

Absolument. Même si je considère le générique comme une quatrième séquence qui fait partie intégrante du film.

Un passage de L’âme sanglante est répété à l’intérieur du court, sorte de mise en abyme et de mise en bouche annonçant un carnage imminent. Durant cette séquence, Jacques Roman et Marion déclament avec véhémence les dialogues d’une scène avant que la scène ne se ponctue sur un renversement de situation. Pourquoi ce choix ?

Parce que la seule manière de renverser Jacques Roman devait se faire par et pour le théâtre. Lorsque la comédienne l’embrasse, il se rend compte qu’elle n’est en rien apeurée et qu’il a donc échoué dans son incarnation de la terreur. S’il se retrouve incapable de recréer l’illusion parfaite, à quoi bon continuer de se battre sur les planches ?

En parallèle de la mise en scène et de la production, tu entretiens un blog sur le cinéma appelé Temple of geeks, preuve de la passion nourrie pour le cinéma. Quels sont tes modèles en matière de réalisateurs ?

Chaque réalisateur ayant tourné une séquence m’ayant fait vibrer est pour moi un modèle. Et là la liste serait trop longue.

Dans ton curriculum est mentionnée ta ceinture noire 3ème Dan de karaté. Une manière de prévenir ceux qui auraient le malheur de proférer des insanités à l’égard de ton film (que je trouve très bon !) ?

Plutôt une façon de faire régner l’ordre sur le plateau en tant qu’assistant réalisateur.

Envie de continuer dans la réal’ de courts ou plutôt de passer au format long ?

Envie de raconter les meilleurs histoires possibles du mieux possible, peu importe la durée.

(Interview réalisée par Damien)

Commentaires

Bonjour ! Parlons nous par mail en direct ? davidhourregue@gmail.com

24 septembre 2010 | Par HOURREGUE David

que deviens-tu David,plus de nouvelles de toi depuis longtemps,sans savoir
pourquoi.Si tu lis ce message et que tu souhaites répondre,n’hésite pas

Ton grand-père

22 septembre 2010 | Par Georges Hourregue

Hameka rules !

16 juillet 2009 | Par cyrod

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